...percevant les instincts, les désirs naturels, la haine, la rancœur, l'orgueil comme des freins à la réflexion et à la liberté d'agir selon des valeurs tendant vers le bien. Si bien qu'il s'impose le poids d'un carcan de lois à ne pas transgresser. C'est un labeur continuel. Chaque pas s'écartant de cette exigence doit être réparé et évité à tout prix. Mais les instincts planent sur lui comme des rapaces prêts à bondir devant la moindre faiblesse et sur la moindre faille dans l'espoir de s'y engouffrer et d'amener cet esprit torturé à bafouer ses princpes. S'ils y parviennent le remor et la honte le submergent. Pas une honte aux yeux de son entourage, ils auraient certainement dit que cette faille est humaine, compréhensible, non, une honte aux yeux de lui même. Une honte effroyable, il s'en veut tellement, il est si faible d'avoir craqué, sa compréhension du monde lui impose le devoir d'agir pour le bien et non pour l'ombre d'un désir ou l'ombre d'une haine qui l'en éloignerait. Mais il reste humain, il ne peut y remédier, son cœur est une bète enragée qui ne supporte cette prison. Il a besoin de s'émanciper et vivre les influences irrationnelles qui l'appellent sans cesse. Elles servent même parfois de défenses. Son cœur voudrait haïr cette personne qui lui a fait tant de mal pour rejeter la responsabilité sur elle, pour se libérer d'un poids, juste un seul car tout devient si lourd mais ses principes imposent le recule, ses principes rejettent la haine et lui demandent par la même occasion de porter la souffrance là où elle est la plus meurtrière. Cette puissante douleur lui ronge la chaire, l'empale de lames acérées et fait couler son sang de mille flots. Un jour viendra où son cœur ne résistera plus.