"En 1897 il est le sujet d'une chanson le tournant en dérision : Toujours kif-kif bourrico. Sur le conseil de Jean Jaurès, il se fait le « député des musulmans de France », et se rend souvent en Algérie française pour le besoin d'enquêtes parlementaires. La plupart de ses propositions portent sur l’amélioration du sort des sujets musulmans de la France en Algérie, mettant en garde contre les risques de « troubles très graves » en Algérie si les autres députés continuent à ignorer ses propositions. Du fait de ses prises de position éthiques et de son combat pour la respectabilité de l'islam français; les électeurs de Pontarlier commencent à lui reprocher de les délaisser, « d'oublier d'où il vient »8 et de qui il est censé défendre les intérêts.
Philippe Grenier exacerbe encore l'incompréhension de son électorat lorsque, en tant que médecin et musulman, il s'engage dans la lutte contre l'alcoolisme. Philippe Grenier soutient une proposition de loi sur la diminution du nombre des débits de boisson et la taxation des liqueurs dans le but de financer la création d'une armée indigène sur le territoire métropolitain — son second cheval de bataille étant la défense nationale.
Cette dernière démarche, aussi louable ait-elle pu être, achève de détourner son électorat de lui : à l'époque, l'absinthe de Pontarlier faisait vivre toute la région du Haut-Doubs. La première distillerie de « fée verte » de France avait été fondée à Pontarlier en 1805 ; vingt-cinq distilleries employaient 3 000 des 8 000 Pontissaliens en 1900, faisant de la commune la capitale de l'absinthe9...
Doublement maladroit, c'est donc absolument sans surprise qu'il est battu aux élections de mai 1898, et de nouveau en 1902. Après ce dernier échec, il se retire de la vie politique."
Philippe Grenier exacerbe encore l'incompréhension de son électorat lorsque, en tant que médecin et musulman, il s'engage dans la lutte contre l'alcoolisme. Philippe Grenier soutient une proposition de loi sur la diminution du nombre des débits de boisson et la taxation des liqueurs dans le but de financer la création d'une armée indigène sur le territoire métropolitain — son second cheval de bataille étant la défense nationale.
Cette dernière démarche, aussi louable ait-elle pu être, achève de détourner son électorat de lui : à l'époque, l'absinthe de Pontarlier faisait vivre toute la région du Haut-Doubs. La première distillerie de « fée verte » de France avait été fondée à Pontarlier en 1805 ; vingt-cinq distilleries employaient 3 000 des 8 000 Pontissaliens en 1900, faisant de la commune la capitale de l'absinthe9...
Doublement maladroit, c'est donc absolument sans surprise qu'il est battu aux élections de mai 1898, et de nouveau en 1902. Après ce dernier échec, il se retire de la vie politique."