Retour au sujet

Avatar de Pucelle Pucelle
La beauté possède deux faces, positive ou dangereuse. Comme bien des qualités humaines, elle peut exister tant pour le meilleur que pour le pire. Et le départ entre ces aspects antagonistes se fait selon la place qu’y prennent l’égoïsme ou l’amour. D’un côté, le désir de prendre pour soi sans donner, la propension à voir le « diable » comme un motif de plaisir et de possession personnelle, comme une aide à réaliser les désirs les plus fous (pensons à Faust). D’un autre côté, la générosité et l’amour cherchant avant tout l’intérêt de l’autre qui s’est manifesté à nous dans l’éclat de sa beauté.

Contempler la beauté, la rechercher comme un sacerdoce, comme voudrait le suggérer tel penseur contemporain (Dominique Ponnau, ancien directeur de l’École du Louvre), sans prendre garde à quelques redoutables dangers ? En face d’elle, un dépassement réfléchi de soi s’impose pour que l’individu grandisse dans le vrai « culte de l’amour » qui pousse vers la lumière, vers cette éternité dans laquelle il aspire inconsciemment à se plonger.

Auto-édit :
La grandeur de l’homme est donc d’être capable de trouver dans la beauté ce qui doit le conduire vers les sommets de la rencontre et de l’échange. Il est alors attiré, non pas vers les satisfactions égoïstes, mais vers une commune élévation des deux partenaires. Le critère discriminant quant à la qualité de la beauté, c’est cet échange qui se noue, ce don et ce contre-don d’où naît cette joie surnaturelle (« éclair dans la nuit ») dont les mystiques savent parler et qui les rapprochent de Dieu en provoquant leur renaissance.

Là se découvre la Grâce. Dans cet échange, l’Esprit de Dieu est présent, actif à nos côtés et l’éternité y affleure.
#1789981