Citation de LoveStreetNon, il a juste posé le fondement le plus établi possible à la science empirique. Or la seule chose dont on puisse être absolument certain, c'est que quand "je" pense il y a une pensée. Cette expérience subjective qui ne peut pas être niée sans nier ma capacité à la nier — ce que je suis en train de faire (sauf que je dois être pour pouvoir être en train de le faire... bref, t'as compris l'idée ) — est la seule chose sûre en bas monde.
Descartes ou le mec qui a renversé la philosophie pour placer le sujet au centre avec le raisonnement le plus éclaté que la terre est jamais portée : "Je doute de tout, hors actuellement je suis entrain de chier, je peux douter de tout sauf du fait que je suis entrain de chier, je chie donc je suis." what ?
Et tout ça pour deux siècle plus tard aboutir au solipsisme par suite logique qui a signé la mort de définitive de la philosophie et de toute pensée censée.
Quand je me réveil d'un mauvais rêve je sais que je suis dans la réalité, quand je vais acheter du pain je ne me demande pas si cette baguette est vraie ou une illusion, je pars du principe que cette baguette sinon plus rien n'a de sens et c'est un trip au LSD permanent et de là je construis ma pensée, le sujet n'est rien sans le monde extérieur qui me donne les facultés percevoir, de ressentir, et les informations nécessaires à l'esprit pour la réflexion, on ne peut pas partir du sujet pour penser mais nous sommes bien obligé de partir du monde extérieur réel dont on va tirer les informations pour donne matière à la pensée, Descartes est monté à l'envers en somme, c'est totalement zinzin son histoire.
Et partant de là, tu n'as pas de raison particulière de croire que tu es trompé par un malin génie sans que ce soit pour autant totalement impossible. Faut pas aller plus loin que cela avec le cogito. Enfin on peut, mais après c'est de l'épistémologie pure niveau thèse de doctorat et euh...

Citation de GeraldDarmaninAbsolument personne (de compétent dans le domaine) ne nie que la science repose sur des prémisses indémontrées.
Le scientisme, ou l'idée que "la science est le seul moyen valide d'acquérir des connaissances", et que la philosophie ne serait donc qu'un repère de mecs qui discutent en boucle et se touchent la nouille sans jamais rien démontrer ni apprendre, se réfute tout seul
Car même s'il était vrai il serait faux et inconnaissable :
I) Thèse : La science est le seul moyen valide d'acquérir des connaissances
II) La thèse de la prémisse I) n'a pas été apprise par des moyens scientifiques
aucun papier scientifique ne conclut que "la science est le seul moyen valide d'acquérir des connaissances"
Conclusion : Donc selon la thèse de la prémisse I), on ne peut pas savoir I)
La vérité c'est qu'il est tout simplement impossible de faire de la science sans philosophie
Car la science présuppose bon nombre de concepts qui ne sont pas empiriques mais philosophiques (plus exactement métaphysiques, comme les concepts de "cause", "d'effet", de "méthode", etc.).
En fait, c'est toute une partie du débat actuel autour du réalisme mais pour le savoir faudrait connaître le sujet.
En fait, la philosophie est au début, et à la fin (pour l'interprétation) de toute démarche scientifique, car la rationalité englobe la méthode scientifiqueLe truc, c'est que n'importe raisonnement présuppose des trucs, y compris un raisonnement philosophique.
Ce que le scientiste veut faire, c’est dire que les sciences empiriques représentent un domaine autonome d’enquête rationnelle, et le seul qui génère des connaissances à l’exclusion des domaines comme la philosophie, la théologie, etc.
Sauf que l’idée que les sciences empiriques soient un domaine d’enquête rationnelle autonome pose de sérieux problèmes. Par exemple, une chose que les sciences empiriques ne peuvent pas faire, c’est dire pourquoi elles sont une enquête rationnelle.
Si elles le pouvaient, elles éviteraient la question puisque leur rationalité, qui est la chose à prouver, devrait d’abord être présumée pour le démontrer.
Comme je l'ai dit, les sciences empiriques importent également de nombreux concepts tels que « existence », « cause », « objet physique », « changement », « nature », qui nécessitent un point de vue extra-scientifique pour être établis, comme la métaphysique ou la philosophie de la nature.
En outre, les sciences empiriques ne peuvent pas se prononcer sur certaines questions concernant les objets posés par leurs théories, par exemple : « est-ce que le réalisme est vrai ? », ou « est-ce que l’instrumentalisme est vrai ? », ou quoi que ce soit d’autre. C’est ici le terrain de la philosophie des sciences, et non de la science empirique.
À mon avis, les scientistes et les naturalistes doivent assumer un certain degré de réalisme scientifique s’ils veulent faire leurs revendications, et la position réaliste doit être établie au niveau de la philosophie des sciences et non de la science empirique. Les sciences empiriques ne peuvent pas non plus dire si le réalisme en général est vrai ou faux, c’est-à-dire s’il existe des objets abstraits comme les universaux, les propositions, etc.
C’est une autre question qui doit être débattue au niveau de la métaphysique, et non des sciences empiriques, mais qui a une incidence directe sur ce que nous disons que les sciences empiriques font ; soit qu’elles étudient des essences ou natures réelles, comme le suggérerait le réalisme, soit des choses radicalement individualisées, sans essence ni nature communes, qui se regroupent seulement sous un nom commun, comme le suggérerait le nominalisme, soit quelque chose d’autre.
Les sciences empiriques ne répondent pas à ces questions et ne peuvent même pas, en principe, y répondre, car ces questions sont logiquement antérieures à toute recherche empirique ; c’est-à-dire que l’on doit d’abord avoir une réponse avant de commencer à faire des affirmations sur la nature exacte de sa recherche et de ce qu’elle apporte.
Car la recherche scientifique elle-même repose sur un certain nombre d’hypothèses philosophiques : qu’il existe un monde objectif extérieur à l’esprit des scientifiques ; que ce monde est régi par des régularités causales ; que l’intellect humain peut découvrir et décrire avec précision ces régularités ; et ainsi de suite. Puisque la science présuppose ces choses, elle ne peut pas tenter de les justifier sans argumenter en rond.
Et si elle ne peut même pas établir qu’elle est une forme d’enquête fiable, elle peut difficilement établir qu’elle en est la seule forme fiable. Ces deux tâches nécessiteraient de « sortir » complètement de la science et de découvrir à partir d’un point de vue extra-scientifique que la science transmet une image exacte de la réalité - et dans le cas du scientisme, que seule la science le fait.
Il y a aussi la question de savoir comment interpréter ce que la science nous dit sur le monde. Par exemple, le monde est-il fondamentalement constitué de substances ou d’événements ? Qu’est-ce qu’une « cause » ? N’y en a-t-il qu’une seule sorte ? Aristote soutenait qu’il y en avait au moins quatre. Quelle est la nature des universaux auxquels les lois scientifiques font référence - les concepts comme le quark, l’électron, l’atome, etc. Existent-ils en plus des choses particulières qui les instancient ? Les découvertes scientifiques peuvent éclairer ces questions métaphysiques, mais ne peuvent jamais y répondre complètement.
Donc, si la science doit s’appuyer sur la philosophie, à la fois pour justifier ses présupposés et pour interpréter ses résultats, la fausseté du scientisme semble doublement assurée.
Comme le conclut le philosophe John Kekes (lui-même un laïc confirmé) :
C’est pourquoi la philosophie, et non la science, est un candidat plus fort pour être le paradigme même de la rationalité.
- The Nature of Philosophy, p.158
Le topic montre globalement que poster des mèmes malhonnêtes qu'on comprend pas soi-même et citer des livres qu'on comprend pas non plus n'amènent pas à grand chose.

Parce que, vraiment, s'il faut une conclusion au long panégyrique à l'ignorance qu'est ce topic : le fait que Werner Heisenberg ait été instrumentaliste de son vivant, ça me fait une belle jambe.

