Spécialiste du conflit syrien, Charles Lister, chercheur au Middle East Institute, réfute l’idée que ces deux groupes, engagés dans un combat frontal avec l’EI, aient pu délibérément transférer ces armes à leur ennemi. Il plaide pour la thèse d’une simple capture sur le champ de bataille. « C’est le lot de toutes les guerres », selon lui, qu’une portion de l’assistance fournie par un acteur extérieur soit saisie par un belligérant auquel elle n’était pas destinée. Selon ses propres calculs, seuls 2 % des fameux missiles anti-tanks BGM-71 TOW, fournis par la CIA aux rebelles syriens, qui ont causé beaucoup de dégâts à l’armée syrienne, ont été détournés par d’autres groupes.
Sollicité par Le Monde, Damien Spleeters, l’un des auteurs du rapport, affirme que CAR n’a pas trouvé trace de TOW dans les stocks de l’EI. « Le rapport n’affirme pas qu’il y a collusion entre les rebelles et l’EI tout en n’excluant pas non plus cette hypothèse, dit-il. Il démontre simplement que des armes livrées par des parties extérieures à la région ont fini par tomber dans les mains de leurs ennemis, comme c’est très souvent le cas » dans les situations de guerre civile, avec de multiples intervenants. Le rapport n’élucide pas les circonstances qui ont conduit à ce que les djihadistes prennent possession de ce matériel. « C’est une chose sur laquelle nous espérons pouvoir enquêter à l’avenir », confie M. Spleeters.
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