Citation de FanfanLaGaloche
J'apprécie en tout cas ton phrasé riche et élégant, c'est rafraîchissant.
Mais j'avoue humblement ne pas avoir tout à fait cerné ta réponse, mais je l'ai lu, mais je me permet de te poser une deuxième question (si du moins tu acceptes de t'y attarder) :
Cela fait des lustres que l'homme est prisonnier de sa naissance à son décès des institutions glauques : il nait dans un hôpital, si tôt qu'il sait marcher on le balance à l'école, si tôt qu'il est majeur il se doit d'aller à l'université, puis ensuite pendant toutes les années où il est jeune et beau (du moins jeune, en forme, la peau tendue) trimer, et une fois qu'il devient une vieille figue trapue à la voix chevrotante il peut prendre sa retraite et être "libre", à moins qu'il doive aller en maison de retraite.
Et même une fois crevé : on ne le laisse pas tranquille, il est enterré avec les autres dans une ultime institution qu'est le cimetière. Donc ma question : quel est ton point de vue sur ce destin glauque que la civilisation a imposé à tout ceux qui naissent sur cette planète ?
Merci mon Fanfan. Et merci d'avoir pris le temps de lire.


Naturellement pas de soucis pour te répondre :
Je crois deviner que tu as du ressenti vis-à-vis de notre approche en tant que civilisation ; mais j'ai plus l'impression que c'est ce que on attends de toi, plus que ce dont tu es capable, que tu critiques. A mes yeux, tu sembles te poser dans une position qui dit "la société attends de moi que je fasse ça car c'est plus facile à gérer pour elle" ; en cela tu n'as pas tout à fait tort.
La question que je te pose, de manière personnelle et de manière impersonnelle, c'est plutôt "que veux tu faire de tes dix doigts ?" ; si tu penses que tu peux proposer plus, que la société est un poison qui conditionne les conditions de succès et de réussite alors qu'il y a tellement plus qu'un simple rouage en jeu ; ma remarque sera plutôt : si tu estimes que le tort est dans la Société, alors pourquoi rester dans cet entre-deux désagréable, cette amertume improductive où tu restes le contemplateur morbide d'un dépérissement agonique global?


Ne me demande pas ce que j'en pense, car je crois que ton opinion sur la question est faite ; je ne te reproche pas ton analyse, je ne dis pas que tu es dans l'erreur : Si tu es le "fou dans la ville", le seul qui voit le monstre approchant par delà le voile, alors tu sais déjà quoi faire de tes dix doigts.


Reste fidèle à tes valeurs, reste fidèle à tes proches, reste fidèle à ta vision du monde ; propose-la à autrui, comme bon te sieds, et quelque soit la résultante : Tu auras eu raison, tout en étant heureux d'avoir mené ta vie comme tu pensais qu'elle n'eut été meilleurement menée.

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