Retour au sujet

Avatar de Pucelle Pucelle
Ni le regard de l’un ni le regard de l’autre ne sont le véritable « fait » de beauté. Celle-ci se trouve dans ce qui naît entre les deux au cours de cette scène, ou entre Dieu et nous dans la prière ou dans les moments liturgiques. Elle est dans « l’entre-deux », nous dirait la philosophie chinoise : entre-deux, ouverture pressentie, rapprochement, accord mutuel, même dans une sorte de non-dit. Et l’accord est même plus profond quand l’être est perçu comme frustré, voire douloureux et que la sympathie surgit pour un partage.

On le sait sans doute, le sonnet de Baudelaire s’achève sur cette affirmation, sur cette étonnante certitude :

Ô toi que j’eusse aimé, ô toi qui le savais.

Auparavant, avec un accent quelque peu romantique, le poète semble regretter cette rencontre fugace :

Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?

Et si le souvenir, dans sa persistance, constituait cette grâce éternelle à laquelle le poète aspire ?

Un souvenir heureux est peut-être sur terre
Plus vrai que le bonheur… (A. de Musset).