s'inquiète.
https://t.me/DissidencePeople
Alexis Issaurat est-il un affabulateur, un provocateur ou est-il réellement dangereux ? Toujours est-il qu’il assume ses opinions, aussi clivantes soient-elles. Le trentenaire qui est apparu vendredi 16 mai sur le grand écran du tribunal correctionnel de Meaux entendait s’expliquer. Sans faux-fuyant.
S’il a contesté avoir proféré des menaces de mort à l’encontre d’un notaire de Seine-et-Marne, il a argumenté à sa façon : « Tabasser des gens, j’ai fait ça toute ma vie. Quand je veux faire quelque chose, je ne l’annonce pas, je le fais. » Le prévenu, actuellement incarcéré au centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin, a refusé d’être extrait de prison. Raison pour laquelle il s’expliquait en visioconférence.
Un différend à propos de la succession de sa mère
« Est-ce que vous allez tuer le notaire en sortant ? » lui a demandé la substitute du procureur Marlène Leroy. Non, si l’on comprend bien la réponse alambiquée d’Alexis Issaurat : « J’ai tué plein de gens, je m’en fous. Je veux mon argent. »
Le trentenaire ne l’a pas caché : il a un contentieux avec le notaire qui – selon son analyse – gérerait mal la succession de sa mère. C’est dans ce contexte qu’il aurait proféré d’étranges propos devant des assistantes sociales et devant un conseiller d’insertion et de probation, au sein même de la prison de Meaux-Chauconin, entre le 14 mars et le 10 avril.
Que voulait donc dire « il vaut mieux que le notaire se bouge, il en va de sa vie » ? D’après les explications cafouilleuses d’Alexis Issaurat, il ne s’agissait pas réellement de menaces : « Je me suis autodénoncé. C’était de la prévention (sic) ». Si l’infraction reprochée n’a pas mobilisé l’énergie des juges, la personnalité du prévenu a retenu toute leur attention.
Un salut nazi en plein tribunal
Alexis Issaurat a en effet pris l’habitude, devant les juridictions où il comparaît, de se présenter comme un ancien « mercenaire » ayant combattu au sein du « bataillon Azov » (unité paramilitaire de l’armée ukrainienne, connue pour avoir recruté des militants d’extrême droite). Tout en précisant qu’il a également participé à la « sécurité de Jean-Marie Le Pen ».
Son casier judiciaire – fait de condamnations pour violences et détention d’armes – illustre son parcours. Sans compter que le 28 avril, il a été condamné à neuf mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir tendu le bras – geste interprété par la justice comme un salut nazi – à l’issue d’un délibéré. C’était le 19 février et il annonçait ainsi faire appel de sa condamnation pour injures racistes, apologie de crime contre l’humanité et provocation à commettre un génocide.
À lire aussi
Paris : un Italien fait un salut nazi et lance « Heil Hitler » à ses voisines juives dans un restaurant
L’an dernier, Alexis Issaurat avait été extradé vers la France par la Bosnie-Herzégovine – où il vit depuis 2017 –, à bord d’un jet privé affrété par le ministère de la Justice. Il était alors sous le coup d’un mandat d’arrêt international. « Tapez mon nom sur Internet. Je suis célèbre », a lancé le trentenaire aux juges meldois. Son projet, une fois qu’il sera sorti de détention, est clair : « Je ne resterai pas une heure dans ce pays car la France n’est pas faite pour moi. »
Sa vie personnelle ? « Confidentiel ». Ses ressources financières ? « Confidentiel ». Alors que son avocate Me Valérie Viera démarrait sa plaidoirie en évoquant son goût pour la « provocation », Alexis Issaurat – visiblement pas d’accord – a tenté de lui couper la parole. Il a aussitôt été recadré par la présidente d’audience. Ces dernières semaines, le trentenaire avait envoyé des demandes de mise en liberté absolument tous les jours.
Les juges l’ont condamné à six mois de prison ferme, avec mandat de dépôt, comme l’avait requis le parquet. Ils ont également prononcé une interdiction de contact avec la victime, pendant une durée de trois ans.
Extrême droite : le suprémaciste Alexis Issaurat jugé ce mercredi pour avoir menacé le procureur de Nice
Le suprémaciste Alexis Issaurat comparaît, ce mercredi 15 octobre, pour menaces de mort envers le procureur de Nice. Faisant l’objet d’un mandat diffusé par Interpol, il avait été extradé de Bosnie en jet privé, en début d’année 2024.
Société
3min
Publié le 15 octobre 2025
Clémentine Eveno
Le militant néonazi Alexis Issaurat est jugé pour avoir menacé de mort le procureur de Nice.
© Capture d'écran Youtube
Le suprémaciste Alexis Issaurat comparaît, ce mercredi 15 octobre à 13 h 30, devant la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris pour menaces de mort envers le procureur de Nice Xavier Bonhomme, aujourd’hui en poste à la cour d’appel de Nîmes.
Très actif sur les réseaux sociaux, le néonazi avait menacé le magistrat, rappelle la chaîne France 3 Provence-Alpes. « Je suis très sérieux, en pleine conscience, je lance un appel. (…) Il faut le punir. Celui qui lui tranche la tête, je lui donne un tiers de mon héritage », avait lancé, le militant d’extrême droite dans une vidéo publiée le 23 juin 2023.
Un salut nazi à l’annonce d’une précédente condamnation
L’homme est bien connu de la justice. Le 19 février 2025, il était jugé pour injures racistes, apologie de crime contre l’Humanité, provocation à commettre un génocide après une série de messages vocaux diffusés sur l’application Telegram, dont il contestait être l’auteur.
Issaurat était ainsi sur le banc des accusés pour avoir dit qu’Hitler avait raison, qu’on devrait « envoyer les juifs Séfarade au four et puis voilà », selon la chaîne France Inter. Après avoir entendu sa condamnation, cet ancien skinhead d’extrême droite a quitté le box en adressant un salut nazi, une provocation consignée dans les notes d’audience.
Pour justifier son geste, il avait indiqué, en garde à vue, avoir agi « tel un gladiateur » et soutenu que son geste était un salut romain ou une référence au geste polémique d’Elon Musk un mois plus tôt, décrit par des élus démocrates et des historiens comme un salut nazi. Ce geste lui a valu une peine de neuf mois de prison pour apologie de crime contre l’humanité.
L’homme affirme avoir combattu dans les rangs du régiment Azov
De plus, faisant l’objet d’un mandat diffusé par Interpol, il avait été extradé en jet privé le 29 janvier 2024, selon le quotidien Le Monde. Il y était installé en Bosnie depuis 2017.
D’ailleurs, le procureur de Nice Xavier Bonhomme – visé par les menaces du suprémaciste – avait lancé plusieurs poursuites judiciaires à son encontre, « notamment une instruction ayant donné lieu à l’émission d’un mandat d’arrêt à son encontre pour participation à une organisation criminelle, détention d’arme, incitation à la haine », selon le parquet de Paris.
Sur le même thème
L’UNI : malgré les dérives néonazies du pseudo-syndicat étudiant, le soutien indéfectible de Bruno Retailleau
En effet, la justice reprochait notamment à Alexis Issaurat d’avoir divulgué l’adresse supposée d’un animateur du site Balance ton antisémite avant d’appeler sa « communauté » à « le tuer, lui, et son fils », toujours d’après le parquet. Il avait aussi annoncé, indique la même source, son intention de commettre « un meurtre de masse sur le territoire français courant 2019-2020 ».
L’homme se présentait comme « un ancien membre d’un « groupe d’élite » clandestin au sein du Département protection sécurité, le service d’ordre de l’ex-Front national », rappelait le quotidien Le Monde. L’article indiquait également que l’homme avait assuré avoir combattu dans les rangs du régiment Azov, une unité paramilitaire de l’armée ukrainienne connue pour avoir attiré de nombreux néonazis.
Face à l’extrême droite, ne rien lâcher !
C’est pied à pied, argument contre argument qu’il faut combattre l’extrême droite. Et c’est ce que nous faisons chaque jour dans l’Humanité.
Tribunal de Paris : « Je veux sa mort, je veux jouer au foot avec sa tête »
Publié le 16/10/2025 à 15h01
slide 1 of 1
Julien Mucchielli avatar
Julien Mucchielli
Journaliste
La 17ᵉ chambre correctionnelle jugeait Alexis Issaurat, Suprémaciste blanc multicondamné, pour des faits de provocation à la haine contre les musulmans d’une part, de menace, outrage et incitation à commettre des violences, d’autre part, contre l’ancien procureur de la République de Nice Xavier Bonhomme. Douze et dix-huit mois de prison ont été requis respectivement dans les deux dossiers. La décision a été mise en délibéré au 17 décembre.
Tribunal de Paris : « Je veux sa mort, je veux jouer au foot avec sa tête »
Tribunal de Paris (Photo : ©P. Cabaret)
Alexis Issaurat est un « suprémaciste racial et identitaire », ainsi qu’il se caractérise face au psychologue qui l’examine, élevé par des parents engagés au Front National. Il est devenu skinhead en 1998, c’est-à-dire à l’âge de 11 ans, s’est engagé au Front National, avant de rejoindre l’association raciste 3ᵉ voie, dissoute en 2013 après la mort criminelle du jeune militant antifa Clément Méric. Il évolue aujourd’hui au sein d’une nébuleuse de groupuscules que l’on peut qualifier pudiquement d’extrême-droite, entre YouTube et Telegram, la Bosnie, la Croatie, la République tchèque et la Slovaquie, il crache sa haine et exhibe ses armes, appelant à se défendre contre l’invasion des étrangers.
Ce mercredi 15 octobre, il est jugé dans deux procédures distinctes. Il est d’abord poursuivi pour provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine, l’ethnie, la religion d’un groupe de personnes, en l’espèce pour avoir appelé à brûler des corans et à se défendre contre les musulmans. Dans ces vidéos mises en ligne sur Youtube, il produit un discours dans lequel, sur un ton ironique et avec un petit sourire en coin, il dit qu’il ne va pas « revenir faire une expédition punitive qui feront passer Breivik et Tarrant pour des petites tapettes », laissant supposer bien au contraire que c’est son intention de commettre une tuerie.
« Appeler à brûler des corans, je trouve ça très bien »
S’il assume « appeler à brûler des corans, oui, je trouve ça très bien. J’ai tout à fait raison de le faire, au nom du droit au blasphème », il réfute en revanche le reste des propos, assurant être victime d’un complot de ses anciens camarades de l’extrême-droite, qui lui nuisent pour d’obscures jalousies, le marché de la haine raciste étant très concurrentiel.
La présidente demande : « Comment vous expliquez que les policiers vous reconnaissent ?
— On prend une vidéo de vous et on change votre discours. »
Alexis Issaurat est un homme de petite taille au crâne rasé et à la longue barbichette qui lui donnent l’air d’émerger d’un chaudron. Il a l’œil pétulant de celui qui a envie de beaucoup parler et se retient, car depuis son extradition depuis la Bosnie, il dort en prison. Condamné en avril dans un autre dossier, il a encore plusieurs procédures sur le dos.
Utilisant des termes racistes à l’audience, il se fait recadrer :
« Monsieur Issaurat, devant le tribunal vous n’utilisez pas le terme de bougnoule.
— Ben comment vous voulez que je les appelle ?
— Pas comme ça.
— Ben je dirais les bicots », dit-il d’un petit ton suffisant.
Alexis Issaurat croit briller, comme il le fait habituellement pour quelques centaines de racistes férus de sa faconde poisseuse, mais devant les juges de la 17e chambre, ses envolées racistes font un bide. Il croit provoquer, mais il consterne. Son phrasé faussement distingué et ses envolées lyriques ajoutent au ridicule.
« Comment voulez-vous que je les appelle ? » cite la procureure. « Cette question résume les ressorts de la haine d’Alexis Issaurat. Désigner avec une haine puissante un ennemi commun au nom d’une grande cause. Il y a un besoin viscéral de Monsieur de voir les autres groupes comme des êtres inférieurs. Il n’y a pas de référence à l’histoire, pas de fond. Sans haine, il n’est plus ».
Elle demande un an d’emprisonnement, sans aménagement de peine.
La deuxième procédure l’oppose à l’ancien procureur de la République de Nice, Xavier Bonhomme, qui a porté plainte pour des menaces, outrages et incitation à la haine. D’abord par le biais d’une vidéo YouTube, puis via des propos tenus sur un canal Telegram, postés au cours du mois de juin 2023.
Pourquoi ? Xavier Bonhomme avait lancé contre lui un 5e mandat d’arrêt – qui conduira à son extradition. Comment l’intéressé l’aurait-il appris, du fin fond de la Croatie où il se terrait ? En lisant un article de Marianne en faisant état. Il réfute tout.
« Je peux tuer qui je veux, où je veux, quand je veux. »
Dans la vidéo YouTube, il fait une fausse déclaration de mariage au procureur de Nice, tenant au passage de nombreux propos homophobes et insultants. Sur le canal Telegram, il est écrit : « J’ai contacté mes amis d’Azov pour le proc’, il va morfler, je veux sa mort, je veux jouer au foot avec sa tête », faisant référence au bataillon Azov d’Ukraine, en partie constitué de néonazis, pour lequel, assure-t-il, il a été recruteur et combattant. Il dit aussi : « On va lui faire comme au juge Michel… celui qui lui tranche la tête, je lui donne un tiers de mon héritage. » Le juge Michel a été assassiné en 1981 à Marseille. Enfin, il écrit : « Je viens de trouver l’insta de ce pédé de procureur qui a osé lancé un mandat d’arrêt contre moi, harcelez-le. »
La présidente questionne :
« Est-ce que c’est bien vous qui êtes le gestionnaire de ce canal ?
— Bien évidemment que non. Si j’avais voulu que ce procureur meurt, il serait tout simplement mort. Ce n’est pas moi. Je peux tuer qui je veux, où je veux, quand je veux. »
Non seulement la vidéo YouTube est également un montage de ses facétieux camarades qui, décidément, veulent sa perte, mais le canal Telegram « Alexis Issaurato Off » n’est pas le sien, la preuve, il ne s’appelle pas « Issaurato », et toc.
L’avocat se lève et le regarde droit dans les yeux : « Je suis François Saint-Pierre, et je suis l’avocat de Xavier Bonhomme. » Il dit au prévenu ricanant que son client n’a pas été intimidé par ces menaces, qui n’ont pas entravé l’exercice de ses fonctions, mais qu’il est légitime à demander la protection de la loi, « car des personnes suggestibles, elles, peuvent passer à l’acte », plaide-t-il. Il ne demande pas de dommages et intérêts, pour ne plus rien avoir affaire avec Alexis Issaurat.
« Il y a cette idée de mettre une cible dans le dos »
La procureure prend la parole à son tour : « On franchit un cran en visant un magistrat dans l’exercice de ses fonctions. Il y a cette idée de mettre une cible dans le dos de quelqu’un. On est dans la menace ad hominem avec une indifférence totale des conséquences pour la personne », et c’est pourquoi, au vu de la « dangerosité idéologique du prévenu », elle demande 18 mois de prison avec mandat de dépôt – car on a quitté le droit de la presse pour le droit commun.
Soulignant que son client est « dans une recherche permanente d’outrance et de provocation », le défenseur d’Alexis Issaurat demande néanmoins la relaxe, les menaces n’étant pas réellement publiques, l’outrage n’étant pas adressé à son destinataire et la provocation n’étant pas suffisamment caractérisée, plaide-t-il.
Bien obligées de lui donner le dernier mot, les juges l’écoutent déblatérer : « Je vous demande de me condamner au maximum, et je continuerai de mener mon combat, parce que vous n’avez pas les moyens de m’imposer quoi que ce soit » avec sa voix la plus solennelle. Il ajoute : « Toute cette histoire n’est qu’une vulgaire pantalonnade », et enfin, juste avant de quitter le box, il tend le bras droit et crie : « White power, à bas la République !
— Madame, le greffier, veuillez noter s’il vous plaît, demande la procureure sans perdre son calme.
— C’est un salut romain, pas un salut nazi, c’est autorisé par la loi ! »
Réponse à la prochaine audience.
https://t.me/DissidencePeople
Alexis Issaurat est-il un affabulateur, un provocateur ou est-il réellement dangereux ? Toujours est-il qu’il assume ses opinions, aussi clivantes soient-elles. Le trentenaire qui est apparu vendredi 16 mai sur le grand écran du tribunal correctionnel de Meaux entendait s’expliquer. Sans faux-fuyant.
S’il a contesté avoir proféré des menaces de mort à l’encontre d’un notaire de Seine-et-Marne, il a argumenté à sa façon : « Tabasser des gens, j’ai fait ça toute ma vie. Quand je veux faire quelque chose, je ne l’annonce pas, je le fais. » Le prévenu, actuellement incarcéré au centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin, a refusé d’être extrait de prison. Raison pour laquelle il s’expliquait en visioconférence.
Un différend à propos de la succession de sa mère
« Est-ce que vous allez tuer le notaire en sortant ? » lui a demandé la substitute du procureur Marlène Leroy. Non, si l’on comprend bien la réponse alambiquée d’Alexis Issaurat : « J’ai tué plein de gens, je m’en fous. Je veux mon argent. »
Le trentenaire ne l’a pas caché : il a un contentieux avec le notaire qui – selon son analyse – gérerait mal la succession de sa mère. C’est dans ce contexte qu’il aurait proféré d’étranges propos devant des assistantes sociales et devant un conseiller d’insertion et de probation, au sein même de la prison de Meaux-Chauconin, entre le 14 mars et le 10 avril.
Que voulait donc dire « il vaut mieux que le notaire se bouge, il en va de sa vie » ? D’après les explications cafouilleuses d’Alexis Issaurat, il ne s’agissait pas réellement de menaces : « Je me suis autodénoncé. C’était de la prévention (sic) ». Si l’infraction reprochée n’a pas mobilisé l’énergie des juges, la personnalité du prévenu a retenu toute leur attention.
Un salut nazi en plein tribunal
Alexis Issaurat a en effet pris l’habitude, devant les juridictions où il comparaît, de se présenter comme un ancien « mercenaire » ayant combattu au sein du « bataillon Azov » (unité paramilitaire de l’armée ukrainienne, connue pour avoir recruté des militants d’extrême droite). Tout en précisant qu’il a également participé à la « sécurité de Jean-Marie Le Pen ».
Son casier judiciaire – fait de condamnations pour violences et détention d’armes – illustre son parcours. Sans compter que le 28 avril, il a été condamné à neuf mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir tendu le bras – geste interprété par la justice comme un salut nazi – à l’issue d’un délibéré. C’était le 19 février et il annonçait ainsi faire appel de sa condamnation pour injures racistes, apologie de crime contre l’humanité et provocation à commettre un génocide.
À lire aussi
Paris : un Italien fait un salut nazi et lance « Heil Hitler » à ses voisines juives dans un restaurant
L’an dernier, Alexis Issaurat avait été extradé vers la France par la Bosnie-Herzégovine – où il vit depuis 2017 –, à bord d’un jet privé affrété par le ministère de la Justice. Il était alors sous le coup d’un mandat d’arrêt international. « Tapez mon nom sur Internet. Je suis célèbre », a lancé le trentenaire aux juges meldois. Son projet, une fois qu’il sera sorti de détention, est clair : « Je ne resterai pas une heure dans ce pays car la France n’est pas faite pour moi. »
Sa vie personnelle ? « Confidentiel ». Ses ressources financières ? « Confidentiel ». Alors que son avocate Me Valérie Viera démarrait sa plaidoirie en évoquant son goût pour la « provocation », Alexis Issaurat – visiblement pas d’accord – a tenté de lui couper la parole. Il a aussitôt été recadré par la présidente d’audience. Ces dernières semaines, le trentenaire avait envoyé des demandes de mise en liberté absolument tous les jours.
Les juges l’ont condamné à six mois de prison ferme, avec mandat de dépôt, comme l’avait requis le parquet. Ils ont également prononcé une interdiction de contact avec la victime, pendant une durée de trois ans.
Extrême droite : le suprémaciste Alexis Issaurat jugé ce mercredi pour avoir menacé le procureur de Nice
Le suprémaciste Alexis Issaurat comparaît, ce mercredi 15 octobre, pour menaces de mort envers le procureur de Nice. Faisant l’objet d’un mandat diffusé par Interpol, il avait été extradé de Bosnie en jet privé, en début d’année 2024.
Société
3min
Publié le 15 octobre 2025
Clémentine Eveno
Le militant néonazi Alexis Issaurat est jugé pour avoir menacé de mort le procureur de Nice.
© Capture d'écran Youtube
Le suprémaciste Alexis Issaurat comparaît, ce mercredi 15 octobre à 13 h 30, devant la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris pour menaces de mort envers le procureur de Nice Xavier Bonhomme, aujourd’hui en poste à la cour d’appel de Nîmes.
Très actif sur les réseaux sociaux, le néonazi avait menacé le magistrat, rappelle la chaîne France 3 Provence-Alpes. « Je suis très sérieux, en pleine conscience, je lance un appel. (…) Il faut le punir. Celui qui lui tranche la tête, je lui donne un tiers de mon héritage », avait lancé, le militant d’extrême droite dans une vidéo publiée le 23 juin 2023.
Un salut nazi à l’annonce d’une précédente condamnation
L’homme est bien connu de la justice. Le 19 février 2025, il était jugé pour injures racistes, apologie de crime contre l’Humanité, provocation à commettre un génocide après une série de messages vocaux diffusés sur l’application Telegram, dont il contestait être l’auteur.
Issaurat était ainsi sur le banc des accusés pour avoir dit qu’Hitler avait raison, qu’on devrait « envoyer les juifs Séfarade au four et puis voilà », selon la chaîne France Inter. Après avoir entendu sa condamnation, cet ancien skinhead d’extrême droite a quitté le box en adressant un salut nazi, une provocation consignée dans les notes d’audience.
Pour justifier son geste, il avait indiqué, en garde à vue, avoir agi « tel un gladiateur » et soutenu que son geste était un salut romain ou une référence au geste polémique d’Elon Musk un mois plus tôt, décrit par des élus démocrates et des historiens comme un salut nazi. Ce geste lui a valu une peine de neuf mois de prison pour apologie de crime contre l’humanité.
L’homme affirme avoir combattu dans les rangs du régiment Azov
De plus, faisant l’objet d’un mandat diffusé par Interpol, il avait été extradé en jet privé le 29 janvier 2024, selon le quotidien Le Monde. Il y était installé en Bosnie depuis 2017.
D’ailleurs, le procureur de Nice Xavier Bonhomme – visé par les menaces du suprémaciste – avait lancé plusieurs poursuites judiciaires à son encontre, « notamment une instruction ayant donné lieu à l’émission d’un mandat d’arrêt à son encontre pour participation à une organisation criminelle, détention d’arme, incitation à la haine », selon le parquet de Paris.
Sur le même thème
L’UNI : malgré les dérives néonazies du pseudo-syndicat étudiant, le soutien indéfectible de Bruno Retailleau
En effet, la justice reprochait notamment à Alexis Issaurat d’avoir divulgué l’adresse supposée d’un animateur du site Balance ton antisémite avant d’appeler sa « communauté » à « le tuer, lui, et son fils », toujours d’après le parquet. Il avait aussi annoncé, indique la même source, son intention de commettre « un meurtre de masse sur le territoire français courant 2019-2020 ».
L’homme se présentait comme « un ancien membre d’un « groupe d’élite » clandestin au sein du Département protection sécurité, le service d’ordre de l’ex-Front national », rappelait le quotidien Le Monde. L’article indiquait également que l’homme avait assuré avoir combattu dans les rangs du régiment Azov, une unité paramilitaire de l’armée ukrainienne connue pour avoir attiré de nombreux néonazis.
Face à l’extrême droite, ne rien lâcher !
C’est pied à pied, argument contre argument qu’il faut combattre l’extrême droite. Et c’est ce que nous faisons chaque jour dans l’Humanité.
Tribunal de Paris : « Je veux sa mort, je veux jouer au foot avec sa tête »
Publié le 16/10/2025 à 15h01
slide 1 of 1
Julien Mucchielli avatar
Julien Mucchielli
Journaliste
La 17ᵉ chambre correctionnelle jugeait Alexis Issaurat, Suprémaciste blanc multicondamné, pour des faits de provocation à la haine contre les musulmans d’une part, de menace, outrage et incitation à commettre des violences, d’autre part, contre l’ancien procureur de la République de Nice Xavier Bonhomme. Douze et dix-huit mois de prison ont été requis respectivement dans les deux dossiers. La décision a été mise en délibéré au 17 décembre.
Tribunal de Paris : « Je veux sa mort, je veux jouer au foot avec sa tête »
Tribunal de Paris (Photo : ©P. Cabaret)
Alexis Issaurat est un « suprémaciste racial et identitaire », ainsi qu’il se caractérise face au psychologue qui l’examine, élevé par des parents engagés au Front National. Il est devenu skinhead en 1998, c’est-à-dire à l’âge de 11 ans, s’est engagé au Front National, avant de rejoindre l’association raciste 3ᵉ voie, dissoute en 2013 après la mort criminelle du jeune militant antifa Clément Méric. Il évolue aujourd’hui au sein d’une nébuleuse de groupuscules que l’on peut qualifier pudiquement d’extrême-droite, entre YouTube et Telegram, la Bosnie, la Croatie, la République tchèque et la Slovaquie, il crache sa haine et exhibe ses armes, appelant à se défendre contre l’invasion des étrangers.
Ce mercredi 15 octobre, il est jugé dans deux procédures distinctes. Il est d’abord poursuivi pour provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine, l’ethnie, la religion d’un groupe de personnes, en l’espèce pour avoir appelé à brûler des corans et à se défendre contre les musulmans. Dans ces vidéos mises en ligne sur Youtube, il produit un discours dans lequel, sur un ton ironique et avec un petit sourire en coin, il dit qu’il ne va pas « revenir faire une expédition punitive qui feront passer Breivik et Tarrant pour des petites tapettes », laissant supposer bien au contraire que c’est son intention de commettre une tuerie.
« Appeler à brûler des corans, je trouve ça très bien »
S’il assume « appeler à brûler des corans, oui, je trouve ça très bien. J’ai tout à fait raison de le faire, au nom du droit au blasphème », il réfute en revanche le reste des propos, assurant être victime d’un complot de ses anciens camarades de l’extrême-droite, qui lui nuisent pour d’obscures jalousies, le marché de la haine raciste étant très concurrentiel.
La présidente demande : « Comment vous expliquez que les policiers vous reconnaissent ?
— On prend une vidéo de vous et on change votre discours. »
Alexis Issaurat est un homme de petite taille au crâne rasé et à la longue barbichette qui lui donnent l’air d’émerger d’un chaudron. Il a l’œil pétulant de celui qui a envie de beaucoup parler et se retient, car depuis son extradition depuis la Bosnie, il dort en prison. Condamné en avril dans un autre dossier, il a encore plusieurs procédures sur le dos.
Utilisant des termes racistes à l’audience, il se fait recadrer :
« Monsieur Issaurat, devant le tribunal vous n’utilisez pas le terme de bougnoule.
— Ben comment vous voulez que je les appelle ?
— Pas comme ça.
— Ben je dirais les bicots », dit-il d’un petit ton suffisant.
Alexis Issaurat croit briller, comme il le fait habituellement pour quelques centaines de racistes férus de sa faconde poisseuse, mais devant les juges de la 17e chambre, ses envolées racistes font un bide. Il croit provoquer, mais il consterne. Son phrasé faussement distingué et ses envolées lyriques ajoutent au ridicule.
« Comment voulez-vous que je les appelle ? » cite la procureure. « Cette question résume les ressorts de la haine d’Alexis Issaurat. Désigner avec une haine puissante un ennemi commun au nom d’une grande cause. Il y a un besoin viscéral de Monsieur de voir les autres groupes comme des êtres inférieurs. Il n’y a pas de référence à l’histoire, pas de fond. Sans haine, il n’est plus ».
Elle demande un an d’emprisonnement, sans aménagement de peine.
La deuxième procédure l’oppose à l’ancien procureur de la République de Nice, Xavier Bonhomme, qui a porté plainte pour des menaces, outrages et incitation à la haine. D’abord par le biais d’une vidéo YouTube, puis via des propos tenus sur un canal Telegram, postés au cours du mois de juin 2023.
Pourquoi ? Xavier Bonhomme avait lancé contre lui un 5e mandat d’arrêt – qui conduira à son extradition. Comment l’intéressé l’aurait-il appris, du fin fond de la Croatie où il se terrait ? En lisant un article de Marianne en faisant état. Il réfute tout.
« Je peux tuer qui je veux, où je veux, quand je veux. »
Dans la vidéo YouTube, il fait une fausse déclaration de mariage au procureur de Nice, tenant au passage de nombreux propos homophobes et insultants. Sur le canal Telegram, il est écrit : « J’ai contacté mes amis d’Azov pour le proc’, il va morfler, je veux sa mort, je veux jouer au foot avec sa tête », faisant référence au bataillon Azov d’Ukraine, en partie constitué de néonazis, pour lequel, assure-t-il, il a été recruteur et combattant. Il dit aussi : « On va lui faire comme au juge Michel… celui qui lui tranche la tête, je lui donne un tiers de mon héritage. » Le juge Michel a été assassiné en 1981 à Marseille. Enfin, il écrit : « Je viens de trouver l’insta de ce pédé de procureur qui a osé lancé un mandat d’arrêt contre moi, harcelez-le. »
La présidente questionne :
« Est-ce que c’est bien vous qui êtes le gestionnaire de ce canal ?
— Bien évidemment que non. Si j’avais voulu que ce procureur meurt, il serait tout simplement mort. Ce n’est pas moi. Je peux tuer qui je veux, où je veux, quand je veux. »
Non seulement la vidéo YouTube est également un montage de ses facétieux camarades qui, décidément, veulent sa perte, mais le canal Telegram « Alexis Issaurato Off » n’est pas le sien, la preuve, il ne s’appelle pas « Issaurato », et toc.
L’avocat se lève et le regarde droit dans les yeux : « Je suis François Saint-Pierre, et je suis l’avocat de Xavier Bonhomme. » Il dit au prévenu ricanant que son client n’a pas été intimidé par ces menaces, qui n’ont pas entravé l’exercice de ses fonctions, mais qu’il est légitime à demander la protection de la loi, « car des personnes suggestibles, elles, peuvent passer à l’acte », plaide-t-il. Il ne demande pas de dommages et intérêts, pour ne plus rien avoir affaire avec Alexis Issaurat.
« Il y a cette idée de mettre une cible dans le dos »
La procureure prend la parole à son tour : « On franchit un cran en visant un magistrat dans l’exercice de ses fonctions. Il y a cette idée de mettre une cible dans le dos de quelqu’un. On est dans la menace ad hominem avec une indifférence totale des conséquences pour la personne », et c’est pourquoi, au vu de la « dangerosité idéologique du prévenu », elle demande 18 mois de prison avec mandat de dépôt – car on a quitté le droit de la presse pour le droit commun.
Soulignant que son client est « dans une recherche permanente d’outrance et de provocation », le défenseur d’Alexis Issaurat demande néanmoins la relaxe, les menaces n’étant pas réellement publiques, l’outrage n’étant pas adressé à son destinataire et la provocation n’étant pas suffisamment caractérisée, plaide-t-il.
Bien obligées de lui donner le dernier mot, les juges l’écoutent déblatérer : « Je vous demande de me condamner au maximum, et je continuerai de mener mon combat, parce que vous n’avez pas les moyens de m’imposer quoi que ce soit » avec sa voix la plus solennelle. Il ajoute : « Toute cette histoire n’est qu’une vulgaire pantalonnade », et enfin, juste avant de quitter le box, il tend le bras droit et crie : « White power, à bas la République !
— Madame, le greffier, veuillez noter s’il vous plaît, demande la procureure sans perdre son calme.
— C’est un salut romain, pas un salut nazi, c’est autorisé par la loi ! »
Réponse à la prochaine audience.