Chaque matin, le jour se répand dans nos chambres et disperse les ombres de la nuit, amenant avec lui un renouveau ayant ce je-ne-sais quoi de paresseux et de morne avec lui. L'agitation gagne pourtant doucement les logis, où la vie se répand progressivement, comme pour s'opposer à la torpeur qui occupait précédemment les habitations. La vie reprend le dessus et la lumière quoique bien faible en hiver, aide à insuffler un peu d'énergie aux âmes ensommeillées.
Les maisonnées expulsent alors peu à peu leurs occupants, aussi ternes que le paysage. Les inconnus de la rue abordent tous un œil torve, alourdi par des cernes liées à une incontestable fatigue ainsi qu'à la déprime hivernale.
Enfouis sous leurs vêtements, les passants accélèrent leurs pas et ne semblent pas prêter grande attention à ce qui les entoure, trop concentrés sur le fait de se dépêcher. Tandis qu'ils marchent, leur souffle se mélange au ciel matinal, créant un art aussi éphémère que poétique. Réalisent-ils qu'un jour adviendra, où ce seront leurs propres cendres, qui s'élèveront - pour la dernière fois - de leur corps ?
Il me semble que leur regard est trop éteint pour penser à autre chose qu'à un baiser déposé plus tôt ou tout au plus, au repas qu'il les attend ce soir. Leurs talons résonnent sur le béton glacé, les emportant quelque part, ici ou là-bas, ils s'y dirigent en tout cas de bien mauvais cœur. Certains, des écouteurs éternellement vissés sur les oreilles, ne semblent pas même savoir qu'au milieu des pas étrangers, il est possible d'entendre un léger et délicieux chant d'oiseaux.
Les jeunes filles, apprêtées comme si elles allaient à une fête importante ou à un rendez-vous amoureux, semblent malgré tout bien maussades. Les autres hommes, le regard fixe, marchent tels des machines, trop habitués à ignorer ce qu'il y a autour d'eux pour pouvoir changer.
Seuls les enfants semblent prêter de l'attention aux détails, en gardant leurs grands yeux ouverts et une voix s'élevant aussi haut dans le ciel que les lointains gazouillements que l'on peut entendre. Ils portent en eux le soleil de l'été et la promesse d'un avenir fait de sourires, d'éclats de rire et d'insouciance.
Mes yeux songeurs trouvent un écho dans l'éclat de leurs prunelles et souriant légèrement, je réalise chaque jour que je ne suis rien de plus qu'un grand gamin responsable, pouvant à la fois rêver et endosser les exigences que l'on attend de sa personne.
La nuit qui viendra sera pourtant pleinement mienne, m'accueillant à la fois comme un refuge et une muse. Mais le jour, même quand il manque de brillant, me pousse à continuer à penser, espérer et accomplir.
Pour semer un peu de rêveries et de chaleur autour de moi, malgré mon sérieux et le froid hivernal. Malgré les saisons qui passent, qui font et défont, certaines choses peuvent demeurer en nous et garder leur puissance.
L'hiver est la seule saison où l'on peut prendre conscience de l'importance de ce qui nous anime et fait rugir notre sang, palpiter notre cœur et briller nos yeux pour être plus qu'un inconnu sans visage, emporté par le mouvement de la foule. Ce que l'on héberge en nous transparaît vraiment : à savoir si nous faisons nous aussi partie du paysage, ou si nous arrivons à faire triompher notre âme d'enfant, que l'on ne pourra jamais faire rentrer dans un cadre.
Les maisonnées expulsent alors peu à peu leurs occupants, aussi ternes que le paysage. Les inconnus de la rue abordent tous un œil torve, alourdi par des cernes liées à une incontestable fatigue ainsi qu'à la déprime hivernale.
Enfouis sous leurs vêtements, les passants accélèrent leurs pas et ne semblent pas prêter grande attention à ce qui les entoure, trop concentrés sur le fait de se dépêcher. Tandis qu'ils marchent, leur souffle se mélange au ciel matinal, créant un art aussi éphémère que poétique. Réalisent-ils qu'un jour adviendra, où ce seront leurs propres cendres, qui s'élèveront - pour la dernière fois - de leur corps ?
Il me semble que leur regard est trop éteint pour penser à autre chose qu'à un baiser déposé plus tôt ou tout au plus, au repas qu'il les attend ce soir. Leurs talons résonnent sur le béton glacé, les emportant quelque part, ici ou là-bas, ils s'y dirigent en tout cas de bien mauvais cœur. Certains, des écouteurs éternellement vissés sur les oreilles, ne semblent pas même savoir qu'au milieu des pas étrangers, il est possible d'entendre un léger et délicieux chant d'oiseaux.
Les jeunes filles, apprêtées comme si elles allaient à une fête importante ou à un rendez-vous amoureux, semblent malgré tout bien maussades. Les autres hommes, le regard fixe, marchent tels des machines, trop habitués à ignorer ce qu'il y a autour d'eux pour pouvoir changer.
Seuls les enfants semblent prêter de l'attention aux détails, en gardant leurs grands yeux ouverts et une voix s'élevant aussi haut dans le ciel que les lointains gazouillements que l'on peut entendre. Ils portent en eux le soleil de l'été et la promesse d'un avenir fait de sourires, d'éclats de rire et d'insouciance.
Mes yeux songeurs trouvent un écho dans l'éclat de leurs prunelles et souriant légèrement, je réalise chaque jour que je ne suis rien de plus qu'un grand gamin responsable, pouvant à la fois rêver et endosser les exigences que l'on attend de sa personne.
La nuit qui viendra sera pourtant pleinement mienne, m'accueillant à la fois comme un refuge et une muse. Mais le jour, même quand il manque de brillant, me pousse à continuer à penser, espérer et accomplir.
Pour semer un peu de rêveries et de chaleur autour de moi, malgré mon sérieux et le froid hivernal. Malgré les saisons qui passent, qui font et défont, certaines choses peuvent demeurer en nous et garder leur puissance.
L'hiver est la seule saison où l'on peut prendre conscience de l'importance de ce qui nous anime et fait rugir notre sang, palpiter notre cœur et briller nos yeux pour être plus qu'un inconnu sans visage, emporté par le mouvement de la foule. Ce que l'on héberge en nous transparaît vraiment : à savoir si nous faisons nous aussi partie du paysage, ou si nous arrivons à faire triompher notre âme d'enfant, que l'on ne pourra jamais faire rentrer dans un cadre.