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Avatar de Charles-Maurras Charles-Maurras
Citation de Kristaline

Bonne chance.

Ce que tu dis sur le romantisme n'est pas tout à fait exact.

Oui, il s'oppose à un ordre moral en vigueur à ce moment, mais il n'est pas à mettre dos à dos au catholicisme, puisque ce sont précisément les passions humaines, notamment pour les jésuites, qui sont fondatrice de notre humanité et de notre âme selon la doctrine de l'Eglise, en cela qu'elles peuvent susciter les pires affronts comme les plus belles oeuvres.

Son aspect révolutionnaire est plus pertinent quand on l'oppose au puritanisme protestant ou au Jensénisme je pense...

Sur le côté explosif, exhubérant, que tu renvoies dos à dos à une vision de raison, d'un amour qui se construirait avec le temps, je pense qu'il faut recentrer sur l'idée de quête. C'est la quête de la passion qui est louable, et que le romantisme peut célébrer, pas la passion seule.

Le pur rationnalisme des rapports sociaux de l'époque appelait une alternative. Comment légitimer la poursuite du bonheur d'un point de vue philosophique, sans être Epicurien, voire Hédoniste ? C'est là que le romantisme a joué un rôle, y compris chez de fervents catholiques (Barbey d'Aurevilly est un excellent exemple).

La situation appelait des changements, et elle était logiquement amenée à évoluer. Je suis partisan d'une tradition qui sait prendre à bras le corps les tourments de l'âme humaine, et ne lui oppose pas pour toute réponse, des fins de non-recevoir.

Comme tout courant, le romantisme est à nuancer, et à prendre avec des pincettes, puisqu'effectivement, la finalité de la poursuite des passions peut très bien être de s'y noyer. Ce qui ne signifie pas qu'elles ne doivent pas être poursuivies. J'ignore si le concept existe déjà, mais j'ai l'impression qu'il y a déjà à l'époque, une idée de "romantisme raisonné" chez les catholiques, qu'on trouve notamment dans les écrits d'Alphonse Daudet.

La liberté de faits que tu mentionnes, pose une nuance capitale. Le problème, c'est pas la possibilité matérielle d'aller baiser des putes, c'est l'absence d'autorité morale posant un discours cadrant, y compris sur les moeurs. Jugement, pression sociale etc, tu passes dessus et je suis d'accord.

Sur le reste, tu fais pas mal de digressions, mais on est globalement d'accord.

Pour te répondre quant à mes positions deux choses :

-C'est précisément la vision très matérielle qu'a Maurras de la politique et de la marche du monde, celle d'un non-chrétien qui ne voit que l'organisation des rapports sociaux que je trouve limitée. Rappelons que Maurras est perclus de contradictions à ce sujet, puisqu'il fait sans arrêt des procès en romantisme à ses adversaires et contemporains, tout en faisant des déclarations enflamées dignes d'un romantique lorsqu'il parle du pays réel.


-Je ne suis pas sans ignorer les nombreuses raideurs et contradictions inhérentes au modèle social de l'époque, et je choisis délibérément de dérouler ici un discours romantique, idéalisé, celui d'un rétheur qui vante les mérites d'une société antérieure et sa supériorité sur la nôtre.