Citation de Suze-Blero
Lancé en 2014, le projet vise à récompenser les bons comportements et à punir les mauvais via un système de points.
Des points en plus pour l'achat de produits chinois, de bonnes performances au travail ou la publication sur un réseau social d'un article vantant les mérites de l'économie nationale. Des points en moins en cas d'opinions politiques dissidentes, des recherches en ligne suspectes ou des passages piétons traversés à la hâte, alors que le feu est rouge. La Chine travaille depuis 2014 sur un système d'évaluation de ses propres citoyens programmé pour être mis en place en 2020. Lors du Chaos Communication Congress (CCC), l'une des plus importantes conférences de hackers qui se tient cette année à Leipzig, la chercheuse Katika Kühnreich a présenté les résultats de ses recherches sur le sujet.
D'après elle, un tel système fonctionnera en exploitant les mécanismes du jeu, tels que les scores et la comparaison entre amis, pour devenir un insidieux mais très puissant instrument de contrôle social. Il combinera les données de plusieurs outils existants, dont ceux déployés par les géants du Web Alibaba, Tencent et Baidu. Tous trois ont d'ores et déjà lancé des expérimentations sur ce système de «crédits sociaux», qui donne accès à certains services en fonction de l'évaluation du client. 700 millions d'internautes ont accès à leurs services respectifs en Chine. «Le SCS (pour Social Credit System) utilisera de vrais noms, des données de consommateurs, notamment via Alipay, le système de paiement d'Alibaba, ou des applications de rencontres, dont Baihe», précise Katika Kühnreich. Les enregistrements des tribunaux, de la police, des banques, des impôts et des employeurs, seront eux aussi utilisés.
En résultera une note globale, à la manière de l'indice de «désirabilité» attribué par l'application de rencontres Tinder. De cette même note pourra dépendre l'accès des Chinois aux transports publics, à certains services d'État, logements sociaux et formalités de prêts. Katika Kühnreich note que l'accès des plus méritants à certains emplois ainsi que la limitation de l'accès Internet pour les moins performants sont déjà évoqués. Le gouvernement chinois y voit un moyen de mieux contrôler sa population gigantesque en améliorant l'application des règles sur son territoire.
Source stp ?