Colombie: des enregistrements d'Otoniel devant la Commission vérité ont été volés

20/02/2022
EL VAGAMUNDO - RISITAS Y EL JOROBADO 110 670 vues 21 sept. 2020


Le narcotrafiquant Otoniel lors de son arrestation à Bogota le 23 octobre 2021.
Des enregistrements numériques contenant des témoignages du baron de la drogue colombien Otoniel devant la Commission de la vérité ont été volés, a annoncé ce samedi cette instance qui a réclamé de pouvoir poursuivre son travail « sans intimidations ».
Ces enregistrements avaient été réalisés mercredi par un enquêteur de la Commission de la vérité (JEP), instance qui enquête sur les violations des droits humains pendant le conflit armé en Colombie jusqu'à la signature de l'accord de paix de 2016. « Le 18 février 2022, des personnes non identifiées ont pénétré pendant la nuit au domicile de l'enquêteur », a indiqué la Commission dans un communiqué. « Ont été dérobés les enregistreurs numériques utilisés pour l'entretien et un ordinateur ».
Jeudi, la Commission de la vérité avait souligné « la nécessité d'apporter des garanties pour que le compte-rendu » de Dairo Antonio Usuga, alias Otoniel, le plus puissant trafiquant de drogue du pays arrêté fin 2021, « soit reçu dans le respect de la confidentialité ».
Une audition interrompue
Des médias colombiens dénoncent la présence présumée de policiers pendant les interrogatoires et jeudi encore, la police colombienne a interrompu une audition du baron de la drogue, disant soupçonner Otoniel de préparer son évasion.
Dairo Antonio Usuga a demandé à être entendu par la JEP et assure avoir travaillé avec les forces armées colombiennes. Il reconnaît aussi avoir eu connaissance de violations des droits fondamentaux pas les forces armées et avoir financé des groupes paramilitaires. Le baron de la drogue, qui met en cause le général Leonardo Barrero Gordillo, ex-commandante des forces armées, soutient aussi s'être rendu de son plein gré.
Alias 'Otoniel' le pide a la JEP que lo acoja y salpica al general Barrero
Este fue el 'Personaje del Día' de @Melquisedec70 en La Luciérnaga de Caracol Radio pic.twitter.com/FMB7p9MsdY
— La Luciérnaga (@LaLuciernaga) February 19, 2022
Samedi, la Commission de la vérité a réclamé auprès des autorités et de la communauté internationale des conditions pour poursuivre ses enquêtes « sans intimidations ». « La Commission a besoin d'entendre la vérité de M. Usuga sur des faits cruciaux pour comprendre la dynamique du conflit armé et de sa persistance (....). La vérité est un droit des victimes et de la société », a-t-elle déclaré.
Le bureau du Haut-commissariat des Nations unies pour les droits humains en Colombie demande à « l'État colombien de prendre des mesures immédiates et urgentes pour garantir et protéger le travail » de la Commission. La Commission doit pouvoir « mener son travail sans interférences ou intimidations », a exigé Juan Pappier, de l'ONG Human Rights Watch.
Si le recueil du témoignage d'Otoniel patine, c'est qu'il inquiète jusqu'au sommet de l'Etat. Pour l'opposition de gauche, le gouvernement « ne veut pas qu'Otoniel parle ». Le gouvernement qui n'a toujours pas réagi, à cette heure, au vol des enregistreurs.

20/02/2022
EL VAGAMUNDO - RISITAS Y EL JOROBADO 110 670 vues 21 sept. 2020


Le narcotrafiquant Otoniel lors de son arrestation à Bogota le 23 octobre 2021.
Des enregistrements numériques contenant des témoignages du baron de la drogue colombien Otoniel devant la Commission de la vérité ont été volés, a annoncé ce samedi cette instance qui a réclamé de pouvoir poursuivre son travail « sans intimidations ».
Ces enregistrements avaient été réalisés mercredi par un enquêteur de la Commission de la vérité (JEP), instance qui enquête sur les violations des droits humains pendant le conflit armé en Colombie jusqu'à la signature de l'accord de paix de 2016. « Le 18 février 2022, des personnes non identifiées ont pénétré pendant la nuit au domicile de l'enquêteur », a indiqué la Commission dans un communiqué. « Ont été dérobés les enregistreurs numériques utilisés pour l'entretien et un ordinateur ».
Jeudi, la Commission de la vérité avait souligné « la nécessité d'apporter des garanties pour que le compte-rendu » de Dairo Antonio Usuga, alias Otoniel, le plus puissant trafiquant de drogue du pays arrêté fin 2021, « soit reçu dans le respect de la confidentialité ».
Une audition interrompue
Des médias colombiens dénoncent la présence présumée de policiers pendant les interrogatoires et jeudi encore, la police colombienne a interrompu une audition du baron de la drogue, disant soupçonner Otoniel de préparer son évasion.
Dairo Antonio Usuga a demandé à être entendu par la JEP et assure avoir travaillé avec les forces armées colombiennes. Il reconnaît aussi avoir eu connaissance de violations des droits fondamentaux pas les forces armées et avoir financé des groupes paramilitaires. Le baron de la drogue, qui met en cause le général Leonardo Barrero Gordillo, ex-commandante des forces armées, soutient aussi s'être rendu de son plein gré.
Alias 'Otoniel' le pide a la JEP que lo acoja y salpica al general Barrero
Este fue el 'Personaje del Día' de @Melquisedec70 en La Luciérnaga de Caracol Radio pic.twitter.com/FMB7p9MsdY
— La Luciérnaga (@LaLuciernaga) February 19, 2022
Samedi, la Commission de la vérité a réclamé auprès des autorités et de la communauté internationale des conditions pour poursuivre ses enquêtes « sans intimidations ». « La Commission a besoin d'entendre la vérité de M. Usuga sur des faits cruciaux pour comprendre la dynamique du conflit armé et de sa persistance (....). La vérité est un droit des victimes et de la société », a-t-elle déclaré.
Le bureau du Haut-commissariat des Nations unies pour les droits humains en Colombie demande à « l'État colombien de prendre des mesures immédiates et urgentes pour garantir et protéger le travail » de la Commission. La Commission doit pouvoir « mener son travail sans interférences ou intimidations », a exigé Juan Pappier, de l'ONG Human Rights Watch.
Si le recueil du témoignage d'Otoniel patine, c'est qu'il inquiète jusqu'au sommet de l'Etat. Pour l'opposition de gauche, le gouvernement « ne veut pas qu'Otoniel parle ». Le gouvernement qui n'a toujours pas réagi, à cette heure, au vol des enregistreurs.