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Avatar de Apyrexie Apyrexie
Le temps passe trop vite pour que les regrets puissent venir saisir notre esprit, alors il nous faut vivre. Ce, autant que possible. Ce n’est pas un choix mais simplement un constat.

Car ton nom nous guette et peut s’abattre sur nous à toute heure. Surpuissante entité, tu dors sur notre corps couché et tout ensommeillé, quand nous arrêtons d’être conscients. Et quand nous vivons, tu t'imposes dans les endroits les plus secrets de notre esprit jusqu’à enfin, venir nous saisir tout entier.

Toi, la mort. Je susurre ton nom avec effroi et pourtant avec respect.

Je t’imagine comme une décharge fulgurante qui fait tout exploser autour d’elle et qui décompose chaque atome de notre chair. J’anticipe les éclairs de pleine conscience qui traverseront l’ensemble de mon être une dernière fois. Je pressens mon corps s’agiter et revivre ses pires et meilleurs moments avant qu’une vague de plaisir n’émerge, précédant un grand calme qui prendra le dessus sur tout le reste.

Après cela, que se passera-t-il ? Un grand vide succédant au néant, qui se traduira par l’extinction de la moindre de nos possibilités ?

Ou peut-être pourrions-nous accéder à autre chose. Rêvons un peu… Imaginons un tourbillon qui s’emparerait de notre âme et qui l'élèverait haut dans le ciel, libérée des chaînes de notre enveloppe et voguant sur les souffles aériens.

De nouvelles couleurs nous apparaîtraient, de nouveaux sentiments et sensations s’imposeraient à nous. Et nous saurions pourquoi nous aurions vécu. Nous sentirions la peine de nos proches et l’Amour universel se déverser en nous.

Tout prendrait un sens et nous verrions la main de Dieu partout dans l’Univers. Nous serions proches de lui, comprenant ce qui ne peut l’être que dans la mort. Peut-être nous ramènerait-il contre lui, comme une mère s’appropriant son nourrisson et aurons-nous alors la chance de sentir sa chaleur transcender tous nos sens.

Ainsi, la douleur qui aura peuplé toute notre vie nous apparaîtra comme insignifiante. Puis, le poids de nos erreurs mais aussi la grandeur de nos bonnes actions nous seraient communiqués… Avant que, nous privant d’être en son sein, Dieu ne sépare ce lien direct avec nous. Qu'il aurait cependant laissé être quelques fractions de secondes - et quelles glorieuses secondes -.

Enfin, nous saurions qu'un nouveau cycle commencerait pour nous, que quelque chose d'autre nous attendrait afin que nous devenions dignes d'être intégrés à Dieu, au moins un peu plus longtemps. Alors, il nous ramènerait sur Terre en nous accordant à nouveau l'opportunité de faire le mal autour de nous mais surtout le Beau et le Bien.