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Avatar de Shad Shad
Mister Anthraxxx a appris que j'écrivais. Mister Anthraxxx m'a demandé de lui montrer. Mais du coup je le montre à tout le monde.

"Les dérivés" (ce titre est provisoire) est un roman que j'ai commencé en novembre dernier sur les abus que la manipulation génétique peut prendre. J'en suis rendue à 3-4 chapitres.

Il est écrit au passé et à la première personne, et c'est un défi que je me suis posé car je déteste écrire à la première personne (je suis très nulle en grammaire).

Donc voilà le premier chapitre :noel:

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Une nuit d'été. Des étoiles accompagnant une lune à moitié pleine. Une colline où l'herbe longue ondoie sous le vent. La jeune fille qui est assise sur cette colline, la main posée sur l'encolure d'un énorme loup noir. Noir, comme le ciel nocturne. Il regarde la jeune fille avec amour, mais elle ne le regarde pas. Ses grands yeux clairs sont emplis de larmes, tournés vers l'horizon, vers les étoiles. Elles sont si lointaines. Et cette jeune fille.. elle a l'air si mélancolique.. si seule..

- Mademoiselle Garnier !
- Hum ?

Je levai la tête de la feuille où je gribouillais. La prof me fixait d'un air sévère, en pinçant ses lèvres d'un rouge bien trop vulgaire pour une femme de son âge.

- Si la protistologie ne vous intéresse pas plus que ça, je vous invite à partir, me dit-elle en désignant la porte du doigt
- Mais cela m'intéresse Madame Aurégan.
- Ah bon ? Et qu'est-ce que je viens de dire alors ? me demanda-t-elle en haussant les sourcils de défi
- Que les Am??bobiontes sont le taxon-frère des Opisthochontes, car ce sont des unicellulaires avec parfois une phase pluricellulaire. Que l'on constate la présence de cellules amiboïdes (avec pseudopodes), au moins lors d???une phase du cycle biologique, répétais-je d'un ton laconique
- Oh, et bien???
- Et que la présence de cellules amiboïdes n???est pas caractéristique des Am??bobiontes car elles sont également présentes dans les règnes des...
- Très bien, très bien ! m'interrompit-elle en levant les yeux au ciel. Mais évitez de vous distraire de cette façon, poursuivit-elle en posant sa main sur mon dessin, vous gâchez votre potentiel.

J'opinai en me moquant d'elle intérieurement. Potentiel ? Quel potentiel ? Celui d'apprendre bêtement ce que d'autres avant moi ont bêtement appris ? Je repris mon crayon à papier et me repenchai sur mon dessin à la jeune fille mélancolique.
La sonnerie me tira de mes rêveries, et je rangeais mes affaires sous le regard affligé de l'enseignante. La feuille où j'écrivais mon cours était, comme d'habitude, vide mis à part le titre et la date du jour. Un mardi de février, l'année de mes 22 ans. Le cours était un cours de microbiologie, et Madame Aurégan, enseignante à la faculté de Nantes, s'était évertuée pendant trois heures à nous expliquer les particularités des procaryotes, ces petits organismes qui posent tant de soucis aux scientifiques faisant de la classification du vivant. Ce cours m'avait passionné au départ car il remettait en cause ce que j'avais appris au lycée et pendant ma licence de biologie, mais la matière était vite devenue rébarbative, se concentrant surtout sur l'apprentissage de noms d'espèces et de leurs caractéristiques. L'ennui au possible.

- Nat, Nat !

Une petite maghrébine se planta devant moi les mains sur les hanches, en plissant son adorable nez.

- Tu n'oublies pas de venir à la piscine ce soir hein? me demanda-t-elle
- Comment veux-tu que j'oublie, grimaçais-je. Si je le fais, tu me tues.
- Oui ! répondit-elle avec enthousiasme. Mais tu vas voir, ça va être drôle ! Et puis si tu as peur de l'eau, je t'apprendrais à nager !
- C'est cela oui. On se retrouve devant le complexe aquatique ?
- 18h30, ne sois pas en retard ou je te mords !

Elle s'éloigna d'un pas léger en rigolant. Je souris en enfonçant mes écouteurs dans mes oreilles. Missa était la seule personne avec qui j'avais noué un lien dans cette ville. Avec mon caractère antisocial, on pouvait qualifier ça de miraculeux. Les portes de la fac s'ouvrir, déversant un flot d'étudiants pressés de rentrer chez eux. Noyée dans la masse, je me concentrais sur les sons harmonieux d'Adrian Von Ziegler pour ne pas penser à ces contacts autour de moi.
Le froid me saisit quand je m???éloignai de la foule, et j???enfonçai le nez dans mon écharpe de laine. J'avais l'intention de prendre le tram pour rentrer chez moi, mais le troupeau attendant la rame salvatrice me découragea. Tant pis, mes jambes me porteront pendant que je me perdrais dans mes pensées. Je longeais la Loire, passait devant le château des ducs de Bretagne. Nantes était vraiment une ville agréable, et je m'y plaisais bien. J'avais appris à apprécier les moindres moments dans un lieu, avant que mes parents ne décident de déménager de nouveau.
J'arrivais dans le parc à côté de chez moi quand un frisson désagréable me chatouilla la nuque. Levant doucement le nez, je jetai un regard autour de moi. Les mères de famille trainaient leurs enfants, les anciens papotaient sur leurs bancs, quelques courageux faisaient un footing. Tout semblait normal. Alors que je me remettais à marcher, je remarquai une silhouette dans l'ombre des peupliers. Un jeune homme appuyé contre un arbre, le visage caché sous sa capuche, fumait. Sa présence était à la fois inquiétante mais aussi très envoutante. Je me sentis comme aspirée vers lui, telle une biche se dirigeant vers le loup. Je secouai la tête, me disant que je me faisais des idées. Tu regardes trop de films ma pauvre fille. J'eu cependant la nette impression qu'il me fixa et me suivit du regard alors que je sortais du parc. Il a les yeux verts. Quoi !? Une voix dans ma tête avait résonné, comme une certitude. Je me retournai brusquement pour essayer de le revoir, mais il avait disparu.

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