j’avais proposé à trois journalistes algériens, de passage à Montpellier, de m’accompagner. Ils connaissent peu la France, ils ignoraient tout de Montpellier, et lorsque nous nous retrouvons dans ce café du boulevard de Barcelone, rempli uniquement de Franco-marocains, je les sens un peu inquiets. « Dis-moi, Pierre, on n’est plus vraiment en France, là ? Quand Macron parle de séparatisme, tu ne penses pas qu’il a un peu raison ? Pourquoi ces gens ne font pas un peu l’effort de s’intégrer ? »
Je leur explique le mécanisme de relégation sociale et géographique vécu par ces familles depuis un demi-siècle, l’extrême difficulté de trouver un appartement à louer place de la Comédie quand on porte un patronyme maghrébin (sans parler du prix du loyer), et finalement la perversité de l’invention macroniste de « séparatisme », qui vise à accuser les victimes d’être elles-mêmes à l’origine de leur relégation. J’ajoute : « En France, en 2022, l’organisation des villes ressemble à celle de l’Algérie coloniale : les Français habitent au centre dans de beaux immeubles, et les ex-colonisés vivent dans des quartiers périphériques, à l’habitat délabré. »
Je leur explique le mécanisme de relégation sociale et géographique vécu par ces familles depuis un demi-siècle, l’extrême difficulté de trouver un appartement à louer place de la Comédie quand on porte un patronyme maghrébin (sans parler du prix du loyer), et finalement la perversité de l’invention macroniste de « séparatisme », qui vise à accuser les victimes d’être elles-mêmes à l’origine de leur relégation. J’ajoute : « En France, en 2022, l’organisation des villes ressemble à celle de l’Algérie coloniale : les Français habitent au centre dans de beaux immeubles, et les ex-colonisés vivent dans des quartiers périphériques, à l’habitat délabré. »