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La fin des années 70. Nos petits-enfants sont devenus lycéens. Une soirée d'été entre jeunes, en campagne, près d'un ruisseau dans une forêt. Ils campent là pour la nuit, accompagnés d'alcools divers et de hauts-parleurs indépendants, alimentés par une batterie nouvelle génération, chargée grâce à de petits panneaux solaires bon-marché dont le taux de conversion avoisine les 90%. Il diffuse de la musique Artificial Electro, un nouveau genre de musique électronique dont la composition est effectuée en direct par une intelligence artificielle analysant les émotions. Ces dernières sont relevées par le Bio-Link, implant cérébral permettant, selon l'entreprise le fabriquant, de libérer la conscience humaine.

Les capteurs s'affolent à mesure qu'ils s'imbibent, et la musique générée est l'image de leur état d'ébriété. Une soirée normale, comme nous aussi en avons connus à l'époque. Ils discutent, de tout et de rien, de leur quotidien, de leurs peurs et angoisses typiques de leur âge. Ils ont peur pour leur futur, alors ils cherchent des réponses dans le passé...

"Vous vous souvenez de la crise des années 20 ?" lança Calia.

Bien sûr qu'ils s'en souviennent, même s'ils ne l'ont pas vécu : leurs cours d'Histoire sont agrémentés d'images qu'ils peuvent bio-charger directement grâce à leur implant. Le gouvernement insiste par ailleurs très fortement sur la nécessité de mémoire de ces évènements chez les jeunes générations.

"Il faut dire qu'ils ont grave déconné. Ils savaient que tout allait partir en couille mais s'en foutaient. Ils savaient également que ce ne seraient pas eux qui payeraient les conséquences de leurs actes, mais nous."

Nassem est remonté. Il fait partie de ces jeunes qui développent un sentiment de défiance à l'égard des anciennes générations, jugées moins responsables et matures qu'eux le seront une fois adultes. Il a un coup dans le nez et continue son discours en prenant de grands airs. Et pourtant, il a raison. On avait totalement déconné.