Le temps détruit tout, tandis qu'il happe entre ses crocs pourfendeurs: jeunesse, innocence et insouciance.
Rien ne lui résiste et tout se brise, gît quelque part dans sa lugubre gueule des promesses et des je t'aime trop purs pour subsister au temps qui passe.
Qui sommes-nous et où allons-nous ? L'angoisse pesante de nos existences se fait sentir entre ses mains.
Parfois, nous croyons pourtant pouvoir résister et vivre des instants loin de sa terrible emprise sur notre psyché. Mais tel une aimante amante - hélas ! - il revient sans cesse se jeter dans nos bras.
Faibles dans notre âme et dans notre chair, nous l'accueillons à bras ouverts et faisons le bilan de notre vie.
Il est bien facile de dire que nous n'avons pas à nous soucier de la mort, qui ne nous concernerait pas puisque nous sommes vivants. Mais comment l'oublier ou ne pas secrètement la désirer tandis que nous voyons le monde être si cruellement dénué de sens ? Le sens du mot sens, a-t-il vraiment un sens dans ce monde ?
Chaque jour, des hommes meurent car ils ont choisi d'accomplir une action les amenant à leur mort.
L'origine du mal n'est pas contenue par la pomme mais par le verbe, qui réussit à convaincre d'accomplir les pires méfaits et vole la vertu des autres hommes. La corruption et l'incitation au mal prolifèrent dans les mots de ceux qui aiment se faire appeler ami, frère ou père.
Et nous réalisons des choix, des actions, qui nous mènent d'abord à notre ruine. Puis, à réaliser à quel degré la mort appuie lourdement ses serres sur notre âme et cœur. Étouffante, elle cherche à annihiler notre volonté.
Que pèsent en effet nos rêves et espoirs dans la balance de l'humanité ? Qu'est une simple vie humaine - quand bien même grandiose - dans l'histoire de l'univers ? Il y aura toujours ce manque, cette effroyable peur même, de ne jamais accomplir assez. Ne pas parvenir à réaliser suffisamment avant de rendre l'âme.
Ceux qui sont heureux ne peuvent comprendre ce fardeau. Du moins, pas sans l'avoir connu.
La plupart du temps, nous naissons, vivons et mourrons seuls. Parfois, il y a des personnes qui nous accompagnent mais le plus souvent, elles ne sont pas vraiment là. C'est simplement le manque de choix, la facilité et l'intérêt qui les pousse à être à nos côtés. Peu sont ceux qui se soucient vraiment de ce que nous sommes.
Et si jamais nous avons la chance de les trouver, alors nous sommes en droit de nous inquiéter de leur mort avant la nôtre. La vie reprend souvent ce qu'elle donne d'une autre main.
Tout est éphémère et voué à mourir. Nous ne sommes rien et nous sommes tout à la fois, car nous n'avons que notre corps et notre esprit comme point d'ancrage. Imparfaits et façonnés dans une humble argile chaude et mortelle : ils annoncent la couleur de notre existence. Nous sommes condamnés à vivre, croire et vouloir pour au final expérimenter la peur, la douleur et la mort. Le réel n'est jamais plus tangible que sous les traits de la mort.
Pourtant, chaque seconde de joie compte quand on se souvient que ce sera peut-être nous, demain, dont le corps s'affaissera sur le sol.
Nos buts réalisables sont certes limités, tout comme est épuisable la chaleur de nos mains. Mais c'est justement car nous n'avons jamais assez de temps et d'opportunités pour aimer et créer, qu'il est nécessaire de le faire autant que possible. Car le temps qui passe est la mort sont la double figure du tragique, qui embrasse pleinement la nature des hommes.
Oui. Nous n'aurons jamais assez de temps pour vivre. Et pourtant, nous nous devons de vivre.
Au sein de nos angoisses existentielles se trouvent les filaments argentés de nos doutes, ainsi que l'essence de notre psyché la plus profonde. Si nous parvenons à nous saisir de ce fil et à le dompter, il est possible de l'enrouler autour de notre corps et de former un cocon qui se changera lentement en chrysalide. Pour un jour, en ressortir changé.
Battent battent, haut et loin dans le ciel, les ailes de ceux qui ont su élever leur âme. Ayant su faire du tragique leur aérienne voilure, ils planent avec un sourire heureux et paisible. Tandis que, presque amusée comme une enfant, la mort les observe de loin avec des yeux rieurs.
Rien ne lui résiste et tout se brise, gît quelque part dans sa lugubre gueule des promesses et des je t'aime trop purs pour subsister au temps qui passe.
Qui sommes-nous et où allons-nous ? L'angoisse pesante de nos existences se fait sentir entre ses mains.
Parfois, nous croyons pourtant pouvoir résister et vivre des instants loin de sa terrible emprise sur notre psyché. Mais tel une aimante amante - hélas ! - il revient sans cesse se jeter dans nos bras.
Faibles dans notre âme et dans notre chair, nous l'accueillons à bras ouverts et faisons le bilan de notre vie.
Il est bien facile de dire que nous n'avons pas à nous soucier de la mort, qui ne nous concernerait pas puisque nous sommes vivants. Mais comment l'oublier ou ne pas secrètement la désirer tandis que nous voyons le monde être si cruellement dénué de sens ? Le sens du mot sens, a-t-il vraiment un sens dans ce monde ?
Chaque jour, des hommes meurent car ils ont choisi d'accomplir une action les amenant à leur mort.
L'origine du mal n'est pas contenue par la pomme mais par le verbe, qui réussit à convaincre d'accomplir les pires méfaits et vole la vertu des autres hommes. La corruption et l'incitation au mal prolifèrent dans les mots de ceux qui aiment se faire appeler ami, frère ou père.
Et nous réalisons des choix, des actions, qui nous mènent d'abord à notre ruine. Puis, à réaliser à quel degré la mort appuie lourdement ses serres sur notre âme et cœur. Étouffante, elle cherche à annihiler notre volonté.
Que pèsent en effet nos rêves et espoirs dans la balance de l'humanité ? Qu'est une simple vie humaine - quand bien même grandiose - dans l'histoire de l'univers ? Il y aura toujours ce manque, cette effroyable peur même, de ne jamais accomplir assez. Ne pas parvenir à réaliser suffisamment avant de rendre l'âme.
Ceux qui sont heureux ne peuvent comprendre ce fardeau. Du moins, pas sans l'avoir connu.
La plupart du temps, nous naissons, vivons et mourrons seuls. Parfois, il y a des personnes qui nous accompagnent mais le plus souvent, elles ne sont pas vraiment là. C'est simplement le manque de choix, la facilité et l'intérêt qui les pousse à être à nos côtés. Peu sont ceux qui se soucient vraiment de ce que nous sommes.
Et si jamais nous avons la chance de les trouver, alors nous sommes en droit de nous inquiéter de leur mort avant la nôtre. La vie reprend souvent ce qu'elle donne d'une autre main.
Tout est éphémère et voué à mourir. Nous ne sommes rien et nous sommes tout à la fois, car nous n'avons que notre corps et notre esprit comme point d'ancrage. Imparfaits et façonnés dans une humble argile chaude et mortelle : ils annoncent la couleur de notre existence. Nous sommes condamnés à vivre, croire et vouloir pour au final expérimenter la peur, la douleur et la mort. Le réel n'est jamais plus tangible que sous les traits de la mort.
Pourtant, chaque seconde de joie compte quand on se souvient que ce sera peut-être nous, demain, dont le corps s'affaissera sur le sol.
Nos buts réalisables sont certes limités, tout comme est épuisable la chaleur de nos mains. Mais c'est justement car nous n'avons jamais assez de temps et d'opportunités pour aimer et créer, qu'il est nécessaire de le faire autant que possible. Car le temps qui passe est la mort sont la double figure du tragique, qui embrasse pleinement la nature des hommes.
Oui. Nous n'aurons jamais assez de temps pour vivre. Et pourtant, nous nous devons de vivre.
Au sein de nos angoisses existentielles se trouvent les filaments argentés de nos doutes, ainsi que l'essence de notre psyché la plus profonde. Si nous parvenons à nous saisir de ce fil et à le dompter, il est possible de l'enrouler autour de notre corps et de former un cocon qui se changera lentement en chrysalide. Pour un jour, en ressortir changé.
Battent battent, haut et loin dans le ciel, les ailes de ceux qui ont su élever leur âme. Ayant su faire du tragique leur aérienne voilure, ils planent avec un sourire heureux et paisible. Tandis que, presque amusée comme une enfant, la mort les observe de loin avec des yeux rieurs.