
« La question centrale de ce dossier est celle de l’intention : que savaient-ils ? », questionne encore Me Gros-Le Maut. La justice, elle, a pour l’heure surtout estimé qu’ils ne pouvaient pas ignorer la situation, eu égard notamment au « protocole » mis en place pas l’époux : ne pas se garer devant la maison, prévenir de leur arrivée par téléphone, se réchauffer les mains, ne porter ni parfum, ni sentir la cigarette… Ce que certains contestent.


« Il suffit de regarder les vidéos. Ma cliente y apparaît totalement inconsciente, elle bave. On l’entend même ronfler ! Ils se cachent quand elle a des microréveils. On ne peut légitimement pas soutenir qu’il s’agit d’un jeu ! », tacle Me Caty Richard, l’avocate de la victime. L’un de ces films a d’ailleurs été projeté le 20 octobre dernier devant la chambre de l’instruction de Nîmes, où l’un des mis en examen demandait sa remise en liberté. On y voit cet infirmier de 51 ans s’activer dans la chambre à coucher, une nuit de juin 2019, sous la houlette du mari : « Tu ne dois pas lui parler, même pas lui chuchoter. Elle ne doit pas se réveiller », entend-on ainsi distinctement. « Je ne savais pas qu’elle était dans une situation de viol », a répété ce père de famille, en pleurs et demandant « pardon » à la victime… sans convaincre. Il a été maintenu en détention provisoire.
