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Avatar de Pucelle Pucelle
Fugitive beauté, ultime beauté d’un homme qui va mourir et qui le sait. La prière finale de Jésus baigne ici dans une intense lumière : non pas seulement tristesse de tout quitter, mais joie parfaite que Jésus veut infuser à ses disciples. Il y a réussi, au moins indirectement sans aucun doute, puisque nous sommes en ce monde les chrétiens que nous disons être, en conséquence lointaine des derniers instants de celui qui va être condamné à mort et des premiers pas faits par les disciples illuminés par la résurrection.

Échange capital où gestes, regards, sourires, sont ce qui compte autant que la parole même. Scène de grâce, d’élan vers la vie éternelle, d’une surnaturelle beauté où est renfermé tout ce qui est advenu par la suite sur terre. Rencontre en apparence brève qui eût pu être fugitive, qui baigne en fait dans la lumière et en qui est enclose l’éternité du Royaume.

Auto-édit :
2. La beauté du diable
Si la beauté attire l’attention, captive le regard, émeut son spectateur, ne faut-il pas cependant se méfier des sentiments troubles qu’elle peut faire naître ? La beauté fugitive qui nous subjugue pourrait-elle être mensonge, tromperie ? Et l’homme n’est-il pas tenté d’aimer ce mensonge, de céder à cette tromperie ? Ainsi Baudelaire encore :

Masque ou décor, salut ! J’adore ta beauté.

Comme le poète le dit ailleurs, peut-être s’agit-il d’un aperçu fugace ouvrant vers des valeurs inconnues, infinies et intensément désirées, quoique négatives :

Que tu viennes du ciel ou de l’enfer, qu’importe
Ô beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !
Si ton œil, ton souris, ton pied m’ouvrent la porte
D’un infini que j’aime et n’ai jamais connu ?
#1789953