Au cours de la Première Guerre mondiale, une grande partie des pays baltes tombe aux mains des Allemands après les victoires de Tannenberg et des lacs de Mazurie sur les Russes qui avaient envahi la Prusse orientale. Au début de 1918 l'armée allemande a entièrement repris la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie.
Incapable de gagner une guerre sur deux fronts contre les Blancs et les Puissances centrales, Lénine conclut un armistice avec les Puissances centrales le 15 décembre 1917, suivi le 3 mars 1918 par le traité de Brest-Litovsk.
L'Allemagne envisage alors de séparer les provinces baltes de la Russie et de les unir à l'Empire, pour protéger les élites germano-baltes et renforcer l'expansion vers l'Est (Drang nach Osten). On songe alors à créer un protectorat appelé Duché uni de la Baltique. Proclamé le 5 novembre 1918, cet État éphémère disparait deux semaines plus tard, suite à la défaite allemande.
Carte de la Lettonie (incluant alors la Courlande, le Latgale et le sud de la Livonie) :


Drapeau du Duché uni de la Baltique :


L'effondrement du front occidental et la révolution spartakiste oblige les Allemands à renoncer à ces territoires de l'Est. Les pays baltes reprennent leur indépendance. La Lituanie et l'Estonie proclament leur indépendance le 2 février 1918, la Lettonie le 18 novembre 1918.
Souhaitant profiter de la défaite allemande, Lénine reprend la guerre et lance dès le 13 novembre 1918 une offensive vers les territoires baltes devenus indépendants. Les Bolchéviks présentent l'avantage de disposer des meilleurs troupes de la région : les tirailleurs lettons. Les Bolchéviks s'appuient également sur le sentiment anti-allemand d'une partie de la population dénonçant l'élite des barons germano-balte, formant la plupart des grands propriétaires terriens et hauts fonctionnaires.
Inquiets d'une poussée bolchévik dans la Baltique (qui nuirait au commerce britannique), les Alliés, ne voulant pas mobiliser leurs propres hommes, somment alors le gouvernement allemand de Friedrich Ebert de maintenir la VIIIe armée allemande dans la région. Ainsi, l'Allemagne renforce la Eiserne Division (Brigade de fer), corps franc du commandant Bischoff, qui, de sa propre initiative, dispute encore la Lettonie aux Russes. Le but est d'empêcher les Bolchéviks de pénétrer en Prusse orientale.
Tirailleurs lettons :


Le commandant Bischoff :


Insigne de la Eiserne division :


Parallèlement, en décembre 1918, des volontaires Germano-baltes locaux ont constitué une nouvelle force armée : la Baltische Landeswehr, pour se protéger de l'Armée rouge. Devant le fait accompli, le président du conseil letton Ulmanis est contraint de reconnaître cette nouvelle formation. Aussitôt, des troupes lettones plus petites, furent alors incorporée à la Baltische Landeswehr.
Toutes ces forces obéissent au général Rüdiger von der Goltz, commandant du 6e corps de réserve allemand, une unités de l'armée régulière allemande, renforcée par des corps francs allemands, des Lettons, Russes et Germano-baltes. Von der Goltz prend l'offensive en mars 1919 et reprend aux Russes la ville de Jelgava (anciennement Mitau), puis Riga en mai, point culminant de l'aventure des corps francs dans le Baltikum. En juin, la presque totalité des pays baltes se trouve au mains des Allemands.
Ces victoires sont accueillies avec enthousiasme par les corps francs en Allemagne : elle est le signe que l'Allemagne continue de se battre et de gagner. Évoquant les bulles pontificales de jadis qui assurent la possession de terres en Courlande aux Allemands qui combattront en pays balte, les forces allemandes de la Baltique dépasseront bientôt quinze mille hommes. D'autres troupes s'y joignent.
Insigne de la Baltische Landeswehr :


Le général Rüdiger von der Goltz :


Alfred Fletcher, commandant de la Baltische Landeswehr :


Le baron Hans von Manteuffel-Szoege, commandant d'un bataillon de la Baltische Landeswehr :


Ulmanis, président du conseil letton :


C'est alors que von der Goltz entre en conflit avec les Alliés. Ces derniers considéraient les divisions allemandes comme un barrage vis-à-vis des Russes et derrière lequel se constituerait l'armée nationale lettone afin de garantir l'indépendance de la Lettonie. Von der Goltz songe, au contraire, à s'avancer sur Pétrograd (Saint-Pétersbourg) et à y rétablir une monarchie tsariste, alliée de l'Allemagne.
Les Estoniens, qui occupaient le nord de la Lettonie, ne se prêtent pas à ces combinaisons. Ils prennent l'offensive contre les forces du général allemand qui les rejette sur Riga. Cette fois, les Alliés exigent que les troupes de von der Goltz soient rappelées en Allemagne. Malgré cela, de nouveaux volontaires portent bientôt les effectifs allemands de Courlande à plus de cinquante mille hommes.
Acculé, n'étant plus reconnu par le gouvernement allemand, von der Goltz change d'allégeance et signe avec le prince Bermondt-Avalov, chef d'un corps de Russes-Blancs en territoire balte, un traité qui accorde, en bloc, la nationalité russe à tous ses hommes. Tout ancien soldat allemand aura droit, à sa libération, à un lot de terre proportionnel à la durée de ses services. C'est ainsi que se constitue l'armée occidentale des volontaires, une unité antibolchévik et germanophile concentrée dans la région de Mitau.
Drapeau de l'armée occidentale des volontaires :


Le prince Bermondt-Avalov, chef de l'armée des volontaires :


Après des semaines de combat contre les Lettons, cette sera rejetée sur ses bases de départ. Elle ne tarde pas, du reste, à manquer de tout, écrasée par les canons de la Royal Navy. Les nouvelles troupes lettones, aidées par les trains blindées et armées par l'Angleterre finissent par l'emporter en novembre 1919. Les combats des corps francs allemands dans les pays baltes prirent fin ; les unités rentrèrent sur le territoire du Reich et furent démobilisées.
Ainsi se termine cette tentative de l'Allemagne pour reprendre, dans ces régions, la place prépondérante qu'elle y occupait en 1918. Allait commencer pour les corps-francs dissous, la période des conspirations, des attentats et des combats clandestins.
Sources utilisées :
Armies of the Baltic Independence Wars 1918–20 (Toomas Boltowsky, Nigel Thomas, 2019).
Baltikum (Dominique Venner, 1972).
Histoire proche (Ernst von Salomon, 1936).
Les Réprouvés (Ernst von Salomon, 1930).
The German Freikorps 1918-23 (Carlos Caballero Jurado, 2001).
Incapable de gagner une guerre sur deux fronts contre les Blancs et les Puissances centrales, Lénine conclut un armistice avec les Puissances centrales le 15 décembre 1917, suivi le 3 mars 1918 par le traité de Brest-Litovsk.
L'Allemagne envisage alors de séparer les provinces baltes de la Russie et de les unir à l'Empire, pour protéger les élites germano-baltes et renforcer l'expansion vers l'Est (Drang nach Osten). On songe alors à créer un protectorat appelé Duché uni de la Baltique. Proclamé le 5 novembre 1918, cet État éphémère disparait deux semaines plus tard, suite à la défaite allemande.
Carte de la Lettonie (incluant alors la Courlande, le Latgale et le sud de la Livonie) :


Drapeau du Duché uni de la Baltique :


L'effondrement du front occidental et la révolution spartakiste oblige les Allemands à renoncer à ces territoires de l'Est. Les pays baltes reprennent leur indépendance. La Lituanie et l'Estonie proclament leur indépendance le 2 février 1918, la Lettonie le 18 novembre 1918.
Souhaitant profiter de la défaite allemande, Lénine reprend la guerre et lance dès le 13 novembre 1918 une offensive vers les territoires baltes devenus indépendants. Les Bolchéviks présentent l'avantage de disposer des meilleurs troupes de la région : les tirailleurs lettons. Les Bolchéviks s'appuient également sur le sentiment anti-allemand d'une partie de la population dénonçant l'élite des barons germano-balte, formant la plupart des grands propriétaires terriens et hauts fonctionnaires.
Inquiets d'une poussée bolchévik dans la Baltique (qui nuirait au commerce britannique), les Alliés, ne voulant pas mobiliser leurs propres hommes, somment alors le gouvernement allemand de Friedrich Ebert de maintenir la VIIIe armée allemande dans la région. Ainsi, l'Allemagne renforce la Eiserne Division (Brigade de fer), corps franc du commandant Bischoff, qui, de sa propre initiative, dispute encore la Lettonie aux Russes. Le but est d'empêcher les Bolchéviks de pénétrer en Prusse orientale.
Tirailleurs lettons :


Le commandant Bischoff :


Insigne de la Eiserne division :


Parallèlement, en décembre 1918, des volontaires Germano-baltes locaux ont constitué une nouvelle force armée : la Baltische Landeswehr, pour se protéger de l'Armée rouge. Devant le fait accompli, le président du conseil letton Ulmanis est contraint de reconnaître cette nouvelle formation. Aussitôt, des troupes lettones plus petites, furent alors incorporée à la Baltische Landeswehr.
Toutes ces forces obéissent au général Rüdiger von der Goltz, commandant du 6e corps de réserve allemand, une unités de l'armée régulière allemande, renforcée par des corps francs allemands, des Lettons, Russes et Germano-baltes. Von der Goltz prend l'offensive en mars 1919 et reprend aux Russes la ville de Jelgava (anciennement Mitau), puis Riga en mai, point culminant de l'aventure des corps francs dans le Baltikum. En juin, la presque totalité des pays baltes se trouve au mains des Allemands.
Ces victoires sont accueillies avec enthousiasme par les corps francs en Allemagne : elle est le signe que l'Allemagne continue de se battre et de gagner. Évoquant les bulles pontificales de jadis qui assurent la possession de terres en Courlande aux Allemands qui combattront en pays balte, les forces allemandes de la Baltique dépasseront bientôt quinze mille hommes. D'autres troupes s'y joignent.
Insigne de la Baltische Landeswehr :


Le général Rüdiger von der Goltz :


Alfred Fletcher, commandant de la Baltische Landeswehr :


Le baron Hans von Manteuffel-Szoege, commandant d'un bataillon de la Baltische Landeswehr :


Ulmanis, président du conseil letton :


C'est alors que von der Goltz entre en conflit avec les Alliés. Ces derniers considéraient les divisions allemandes comme un barrage vis-à-vis des Russes et derrière lequel se constituerait l'armée nationale lettone afin de garantir l'indépendance de la Lettonie. Von der Goltz songe, au contraire, à s'avancer sur Pétrograd (Saint-Pétersbourg) et à y rétablir une monarchie tsariste, alliée de l'Allemagne.
Les Estoniens, qui occupaient le nord de la Lettonie, ne se prêtent pas à ces combinaisons. Ils prennent l'offensive contre les forces du général allemand qui les rejette sur Riga. Cette fois, les Alliés exigent que les troupes de von der Goltz soient rappelées en Allemagne. Malgré cela, de nouveaux volontaires portent bientôt les effectifs allemands de Courlande à plus de cinquante mille hommes.
Acculé, n'étant plus reconnu par le gouvernement allemand, von der Goltz change d'allégeance et signe avec le prince Bermondt-Avalov, chef d'un corps de Russes-Blancs en territoire balte, un traité qui accorde, en bloc, la nationalité russe à tous ses hommes. Tout ancien soldat allemand aura droit, à sa libération, à un lot de terre proportionnel à la durée de ses services. C'est ainsi que se constitue l'armée occidentale des volontaires, une unité antibolchévik et germanophile concentrée dans la région de Mitau.
Drapeau de l'armée occidentale des volontaires :


Le prince Bermondt-Avalov, chef de l'armée des volontaires :


Après des semaines de combat contre les Lettons, cette sera rejetée sur ses bases de départ. Elle ne tarde pas, du reste, à manquer de tout, écrasée par les canons de la Royal Navy. Les nouvelles troupes lettones, aidées par les trains blindées et armées par l'Angleterre finissent par l'emporter en novembre 1919. Les combats des corps francs allemands dans les pays baltes prirent fin ; les unités rentrèrent sur le territoire du Reich et furent démobilisées.
Ainsi se termine cette tentative de l'Allemagne pour reprendre, dans ces régions, la place prépondérante qu'elle y occupait en 1918. Allait commencer pour les corps-francs dissous, la période des conspirations, des attentats et des combats clandestins.
Sources utilisées :
Armies of the Baltic Independence Wars 1918–20 (Toomas Boltowsky, Nigel Thomas, 2019).
Baltikum (Dominique Venner, 1972).
Histoire proche (Ernst von Salomon, 1936).
Les Réprouvés (Ernst von Salomon, 1930).
The German Freikorps 1918-23 (Carlos Caballero Jurado, 2001).