Dans le second cas, je suis mûr pour une action, je ne sais encore bien laquelle, ne serait-ce d’abord que de montrer cette joie par un sourire en réponse. Là est l’élan vers la beauté dont F. Cheng a tant parlé, la grâce généreuse qui pousse à donner, à se donner. À ce premier sourire, l’être ému de cette bonté répond par la recherche du bien d’autrui. Un accord se noue dans une clarté éclatante, dans une joie fulgurante et nous fait mieux découvrir l’autre, ce qu’il veut sourdement, ce vers quoi avec moi il peut tendre, même s’il ne fait, lui aussi, que le pressentir.
Dans la rencontre, avons-nous dit, la beauté peut être saisie par tel être et non par tel autre. Certains ne verront pas grand-chose alors que la vie d’un autre en sera transformée. Et la beauté physique n’y est peut-être pour rien répétons-le, en pensant à ce vieux mythe irlandais de Lugaid, fils de Dairé. Une sorcière hideuse et repoussante s’offre à sa vue et appelle son amour. Soudainement, Lugaid a vu en elle autre chose que ses frères qui fuient en assistant à cette apparition. Quand Lugaid se jette sur la pitoyable couche de la vieille, celle-ci lui apporte la souveraineté sur l’Irlande et se mue en une reine ravissante (c’est, si l’on veut, un peu le thème inversé de La Belle et la Bête).
Auto-édit :
Toujours sur les terres celtiques se raconte la légende du roi Cophetua peinte par Burne-Jones. À genoux devant une mendiante mal vêtue et sans traits remarquables, il la contemple, extasié. Et c’est elle qu’il veut aimer et non une fille de roi, quelle qu’elle soit. Il va en faire sa reine.
Une autre rencontre fulgurante, plus réelle, plus vraie pour les chrétiens, doit être notée. Sur la croix, Jésus vient d’être cloué entre deux larrons. L’un d’eux (Lc 23,40-42) avoue ses forfaits et reconnaît son voisin de supplice comme innocent et ne méritant donc pas son châtiment. Un tel mouvement de cet être déchu vers Dieu est toute beauté et Jésus lui fait aussitôt cette seule promesse qu’il puisse lui faire et qui emplit le mourant de joie : je vais t’accueillir au paradis. Quelques tableaux représentent cette scène infiniment douloureuse, avec ces trois corps tordus dans les souffrances de la plus monstrueuse agonie. Mais entre Jésus et le « bon larron » se déroule en parallèle un échange extrêmement bref, mais étonnant dans sa beauté.
Dans la rencontre, avons-nous dit, la beauté peut être saisie par tel être et non par tel autre. Certains ne verront pas grand-chose alors que la vie d’un autre en sera transformée. Et la beauté physique n’y est peut-être pour rien répétons-le, en pensant à ce vieux mythe irlandais de Lugaid, fils de Dairé. Une sorcière hideuse et repoussante s’offre à sa vue et appelle son amour. Soudainement, Lugaid a vu en elle autre chose que ses frères qui fuient en assistant à cette apparition. Quand Lugaid se jette sur la pitoyable couche de la vieille, celle-ci lui apporte la souveraineté sur l’Irlande et se mue en une reine ravissante (c’est, si l’on veut, un peu le thème inversé de La Belle et la Bête).
Auto-édit :
Toujours sur les terres celtiques se raconte la légende du roi Cophetua peinte par Burne-Jones. À genoux devant une mendiante mal vêtue et sans traits remarquables, il la contemple, extasié. Et c’est elle qu’il veut aimer et non une fille de roi, quelle qu’elle soit. Il va en faire sa reine.
Une autre rencontre fulgurante, plus réelle, plus vraie pour les chrétiens, doit être notée. Sur la croix, Jésus vient d’être cloué entre deux larrons. L’un d’eux (Lc 23,40-42) avoue ses forfaits et reconnaît son voisin de supplice comme innocent et ne méritant donc pas son châtiment. Un tel mouvement de cet être déchu vers Dieu est toute beauté et Jésus lui fait aussitôt cette seule promesse qu’il puisse lui faire et qui emplit le mourant de joie : je vais t’accueillir au paradis. Quelques tableaux représentent cette scène infiniment douloureuse, avec ces trois corps tordus dans les souffrances de la plus monstrueuse agonie. Mais entre Jésus et le « bon larron » se déroule en parallèle un échange extrêmement bref, mais étonnant dans sa beauté.