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Depuis que le vieux Breton a fait part de son indifférence quant au sort de Zinédine Zidane, toute la piétaille journalistique du pays bombarde le menu-fretin politique de questions relatives à l'histoire du football.

Pas un n'y échappe : des avaleuses de cabinets ministériels aux tapettes de mairie, des caïds auto-persuadés aux demi-mondaines de sous-secrétariats, tous passent au chaudron ; évidemment, pas une fois le journaliste n'interroge le bien-fondé de sa démarche, pas une seule fois il ne tient compte de l'identité ou du vécu de sa victime, même lorsque l'évidence commanderait de dispenser celle-ci de question sportive.

La dernière pute à lunettes du peloton politique, la plus petite fiotte aux épaules serpentines se voient ainsi obligées d'apporter leur pierre à un édifice dont ils n'ont que faire. Peu importe, c'est le plaisir du bavardage qui l'emporte.

On statufie Zidane, on le célèbre, on se tasse devant sa toute-puissance et l'éclat de sa cocarde : celle du meilleur footballeur français.
Tout ce petit monde patriotard oublie ou dissimule la vérité : car c'est en 2006, sur une finale perdue et fracassante que l'homme a fait ses adieux à la France.

Zidane se fout de la France. Il s'en branle. Il s'en bat les couilles, mais bien.
Zidane est con comme une bite, il ne comprend pas la France, il ne la désire pas, il passe outre.
Le lien le plus fort qui l'y rattache est le faible pourcentage de sang français contenu dans les veines de son épouse, une Gonzalez ou Martinez quelconque.
Zidane a choisi l'Espagne. Il y vit, il y a joué longtemps, il y a étudié la science de l'entraîneur avant d'y appliquer ses leçons.
La fidélité des Français envers ce cosmopolite du sud est inexplicable ; les exploits de Zidane en bleu remontent au début du XXIème siècle, c'était au moyen-âge. Depuis lors, c'est le blanc et l'or, et le rouge qui l'ont habillé.

Le Français accorde son admiration avec une largesse et une facilité imbécile, et ne la retire jamais. Il place au-dessus du sien le sang étranger venu faire trois petits tours chez lui, et de s'en aller ; peut-être pour revenir, pense-t-il. Mais peut-être pas, sûrement pas même.
Zidane est parti depuis plus de 15 ans, sans se retourner, sans jamais faire un signe, et la France n'en finit pas de ronronner bêtement en se remémorant les mensonges et les images d'Épinal du passé.

Il nous reste encore un pays de ploucs ahuris, qui comme Thierry Roland, devrait mourir tranquille.