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Avatar de Pucelle Pucelle
Ce malheureux qui, probablement, a toujours vécu dans la laideur, le mal, voire le crime, au cours de ses derniers moments se dit qu’il existait d’autres valeurs dans la vie que celles auxquelles il s’était toujours attaché. Il connaît l’éblouissement de ce court dialogue avec le Sauveur. Il reçoit alors dans une aveuglante clarté cette conviction de l’amour inconditionnel de Dieu. Sa dernière heure en est illuminée, auréolée de beauté par cette révélation. À son ultime heure, il a fait la plus belle des rencontres. Un très bref échange de paroles, un simple regard de Jésus et cette scène est là, pour nous apprendre ce que peut être, au moment de mourir, la fugitive beauté d’une compréhension totale d’un amour offert sans restrictions.

Dans ces minutes de grâce, l’attitude de pure bonté de Jésus procure au bon larron une ouverture sur l’éternité. La pire misère de cet homme ne fait pas obstacle à la beauté qui enveloppe ses derniers instants d’agonie. Dire l’amour qu’il éprouve brusquement pour son Sauveur est un instant de beauté.

Toute rencontre de grâce a « sa » beauté. Toute rencontre peut nous appeler à la découvrir là où nous ne la trouvons pas nécessairement, si nos yeux sont obscurcis, si nos oreilles ne savent pas entendre. Une telle rencontre doit être pure de tout penchant égoïste. C’est en permanence – et c’est difficile, certes –, que nous devons garder notre attention vigilante à autrui, même alors qu’il achève sa vie sous nos yeux, et porter notre élan vers ce qui seul compte ici-bas : trouver Dieu dans notre prochain.