Julien Rochedy
En dépit de multiples engagements internationaux, la déforestation a encore augmenté de 4 % en 2022
Outre le déboisement, la dégradation des écosystèmes forestiers liée aux conséquences du dérèglement climatique et aux prélèvements de bois a un impact majeur.
En 2022, ce document signalait « de modestes progrès », même si les pays n’étaient collectivement pas sur la bonne trajectoire pour atteindre leurs cibles. La nouvelle évaluation, publiée lundi 23 octobre, ne confirme pas ces avancées et s’alarme au contraire d’un retour en arrière : la déforestation mondiale a augmenté de 4 % en 2022 par rapport à 2021.
Près de 6,6 millions d’hectares ont disparu, dont 4,1 millions d’hectares de forêts primaires tropicales, extrêmement précieuses pour le climat, la biodiversité et la régulation de différents cycles, tels que celui de l’eau. La région tropicale d’Amérique latine et des Caraïbes est particulièrement affectée et, en valeur absolue, le Brésil, l’Indonésie, la Bolivie et la République démocratique du Congo sont les pays où la superficie déforestée a été la plus importante. L’agriculture (élevage de bétail, production de soja, d’huile de palme…) est le principal facteur de perte de forêt sous les tropiques.
« Ces résultats sont très inquiétants, souligne Jean-Pierre Wigneron, chercheur à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement et l’un des auteurs de l’étude. Il y a un potentiel de séquestration énorme dans les zones tropicales mais celui-ci ne fonctionne plus à cause de la déforestation et de la dégradation. Et les forêts boréales et tempérées ne peuvent constituer qu’un puits très limité, qui est en plus en danger. » Les sécheresses répétées observées au cours des dernières années, ainsi que les immenses incendies et les autres effets du dérèglement climatique réduisent la capacité de ces écosystèmes à absorber du carbone, comme cela a déjà été observé en France.
Une autre étude, publiée le 3 juillet dans Communications Earth & Environment, montre également que le puits de carbone des forêts d’Europe de l’Est est en déclin, « sous l’effet combiné des récoltes de bois et des perturbations liées au dérèglement climatique ».
Au-delà de la déforestation, la nouvelle évaluation analyse aussi les conséquences de cette dégradation des forêts. « La déforestation est le mot à la mode mais la dégradation, dont on ne parle jamais, est aussi extrêmement importante, explique Erin Matson. Elle implique une perte de carbone, une perte de l’intégrité des écosystèmes et une perte de la biodiversité forestière. Selon ces indicateurs, la forêt est en déclin dans de nombreuses régions du monde. » Les dernières données montrent que le nombre d’espèces d’oiseaux, de mammifères, de reptiles et d’amphibiens qui vivent dans des habitats forestiers a décliné de 79 % entre 1970 et 2018. En 2022, la perte de couvert forestier a en revanche diminué dans les zones dites « clés pour la biodiversité », des sites identifiés comme particulièrement importants." Source 🗞️Le Monde"
Outre le déboisement, la dégradation des écosystèmes forestiers liée aux conséquences du dérèglement climatique et aux prélèvements de bois a un impact majeur.
En 2022, ce document signalait « de modestes progrès », même si les pays n’étaient collectivement pas sur la bonne trajectoire pour atteindre leurs cibles. La nouvelle évaluation, publiée lundi 23 octobre, ne confirme pas ces avancées et s’alarme au contraire d’un retour en arrière : la déforestation mondiale a augmenté de 4 % en 2022 par rapport à 2021.
Près de 6,6 millions d’hectares ont disparu, dont 4,1 millions d’hectares de forêts primaires tropicales, extrêmement précieuses pour le climat, la biodiversité et la régulation de différents cycles, tels que celui de l’eau. La région tropicale d’Amérique latine et des Caraïbes est particulièrement affectée et, en valeur absolue, le Brésil, l’Indonésie, la Bolivie et la République démocratique du Congo sont les pays où la superficie déforestée a été la plus importante. L’agriculture (élevage de bétail, production de soja, d’huile de palme…) est le principal facteur de perte de forêt sous les tropiques.
« Ces résultats sont très inquiétants, souligne Jean-Pierre Wigneron, chercheur à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement et l’un des auteurs de l’étude. Il y a un potentiel de séquestration énorme dans les zones tropicales mais celui-ci ne fonctionne plus à cause de la déforestation et de la dégradation. Et les forêts boréales et tempérées ne peuvent constituer qu’un puits très limité, qui est en plus en danger. » Les sécheresses répétées observées au cours des dernières années, ainsi que les immenses incendies et les autres effets du dérèglement climatique réduisent la capacité de ces écosystèmes à absorber du carbone, comme cela a déjà été observé en France.
Une autre étude, publiée le 3 juillet dans Communications Earth & Environment, montre également que le puits de carbone des forêts d’Europe de l’Est est en déclin, « sous l’effet combiné des récoltes de bois et des perturbations liées au dérèglement climatique ».
Au-delà de la déforestation, la nouvelle évaluation analyse aussi les conséquences de cette dégradation des forêts. « La déforestation est le mot à la mode mais la dégradation, dont on ne parle jamais, est aussi extrêmement importante, explique Erin Matson. Elle implique une perte de carbone, une perte de l’intégrité des écosystèmes et une perte de la biodiversité forestière. Selon ces indicateurs, la forêt est en déclin dans de nombreuses régions du monde. » Les dernières données montrent que le nombre d’espèces d’oiseaux, de mammifères, de reptiles et d’amphibiens qui vivent dans des habitats forestiers a décliné de 79 % entre 1970 et 2018. En 2022, la perte de couvert forestier a en revanche diminué dans les zones dites « clés pour la biodiversité », des sites identifiés comme particulièrement importants." Source 🗞️Le Monde"