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Israël: un accord sur le nucléaire iranien serait "imminent" (Naftali Bennett)

20 février 2022
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Le Premier ministre israélien Naftali Bennett
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Israël se prépare "au jour de l’après (accord) à tous les niveaux"

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett a affirmé dimanche qu'un accord sur le dossier nucléaire iranien serait "imminent" mettant toutefois en garde contre sa "fragilité" par rapport à l'accord de 2015.

"Un nouvel accord serait imminent (...) Il serait plus fragile que le précédent", a déclaré M. Bennett avant la réunion hebdomadaire du gouvernement à Jérusalem.

Israël se prépare "au jour de l’après (accord) à tous les niveaux", a-t-il ajouté.

Israël, considéré par les experts comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient, accuse l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que ce pays dément.

Jeudi, les États-Unis ont fait état de "progrès substantiels" lors des négociations de Vienne visant à sauver l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien, jugeant une entente possible "dans les prochains jours".

L'accord de 2015 conclu entre l'Iran et les puissances occidentales ainsi que la Russie et la Chine, avait permis la levée de sanctions économiques internationales contre l'Iran en échange de strictes limites à son programme nucléaire censées l'empêcher de se doter de la bombe atomique.

Le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz a averti dimanche que même si un accord sur le nucléaire était conclu, l'Iran doit être empêché d'atteindre le seuil nucléaire.

"Un accord nucléaire, s'il est signé avec l'Iran, ne marque pas la fin de l'histoire", a-t-il déclaré.

"Des mesures doivent être prises pour s'assurer que l'Iran ne continue pas à s'enrichir dans des installations supplémentaires, et la surveillance doit être renforcée. Il est essentiel que l'AIEA continue d'enquêter et de surveiller. Nous devons nous assurer que les centrifugeuses avancées ne se retrouvent pas dans d'autres installations," a affirmé Benny Gantz.

"Il est essentiel que la clause d'extinction ne soit pas interprétée comme une date d'expiration permettant à l'Iran de revoir ses ambitions nucléaires. Toutes les mesures doivent être prises pour s'assurer que l'Iran ne devienne jamais un État nucléaire. Le monde ne doit jamais l'accepter et Israël ne l'acceptera jamais," a-t-il conclu.

Samy Cohen : « Sur Israël, la comparaison d’Amnesty international avec l’Afrique du Sud est inappropriée »
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Dans une tribune au « Monde », le politiste analyse le rapport de l’ONG sur l’Etat hébreu. Il y relève des approximations – dont celle rapprochant la situation en Cisjordanie avec l’apartheid en Afrique du Sud – qui en affaiblissent la portée, notamment sur le problème de l’occupation.Publié

Tribune. Publié le 1er février, le rapport d’Amnesty International intitulé « L’apartheid d’Israël contre la population palestinienne : un système cruel de domination et un crime contre l’humanité » s’ajoute aux réquisitoires de Human Right Watch et de l’ONG israélienne B’Tselem. À ceci près qu’Amnesty va beaucoup plus loin en s’attaquant au fondement même de l’Etat. Comme on pouvait s’y attendre, il fut fraîchement accueilli par les autorités israéliennes qui, à leur habitude, ont esquivé la question de l’occupation pour accuser l’ONG d’être une organisation « radicale », voulant « délégitimer » Israël.

Le principal reproche qu’on peut faire à Amnesty est d’avoir affaibli la portée de son rapport en faisant plusieurs approximations. La première tient à la définition de l’apartheid. L’ONG prend comme référence la convention internationale adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies, en novembre 1973, pour l’élimination et la répression du crime d’apartheid. Celui-ci renvoie à des « actes inhumains (…) commis en vue d’instituer ou d’entretenir la domination d’un groupe racial d’êtres humains sur n’importe quel autre groupe racial d’êtres humains et d’opprimer systématiquement celui-ci ».

Parmi ces actes, sont mentionnés les atteintes à la dignité, les arrestations arbitraires, les restrictions des libertés et des droits humains fondamentaux, les expropriations de biens. Mais il y a une seconde acception du mot « apartheid » que l’ONG passe sous silence et qui renvoie à la politique ségrégationniste mise en œuvre par le régime raciste d’Afrique du Sud pour asseoir la suprématie blanche sur les populations non-blanches (apartheid veut dire « séparation » en afrikaans).

La convention de 1973 s’applique de toute évidence à la situation en Cisjordanie. Un système ségrégationniste y a été mis en place, avec des structures juridiques et administratives séparées pour les colons et les Palestiniens. Les premiers sont jugés devant des tribunaux israéliens, conformément au droit pénal israélien, les seconds devant des tribunaux militaires qui prononcent des peines beaucoup plus sévères.

Les Palestiniens ne jouissent pas de droits politiques et leurs droits civiques sont limités. Les arrestations arbitraires et les expropriations de biens sont monnaie courante. La réplique des autorités israéliennes au rapport évacue plus de cinquante années de domination sans partage et de colonisation débridée, et escamote l’annexion de Jérusalem-Est, où les habitants palestiniens, poussés à quitter la ville par des associations juives, ne disposent pas de droits égaux à ceux des habitants juifs.

Le FBI a acheté le logiciel espion Pegasus en 2019
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Le « New York Times » révèle que la police fédérale américaine avait signé un premier contrat avec NSO Group, abandonné après les révélations du « Projet Pegasus ».

28 janvier 2022

La police fédérale américaine a fait en 2019 l’acquisition d’une version du puissant logiciel espion Pegasus, révèle le New York Times vendredi 28 janvier. Selon le quotidien américain, une infrastructure technique permettant d’utiliser le logiciel pour espionner les téléphones américains a été installée dans un bâtiment du FBI, dans le New Jersey.

Pegasus permet de prendre le contrôle total d’un téléphone, à distance et à l’insu de son utilisateur. Conçu et vendu par la société israélienne NSO Group, le logiciel est utilisé par plusieurs dizaines de services de sécurité ou de police dans le monde, officiellement uniquement pour lutter contre le terrorisme ou le crime organisé. À l’été 2021, Le Monde et les médias partenaires du « Projet Pegasus », coordonnés par Forbidden Stories, avaient révélé de multiples cas de violation des droits de l’homme commis par le biais de ce logiciel, utilisé dans de nombreux pays autoritaires pour espionner opposants politiques, avocats ou journalistes.

Écouter aussi Pegasus : au cœur d’une enquête mondiale sur l’espionnage de téléphones
Des enquêtes de presse avaient déjà montré que NSO Group avait tenté de vendre son logiciel espion à des forces de police américaine, aux douanes américaines, ou encore à l’United States Secret Service, chargé notamment de la protection du président des Etats-Unis. Officiellement, aucun service de sécurité du pays n’en a fait l’acquisition. Toutefois, selon les informations du New York Times, le FBI a bien acheté une licence de Pegasus mais assure n’avoir réalisé que des « tests » du système, avant d’abandonner le projet après les révélations du « Projet Pegasus ».

En théorie, les téléphones américains ne peuvent pas être ciblés par ce logiciel espion : NSO Group affirme bloquer les tentatives de ciblage lorsqu’un numéro américain est visé. Mais pour ses éventuels clients américains, qui ne seraient pas soumis à cette limitation, l’entreprise a développé une autre version du logiciel, baptisée « Phantom ». C’est cette dernière qui a été acquise par le FBI.

Séries de plaintes et d’enquêtes

En novembre 2021, les États-Unis ont placé NSO Group sur la liste des sociétés jugées dangereuses pour la sécurité nationale. Les firmes américaines n’ont plus le droit de vendre des produits ou des services à l’entreprise israélienne, par ailleurs confrontée à de multiples procédures judiciaires de la part de victimes de surveillance illégale. En Hongrie, par exemple, plusieurs journalistes et militants politiques dont les téléphones ont été infectés par Pegasus ont annoncé avoir déposé une série de plaintes, vendredi 28 janvier.

NSO Group est aussi au cœur d’une double enquête en Israël, après que le quotidien économique Calcalist a révélé que Pegasus avait été utilisé par la police du pays, dans un cadre vraisemblablement illégal ; parmi les victimes présumées figurent plusieurs maires et militants politiques. Le ministère de la justice et le contrôleur général de l’État, chargé de faire respecter les grands principes éthiques au sein de l’appareil public, ont tous les deux lancé des investigations.

À ces procédures pourrait logiquement s’ajouter une commission d’enquête parlementaire aux États-Unis, après les révélations du New York Times.

Les téléphones de diplomates finlandais infectés par Pegasus

Le ministère des affaires étrangères finlandais a annoncé, vendredi 28 janvier, avoir découvert des traces d’infection par le logiciel espion Pegasus dans les téléphones de plusieurs de ses diplomates. Une enquête interne, qui s’est concentrée sur « les téléphones de diplomates finlandais en poste à l’étranger », a permis de découvrir des traces du logiciel espion dans leurs téléphones, écrit le ministère dans un communiqué.

Le ministère ne précise pas combien de diplomates ont été visés, ni à quelle période, et n’émet aucune hypothèse quant aux auteurs de ces piratages, se bornant à expliquer que « les clients de NSO Group [l’éditeur israélien du logiciel] sont exclusivement des États ».

Pegasus : le téléphone d’Arnaud Montebourg lui aussi infecté
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Le téléphone d’Arnaud Montebourg, ancien ministre du quinquennat de François Hollande et éphémère candidat à l’élection présidentielle 2022, a lui aussi fait l’objet de tentatives de piratage, selon les informations recueillies par "Mediapart" et les partenaires du "Projet Pegasus", dont la Cellule investigation de Radio France.

07/02/2022

Le téléphone de l’ex-ministre Arnaud Montebourg a également été infecté par le logiciel espion Pegasus

La liste des personnalités politiques françaises ciblées par le redoutable logiciel espion Pegasus s'allonge. Des analyses techniques réalisées récemment par la police française sur le téléphone de l'ancien ministre du Redressement productif confirment en effet qu'Arnaud Montebourg a lui aussi été infecté en septembre 2019 par le logiciel commercialisé par NSO.

Le client de la société israélienne a notamment utilisé une faille dans le système d'iMessage des téléphones Apple. Ainsi, on trouve la trace de deux comptes e-mail, identiques à ceux qui ont été utilisés pour tenter d'espionner le journaliste marocain Omar Radi, l'avocat français Joseph Breham qui défend des prisonniers sahraouis, la journaliste de Mediapart Lenaïg Bredoux qui avait enquêté sur le chef des services secrets marocains, ou encore un autre ancien ministre français, François de Rugy. Ces « marqueurs » d'attaques ou de tentatives d'attaques seraient liés au Maroc selon nos investigations.

Montebourg « veut connaître les commanditaires »

Quel intérêt le Maroc aurait-il eu à cibler Arnaud Montebourg, à une époque où celui-ci avait quitté la scène politique pour se reconvertir dans les affaires ? Est-ce parce que depuis plusieurs années, il préside le conseil d'administration de France Algérie, une association créée pour renforcer les liens avec le frère ennemi du royaume de Mohammed VI ? L'ancien ministre, contacté par les partenaires du Projet Pegasus, dit ne "pas avoir d'explications à donner à cette surveillance illégale. Et même si j'en avais, je serais bien incapable de les comprendre", ajoute-t-il. L'ex-candidat à l'élection présidentielle a saisi la justice car il veut "connaître les commanditaires de cet espionnage industriel de haute portée technologique."

Par la voix de son avocat français Olivier Baratelli, le Royaume du Maroc, quant à lui, dément une nouvelle fois avoir "acquis, détenu ou utilisé le logiciel commercialisé par la société NSO." Interrogé sur le cas d'une possible surveillance d'Arnaud Montebourg, le groupe NSO répond au consortium formé par Forbidden Stories que l'entreprise "n'est pas au courant des données et des cibles potentielles de ses clients."

Le groupe israélien est en grande difficulté depuis nos révélations. En novembre 2021, les autorités américaines l'ont placé sur liste noire pour avoir vendu des outils de piratage à des pays qui les ont utilisés pour espionner notamment des responsables américains et des journalistes. Mi-janvier 2022, le ministère de la Justice israélien a aussi promis une enquête nationale sur des allégations selon lesquelles le logiciel Pegasus aurait été utilisé pour espionner des citoyens de l'État d'Israël, notamment des opposants à l'ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu.