Équateur : au moins 68 morts lors d’une émeute en prison.

Le centre de détention de Guayaquil est, depuis plusieurs mois, le théâtre de violents affrontements entre gangs liés au trafic de drogue.


14/11/2021
Alborghetti - EU SOU LOUCOOOOOOOOOOOOOO ?
7 190 765 vues 17 nov. 2006 214 000 likes

Une ambulance évacue des blessés de la prison de Guayaquil (Equateur), le 13 novembre 2021.
C’est une nouvelle tragédie qui frappe la prison équatorienne de Guayaquil. Des affrontements d’une extrême violence entre gangs de détenus se sont déroulés, vendredi 12 et samedi 13 novembre, dans ce pénitencier du sud-ouest du pays, où au moins 68 prisonniers ont été tués en vingt-quatre heures et 25 autres blessés.
Corps mutilés et brûlés, scènes d’une grande « sauvagerie », « barbarie »… A coups d’armes blanches, d’armes à feu et d’explosifs, l’émeute a débuté vendredi soir dans le bloc 2 de ce vaste centre pénitentiaire, le plus grand du pays.
Samedi soir, alors que la police avait pourtant assuré avoir pénétré le matin même dans ce bloc 2, le porte-parole de la présidence Carlos Jijon avait reconnu que « de nouveaux incidents se produisaient à l’intérieur du pénitencier », avec « des attaques d’un quartier à l’autre », avant de déclarer finalement la situation « sous contrôle ». Près de 900 policiers ont été déployés pour faire face aux incidents, dont 500 à l’intérieur même du complexe pénitentiaire.
Selon le gouverneur de la province de Guayas (dont Guayaquil est la capitale), Pablo Arosemena, « les échanges de tirs étaient très intenses, très près des portes d’entrée du pénitencier, avec des détonations ». Les assaillants ont « essayé d’assiéger, de coincer » les détenus du bloc 2. Le chef de ce bloc, connu comme le leader des « Tiguerones », a été libéré mercredi après avoir purgé 60 % de sa peine. « Ce bloc cellulaire [avec quelque 700 prisonniers] étant désormais sans chef, d’autres blocs, avec d’autres gangs, ont essayé de les briser, d’entrer et d’y perpétrer un massacre total », a expliqué le gouverneur, dénonçant la « sauvagerie » des assaillants, qui ont fait usage d’explosifs pour percer les murs. Du bloc 2, les violences se sont rapidement étendues à d’autres blocs de cellules, où les gangs criminels (« Tiguerones », « Lobos » et autres « Latin King ») liés au narcotrafic.
L’immense prison située en périphérie de Guayaquil abrite 8 500 détenus, la surpopulation y atteint 60 %. Le 28 septembre, 119 personnes sont mortes dans des circonstances identiques, lors du plus grand massacre de l’histoire carcérale de l’Equateur et l’un des pires en Amérique latine. Certains détenus avaient été démembrés, décapités, ou brûlés.
La violence n’a pas cessé depuis septembre dans la prison, malgré les multiples annonces du gouvernement. Quinze détenus ont été tués depuis fin septembre, et plusieurs incidents avaient été signalés cette semaine. Avec les derniers massacres, les émeutes dans les prisons équatoriennes ont fait plus de 308 morts depuis le début de l’année.
El primer derecho que debemos garantizar es el derecho a la vida y la libertad ciudadana, lo cual no es posible si… https://t.co/L7co3cTLjU
— LassoGuillermo (@Guillermo Lasso)
Les soixante-cinq prisons équatoriennes peuvent accueillir 30 000 personnes mais sont occupées par 39 000 détenus, soit une surpopulation de 30 %. Des armes de toutes sortes, de la drogue et des téléphones portables y circulent en grand nombre.
Situé entre la Colombie et le Pérou, principaux producteurs mondiaux de cocaïne, et utilisé comme zone de transit pour l’expédition vers les Etats-Unis, l’Equateur est confronté à une hausse de la criminalité liée au trafic de drogue, en particulier à Guayaquil, ville portuaire et centre économique du pays.

Le centre de détention de Guayaquil est, depuis plusieurs mois, le théâtre de violents affrontements entre gangs liés au trafic de drogue.


14/11/2021
Alborghetti - EU SOU LOUCOOOOOOOOOOOOOO ?
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Une ambulance évacue des blessés de la prison de Guayaquil (Equateur), le 13 novembre 2021.
C’est une nouvelle tragédie qui frappe la prison équatorienne de Guayaquil. Des affrontements d’une extrême violence entre gangs de détenus se sont déroulés, vendredi 12 et samedi 13 novembre, dans ce pénitencier du sud-ouest du pays, où au moins 68 prisonniers ont été tués en vingt-quatre heures et 25 autres blessés.
Corps mutilés et brûlés, scènes d’une grande « sauvagerie », « barbarie »… A coups d’armes blanches, d’armes à feu et d’explosifs, l’émeute a débuté vendredi soir dans le bloc 2 de ce vaste centre pénitentiaire, le plus grand du pays.
Samedi soir, alors que la police avait pourtant assuré avoir pénétré le matin même dans ce bloc 2, le porte-parole de la présidence Carlos Jijon avait reconnu que « de nouveaux incidents se produisaient à l’intérieur du pénitencier », avec « des attaques d’un quartier à l’autre », avant de déclarer finalement la situation « sous contrôle ». Près de 900 policiers ont été déployés pour faire face aux incidents, dont 500 à l’intérieur même du complexe pénitentiaire.
Selon le gouverneur de la province de Guayas (dont Guayaquil est la capitale), Pablo Arosemena, « les échanges de tirs étaient très intenses, très près des portes d’entrée du pénitencier, avec des détonations ». Les assaillants ont « essayé d’assiéger, de coincer » les détenus du bloc 2. Le chef de ce bloc, connu comme le leader des « Tiguerones », a été libéré mercredi après avoir purgé 60 % de sa peine. « Ce bloc cellulaire [avec quelque 700 prisonniers] étant désormais sans chef, d’autres blocs, avec d’autres gangs, ont essayé de les briser, d’entrer et d’y perpétrer un massacre total », a expliqué le gouverneur, dénonçant la « sauvagerie » des assaillants, qui ont fait usage d’explosifs pour percer les murs. Du bloc 2, les violences se sont rapidement étendues à d’autres blocs de cellules, où les gangs criminels (« Tiguerones », « Lobos » et autres « Latin King ») liés au narcotrafic.
L’immense prison située en périphérie de Guayaquil abrite 8 500 détenus, la surpopulation y atteint 60 %. Le 28 septembre, 119 personnes sont mortes dans des circonstances identiques, lors du plus grand massacre de l’histoire carcérale de l’Equateur et l’un des pires en Amérique latine. Certains détenus avaient été démembrés, décapités, ou brûlés.
La violence n’a pas cessé depuis septembre dans la prison, malgré les multiples annonces du gouvernement. Quinze détenus ont été tués depuis fin septembre, et plusieurs incidents avaient été signalés cette semaine. Avec les derniers massacres, les émeutes dans les prisons équatoriennes ont fait plus de 308 morts depuis le début de l’année.
El primer derecho que debemos garantizar es el derecho a la vida y la libertad ciudadana, lo cual no es posible si… https://t.co/L7co3cTLjU
— LassoGuillermo (@Guillermo Lasso)
Les soixante-cinq prisons équatoriennes peuvent accueillir 30 000 personnes mais sont occupées par 39 000 détenus, soit une surpopulation de 30 %. Des armes de toutes sortes, de la drogue et des téléphones portables y circulent en grand nombre.
Situé entre la Colombie et le Pérou, principaux producteurs mondiaux de cocaïne, et utilisé comme zone de transit pour l’expédition vers les Etats-Unis, l’Equateur est confronté à une hausse de la criminalité liée au trafic de drogue, en particulier à Guayaquil, ville portuaire et centre économique du pays.