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Avatar de Ferdinand Ferdinand
"Quoi ?! Mais qu'est-ce que tu me racontes Aurora ?!", hurlait Stéphane Édouard en projetant de la vaisselle bon-marché contre les murs de son appartement.
Stéphane était déchainé, il fit place à sa grande part de F. Il était incontrôlable, la Madonne guyanaise était devenue hystérique après avoir prit connaissance de l'email que lui à réciter à l'instant Aurora.

Cet email a été envoyé par un certain "benozouzzo@freemail.it", en corps d'email est affiché une série d'informations personnelles le concernant et plus particulièrement les détails d'une vidéo dont il semble apparaître. L'utilisateur anonyme a eu la fourberie d'y laissé son adresse Paypal, l'incitant à lui transférer la modique somme de 50,000€.". Les détails présentaient des informations claires et explicites sur les pratiques sexuelles et l'intérieur baroque dont le bonhomme de pain d'épice - "l'omino di pan di zenzero" en italien - était.
L'email s'est conclu par un mystérieux "Pistillo".

Après quelques minutes d'hystérie, il s'est excusé auprès d'Aurora et lui a demandé de quitter son appartement pour "méditer" et prendre le contrôle de la situation.
- "Allez oust", lui dit Stéphane en la poussant légèrement vers l'extérieur de son appartement puis en fermant la porte.

Une fois seul et emmitouflé dans son peignoir Moschino à motifs Fleur de Lys (était-ce Stéphane Édouard ou Jeun-Jacques Dessalines ?), il décida de se préparer une tisane détoxifiante et s'allongea sur son fauteuil de psychologue. Il déposa ses phalanges filiformes le long de sa mâchoire, ferma les yeux et se mit à somnoler.

Réveillé dans les alentours de 00h00, Stéphane Édouard se rappelait des lieux précisés dans l'email, son esprit lui rappelait les contractions de lèvres d'Aurora qui prononçait le mystérieux mot "Pistillo". Il enfile son long trench en coton "Miu miu" et quitte son appartement.

Dans l'obscurité de sa ruelle italienne, il croise le regard d'un homme, charmant au regard torturé qui rappelait celui de Marlon Brando. Était-ce un mafioso ? Stéphane Édouard frétillait de plaisir s'imaginant être sien.
Cet homme était très imposant. Il s'approche alors du mulâtre et lui dit :
- "Buona serata, pratico intensamente il bodybuilding, do lezioni personali. Vendo Grenson's, vuoi Grenson's ? Vuoi prendere lezioni di bodybuilding ?" / Traduction : "Bonsoir, je pratique la musculation de manière intensive, je donne des cours personnels. Je vends des Grenson's, voulez-vous des Grenson's ? Voulez-vous prendre des cours de musculation ?"

Stéphane ne comprenait pas le ridicule de la situation, cet homme ainsi charismatique soit-il était en réalité un ridicule vendeur à la sauvette. Il réhaussa alors son totebag à son épaule et continua son chemin.

Durant son aventure nocturne qui consistait à s'enfoncer dans les profondeurs du quartier gothique de Rome, Stéphane Édouard se remémora cette nuit-là, alors décrite dans l'email.
"Pistillo", mais bon sang, qu'est-ce que ça voulait bien signifié ?
Eureka ! Est-ce peut-être le mot de passe d'un des clubs privés dans lequel s'adonnait Stéphane Édouard durant ses premières semaines dans - la vieille ville - en 2008 ?
Le club en question était situé dans une cour, à une centaine de mètres de sa position actuelle. Il extirpa alors son téléphone de la poche intérieure de son trench et indiqua la position de l'emplacement en question, le nom du club est inconnu de Google...

Arrivé devant la porte en métal du "bunker", Stéphane Édouard laissa entrevoir un sentiment de nervosité, un léger pet, court mais épais fit écarter chacune de ses fesses.

Il reconnu devant le bunker un ancien ami à lui, Vittorio. Vittorio a longtemps travaillé avec Stéphane Édouard. Il a été le traducteur franco-italien de Stéphane Édouard quand ce dernier voulait conquérir le marché italien. Stéphane Édouard était en réalité trop noir pour le marché italien.
- "Tu vas bien mon ami ?", dit Vittorio en serrant Stéphane dans ses bras, cigarette au bout des lèvres.
Stéphane n'a alors pas répondu à Vittorio, il pensait à la fatalité dans laquelle Vittorio aurait pu malencontreusement trouer son trench Mochino avec la cendre de sa cigarette.

Vittorio regardait alors étrangement Stéphane quand ce dernier fut brusqué par la porte en métal qui cogna légèrement son dos, un homme souhaitait sortir.
Cet homme était le videur, ce dernier rappela à Stéphane que se placer devant la porte d'un club - qui plus est quand on est un homme de couleur - n'est pas quelque chose de très recommandable.

Stéphane répondit alors d'une voix très pédante : "Buonasera signore, voglio tornare a casa. Il codice è... Pistillo !"
Le videur du club privé acquiesce alors en s'excusant, dévoilant le sommet de son crâne lustré. Il tiendra même la porte.

'"Quel connard celui-là"', murmurait seul Stéphane en descendant alors les escaliers du club privé avec un sourire narquois, c'est la vie dont il a toujours rêvé. Une vie de bohème et un respect quasiment militaire de la part de brutes épaisses comme ce videur.

Musique dans le club :

L'esthète franco-guyannais vit alors dans le club une ribambelle d'hommes aux crânes dégarnis et en costume cravate. Tous ces hommes d'un âge assez avancé, semblaient heureux et très excités. Beaucoup d'entre-eux transpiraient et marchaient avec empressement d'une pièce à une autre.

En s'enfonçant dans l'obscurité du club, Stéphane vit un regroupement d'hommes en costume.

- "Mon Dieu, qué bello !" s'écrit alors Stéphane.

Il vit une estrade où étaient présents quatre jeunes éphèbes se dandinant nus sous des toges romaines, maquillés, lyre en main et couronne de laurier sur la tête. Ces derniers s'embrassaient sous le regard excité des hommes en costumes qui lançaient continuellement des billets violets. Alors que Stéphane s'empressait d'y récupérer son appareil photo argentique pour prendre des captures inoubliables, il fut interrompu par Vittorio qui arrivait sur les lieux en hurlant :
- "La polizia ! LA POLIZIA !"

Tous les hommes se mirent à courir dans tous les sens, un véritable poulailler.
Embêté par ce défilé de phacochères, Stéphane fait tombé son appareil photo argentique qu'il perd même de son champs de vision en étant emporté par ce flot de vieil homme libidineux.