Retour au sujet

Avatar de Ferdinand Ferdinand
Sous un fond de "Je ne veux pas travailler" de Pink Martini se leva Stéphane Edouard. Le subtil esthète débuta sa première journée dans la Reine de l'Adriatique : Venise.

Il quitta son lit, vêtu d'un pantalon en soie et d'une petite chemise de nuit en lin. Cet ensemble loungewear couleur ocre de chez Bottega Veneta est le fruit de son travail. Lorsqu'il ne porte pas, il l'exhibe avec fierté sur un cintre accroché sur la porte de sa large fenêtre.

« Boing », d'un léger bond, il souleva ses cinquantes kilos et s'approcha de sa fenêtre.
Sur son court chemin, il déplacera le bras de lecture de son tourne-disque, actionnant délibérément le mécanisme de sa machine vinyle.

Madonna - Like a Virgin /

- "Mamamia, io senti like a virgin", s'écrie le petit bonhomme de pain d'épice en aérant sa chambrette, un doux élixir mélangeant cacao et sueur Guyanaise s'évapora dans les ruelles vénitienne.

Il déboutonna quelques boutons de sa chemise de nuit et dévoila son buste nu et intégralement rasé (à la cire !), l'homme du Sud était en apesanteur au travers de sa fenêtre.
Les passants regardaient le vieil éphèbe se dandiner sous fond de Madonna, Stéphane s'en amusait, bien que son regard était - quelques fois - tournés vers des passants, était-ce Gianluca ? Roberto ? Andrea ? - Nous n'en savions rien : était-ce des hallucinations ? une folie hystérique ou bien de la paranoïa ?Les regards persistants de Stéphane témoignent seulement de sa grande part de F.

Sur sa table de chevet était posé une bouteille de vin blanc emmitouflé dans un léger tissus et délicatement recouverte d'un ruban bordeaux auquel était soigneusement inscrit : Per amore mio, Matteo
Mais qui est ce Matteo ? Stéphane le savait, mais chut... c'est un secret et il ne faut rien dire !

À côté de cette bouteille était posé un masque vénitien noir, abordant une fine dentelle permettant à l'uomo influente de se sentir sous pression, enfermé, dominé, sous un nœud entourant son cortex paléofrontal de type congoïde.

Entièrement torse-nu à la fenêtre, il quitta son bain de Soleil pour rejoindre la salle de bain, « Il bagno » comme on dit en Italien.
Sa petite trousse de toilette Prada était sur une étagère sous son miroir, camouflé dans un nombre conséquent de produits pour la peau : des masques coréens, de la crème hydratante, des vitamines, du tchoko ; la skincare routine du sex-symbol fréjusien pourrait faire rager celle de Bella Hadid, ancienne kehba du grand baron de la cocaïne franco-marocain, j'ai nommé Gérard Fauré.

En se brossant les dents, il eut une légère érection. En effet, Stéphane était excité à l'iidée de voir son portrait face au miroir en ayant la bouche dégoulinante d'un mélange blanchâtre constitué de bicarbonate de sodium, de sel, d'arôme d'hibiscus et d'eau.
Son anus commença tout naturellement à se dilater, comme s'il inhalait dans un flacon de poppers. Stéphane était alors partagé, partagé entre l'admiration de son visage souillé selon les interprétations et son énorme vibratore discrètement recouvert d'un draps blanc sur son totebag du défilé Givenchy de la Fashion Week milanaise en 2019.

Le vibratore était visuellement immanquable, son anus lui servant d'encéphale ne pût passer à l'idée de s'amuser avec ce jouet que lui a offert Aurora pour son 38ème anniversaire.
Ce gadget était épais, nous étions sur un modèle assez basique pour ne pas dire archaïque; très loin des hitachi ultra-fancy faisant fureur entre quatre disques d'Eimi Fukada et Nao Jinguuji, dans les sexshops de Shinjuku.
Il était équipé d'une petite télécommande. Le bout du vibratore était en silicone et recouvert d'une petite couche marron.

- "Qu'est-ce que ça peut bien être ?", s'interroge l'ingénieur de formation en grattant le bout de son menton.
En manipulant l'engin et en l'analysant sur différents axes, il approcha l'engin de ses yeux et remarqua que cette couche marron n'était qu'un médiocre morceau de merde.

Stéphane n'avait pas nettoyé son vibratore' durant sa dernière utilisation, petit coquin !