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Elle est belle quand elle jouit, même en plein silence. J’ai encore son goût légèrement acidulé sur mes lèvres. En bas, le décompte a commencé, j’entends son mari hurler, (10), je regarde Marie-Christine, je me souviens de notre rencontre, à la pause café, elle m’a demandé une cigarette, ça faisait longtemps que je ne fumais plus. Elle a la voix grave, elle laisse traîner quelques syllabes, c’est fascinaaant. (9) Marie-Christine et ses chemisiers, ses longues jupes, elle m’intrigue, elle me plaît, j’ai recommencé à fumer pour la croiser à la pause café. Un peu bourgeoise, un peu paysanne, elle a des manières de reine qui s’ignore. J’ai aimé Marie-Christine à son premier regard, un peu perdu, un peu de travers, elle louche un peu, ça donne du charme, je trouve, (8), elle se colle contre moi au fond de la baignoire, elle me dit, (t’es une belle personne, tu sais), je ne dis rien, non je ne le sais pas. Marie-Christine m’offre son corps, son cœur, son cul, mais elle ne me doit rien, elle ne sait pas que c’est son existence même qui est un cadeau, que sans elle, je ne suis rien. (7) En bas, l’année suivante arrive comme un train lancé à pleine vitesse. À force de la croiser devant la machine à café, à force de perdre mon regard dans les volutes de fumée et son décolleté, je lui ai demandé son numéro, un peu timidement, le rouge au front, elle m’a dit, (oui, tiens, on s’entend bien toi et moi) et j’ai senti mon cœur s’agrandir, un peu comme un hoquet permanent, (6), et de SMS en SMS, de conversations en conversations, Marie-Christine danse au bout de mes doigts, je danse contre les siens, nous avons le cœur qui bat entre les cuisses. (5) L’amour avec elle est différent des fantômes qui peuplaient mon lit, c’est le partage, c’est le jeu, c’est le Nous et non le Je, c’est quelque chose que nous ne connaissions pas, (4), parfois je pense à son mari, je ne pense pas qu’il soit stupide, c’est juste un homme, vautré dans ses privilèges, aveugle, parfois je pense à lui, mais jamais bien longtemps. (3) Marie-Christine est belle, elle me caresse le cœur avec la langue et chaque décharge électrique me rappelle que je vis à nouveau, qu’elle a rallumé les lumières, que je n’ai plus peur du noir, dans (2) secondes, 2018 fera sauter les bouchons de champagne, nous nous relevons, les cheveux en bataille, je dis, (il est temps de redescendre).