spécialiste des comportements criminels, établit un profil de l’homme connu sous le nom de Ted. Il pensait que, si les huit disparitions étaient liées et si les huit jeunes filles avaient été blessées, l’agresseur devait avoir entre vingt-cinq et trente cinq ans. Il devait être mentalement malade, mais pas au point de se faire remarquer comme un criminel en puissance.
Selon lui, Ted avait peur des femmes et de leur emprise sur lui et il était susceptible d’adopter à l’occasion un comportement d’«isolement social ».
Selon le Dr Jarvis, un psychopathe sexuel est reconnu responsable aux yeux de la loi et sait faire la différence entre le bien et le mal. Une impulsion le pousse à agresser des femmes, mais aucun handicap mental, aucune lésion cérébrale ni psychose déclarée ne peut venir justifier ses actes criminels.
Pendant les quelques moments de liberté laissés aux enquêteurs, nous échangions toutes sortes d’idées quant à l’éventuelle personnalité de Ted. Il devait être intelligent et séduisant. Aucune des huit filles n’aurait accompagné un homme en qui elle n’aurait pas eu confiance, et dont les manières n’auraient pas été assez bonnes pour endormir leur méfiance naturelle. Même s’il avait utilisé la force par la suite, il avait certainement dû – la plupart du temps – gagner leur adhésion au départ. Étant donné l’aisance évidente avec laquelle il évoluait sur les campus, il était aussi vraisemblable qu’il était ou avait été étudiant. Le stratagème qu’il employait pour gagner la confiance des filles – en dehors de son apparence et de sa personnalité propres – était certainement lié à l’illusion de son apparente vulnérabilité. Un homme avec un bras cassé ou une jambe dans le plâtre ne pouvait pas représenter une menace. Qui pouvait avoir accès à des plâtres, des écharpes et des béquilles ? N’importe qui, sans doute, s’il se donnait le moyen de chercher ; un étudiant en médecine, un garçon de salle d’hôpital, un ambulancier, un employé d’une société de fournitures médicales étaient particulièrement bien placés.
«Ce doit être quelqu’un au-dessus de tout soupçon, me dis-je. Un homme insoupçonnable,
même par ses amis ou ses proches. »
C’était une bonne théorie, une théorie qui rendait la capture de cet homme encore plus
improbable.
Selon les schémas astrologiques, la prochaine disparition devait avoir lieu entre 19 h 25 le 4 août et 19 h 12 le 7 août, quand la lune traverserait à nouveau les Poissons.
Rien ne se produisit.
En fait, les disparitions dans l’État de Washington cessèrent aussi brusquement qu’elles avaient
commencé. En un sens, tout était terminé. Mais rien ne le serait jamais.


Selon lui, Ted avait peur des femmes et de leur emprise sur lui et il était susceptible d’adopter à l’occasion un comportement d’«isolement social ».
Selon le Dr Jarvis, un psychopathe sexuel est reconnu responsable aux yeux de la loi et sait faire la différence entre le bien et le mal. Une impulsion le pousse à agresser des femmes, mais aucun handicap mental, aucune lésion cérébrale ni psychose déclarée ne peut venir justifier ses actes criminels.
Pendant les quelques moments de liberté laissés aux enquêteurs, nous échangions toutes sortes d’idées quant à l’éventuelle personnalité de Ted. Il devait être intelligent et séduisant. Aucune des huit filles n’aurait accompagné un homme en qui elle n’aurait pas eu confiance, et dont les manières n’auraient pas été assez bonnes pour endormir leur méfiance naturelle. Même s’il avait utilisé la force par la suite, il avait certainement dû – la plupart du temps – gagner leur adhésion au départ. Étant donné l’aisance évidente avec laquelle il évoluait sur les campus, il était aussi vraisemblable qu’il était ou avait été étudiant. Le stratagème qu’il employait pour gagner la confiance des filles – en dehors de son apparence et de sa personnalité propres – était certainement lié à l’illusion de son apparente vulnérabilité. Un homme avec un bras cassé ou une jambe dans le plâtre ne pouvait pas représenter une menace. Qui pouvait avoir accès à des plâtres, des écharpes et des béquilles ? N’importe qui, sans doute, s’il se donnait le moyen de chercher ; un étudiant en médecine, un garçon de salle d’hôpital, un ambulancier, un employé d’une société de fournitures médicales étaient particulièrement bien placés.
«Ce doit être quelqu’un au-dessus de tout soupçon, me dis-je. Un homme insoupçonnable,
même par ses amis ou ses proches. »
C’était une bonne théorie, une théorie qui rendait la capture de cet homme encore plus
improbable.
Selon les schémas astrologiques, la prochaine disparition devait avoir lieu entre 19 h 25 le 4 août et 19 h 12 le 7 août, quand la lune traverserait à nouveau les Poissons.
Rien ne se produisit.
En fait, les disparitions dans l’État de Washington cessèrent aussi brusquement qu’elles avaient
commencé. En un sens, tout était terminé. Mais rien ne le serait jamais.

