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Pour en finir une bonne fois pour toute avec les définitions aléatoires qui polluent la fachosphère/dissidence, ce topic servira de référence simple, claire et sourcée.

I Définition de l'infaillibilité

L'infaillibilité n'est pas la préservation du péché mais la préservation d'enseigner une erreur en matière de foi ou de morale. Si une déclaration semble ambigüe, le catholique se doit de toujours la comprendre dans le sens le plus proche de la tradition. Cette démarche s'appelle "l'herméneutique de continuité".

1) La Foi : Une déclaration de foi est une définition concernant ce qu'il faut savoir pour être sauvé.
Exemple : "Jésus est Dieu".

2) La Morale : Une déclaration d'une doctrine valable en tout temps et en tout lieux.
Exemple : "La guerre est un mal".
ATTENTION : Une subtilité qui est rarement comprise est que dire "il faut faire la guerre à un tel" n'est pas une déclaration de morale, puisque s'intéresse à des détails non valable en tout temps et en tout lieux, en l'occurrence ici à la personne à qui il faut faire la guerre. Cela n'entre, par ailleurs, pas forcément en contradiction avec la déclaration "La guerre est un mal" car il est parfois nécessaire de faire la guerre, ne serait-ce que pour se défendre d'une attaque. Un mal n'est, en effet, pas forcément un péché.

II Infaillibilité et magistère

Le magistère désigne l'autorité en matière de foi et de morale de la communauté des évêques unis au Pape et du Pape lui-même. Il en existe 3 formes détaillées ci-dessous.

ATTENTION 1 : Quand on parle d'autorité, elle s'exerce bien évidemment dans le cadre de la fonction (Ex cathedra : depuis la chaire, dans le cadre de sa fonction). Par exemple, ce que dit le pape ou l'évêque à un ami en tant qu'ami, n'est couvert par aucune forme d'infaillibilité. En revanche, si la fonction est exercée, même de manière non publique (lettre privée d'un Pape à un évêque par exemple), l'infaillibilité est engagée.

ATTENTION 2 : Un document (comme une encyclique par exemple), même si il contient des parties infaillibles en matière de foi ou de morale, n'est pas nécessairement infaillible dans sa globalité. Il peut, en effet, contenir des parties donnant un avis sur un évènement précis tel que l'immigration des africains vers l'Europe. Cela dépend de temps et de lieux donc n'est pas infaillible sur cette partie-là.

1) Le magistère extraordinaire (Infaillible) :
- Pour le Pape : déclaration solennelle d'un Pape sur un point de la doctrine (foi ou morale), c'est à dire avec des formules telles que "nous définissons que..." ou "...que celui qui nie cela soit anathème ( = excommunié)" ou encore d'autres phrases de ce type.
- Pour les évêques : texte d'un concile œcuménique signée par le Pape ou simplement accord à distance entre les évêques et le Pape sur un point de la doctrine (foi ou morale).

2) Le magistère ordinaire (Infaillible) :
- Pour le Pape : enseignement ordinaire en matière de foi ou de morale. (sermons, interviews en tant que Pape, encycliques, ...)
- Pour les évêques : enseignement ordinaire dit "universel" en matière de foi ou de morale qui fait la quasi-unanimité. (Le mot "quasi" n'étant pas précisément définit, ont peut dire que c'est le seul flou théologique sur la question de l'infaillibilité. On peut supposé que c'est au moins supérieur ou égal à 50%).

3) Le Magistère authentique (Pas Infaillible, mais demande un regard de respect) : enseignements du pape ou des évêques comme pour le magistère ordinaire mais en prenant en compte tout le discours et non plus seulement les points de foi et de morale purs (sermons, applications de l'évangile dans des cas concrets de la vie).

III Exemples de controverses sur l'infaillibilité et explications :

Pour bien comprendre les explications, il est conseillé de lire tout ce qui est au dessus.

1) Pape Honorius que certains ont qualifié d'hérétique : Honorius aurai selon certains affirmé que le Christ avait non pas deux volontés (divine et humaine) mais une seule, ce qui est une hérésie. Il fut condamné au IIIe concile de Constantinople. En réalité, Honorius n'a pas enseigné que le Christ avait une seule volonté, mais que ses deux volontés voulaient la même chose. Pour prendre une analogie, si vous êtes dans un train en mouvement et que vous marcher vers l'avant du train, votre direction et celle du train sont en quelque sorte "la même" bien que vous ayez votre propre direction et que le train est pourvu de la sienne. C'est dans une logique similaire qu'Honorius a parlé d'une "unique volonté" du Christ. Concernant la condamnation, l'analyse des documents historiques nous apprend qu'elle est dût, non pas à l'hérésie, mais au fait de ne pas l'avoir combattue.
2) Changement de point de vue de l'Eglise sur la peine de mort : La peine de mort peut dans certains cas se justifier mais il est préférable de l'éviter quand les prisons à travers le monde sont suffisamment sûres. C'est ce que pense l'Eglise aujourd'hui mais comme ce n'est pas une doctrine indépendante des temps et des lieux, elle n'est pas couverte par l'infaillibilité.
3) Prétendues déclarations de François sur l'union civil : Certains doutent que la traduction faite par les médias soit exacte mais en admettant qu'elle le soit, elle n'engage pas le magistère pour au moins une raison : elle n'est pas indépendante des temps ou des lieux. En effet, l'union civil est une chose qui est définit par une loi d'un pays, donc qui dépend du temps et du lieu. De plus qu'on soit pour ou contre, cela ne contredirai dans l'absolu aucun des deux dogmes reconnus par le magistère que sont : a) que le mariage religieux est entre un homme et une femme et b) que l'acte homosexuel est intrinsèquement désordonné.
4) Jean XXII que certains ont qualifié d'hérétique : On dit de lui qu'il a soutenu l'idée hérétique que les âmes des justes ne verront Dieu qu'à la résurrection des corps. En réalité, de ses propres dires, il n'a jamais cru à cette thèse et n'a fait que citer des opinions opposés théologiquement sur une question non encore tranchée sans se prononcé en faveur des dites citations. La polémique vient du fait qu'un ordre de moines hérétiques "les fraticelles" ont utilisé le fait qu'il ai citer des thèses hérétiques pour faire comme si c'était ses mots.

IV Sources

(1) Canon 749
« Can. 749 - § 1. Le Pontife Suprême, en vertu de sa charge, jouit de l'infaillibilité dans le magistère lorsque, comme Pasteur et Docteur suprême de tous les fidèles auquel il appartient de confirmer ses frères dans la foi, il proclame par un acte décisif une doctrine à tenir sur la foi ou les mœurs.

§ 2. Le Collège des Évêques jouit lui aussi de l'infaillibilité dans le magistère lorsque les Évêques assemblés en Concile Œcuménique exercent le magistère comme docteurs et juges de la foi et des mœurs, et déclarent pour l'Église tout entière qu'il faut tenir de manière définitive une doctrine qui concerne la foi ou les mœurs ; ou bien encore lorsque les évêques, dispersés à travers le monde, gardant le lien de la communion entre eux et avec le successeur de Pierre, enseignant authentiquement en union avec ce même Pontife Romain ce qui concerne la foi ou les mœurs, s'accordent sur un point de doctrine à tenir de manière définitive. »

(2) Lumen Gentium, paragraphe 25 (Vatican II)
Parmi les charges principales des évêques, la prédication de l’Évangile est la première [75]. Les évêques sont, en effet, les hérauts de la foi, amenant au Christ de nouveaux disciples, et les docteurs authentiques, c’est-à-dire pourvus de l’autorité du Christ, prêchant au peuple qui leur est confié la foi qui doit régler leur pensée et leur conduite, faisant rayonner cette foi sous la lumière de l’Esprit Saint, dégageant du trésor de la Révélation le neuf et l’ancien (cf. Mt 13, 52), faisant fructifier la foi, attentifs à écarter toutes les erreurs qui menacent leur troupeau (cf. 2 Tm 4, 1-4). Les évêques qui enseignent en communion avec le Pontife romain ont droit, de la part de tous, au respect qui convient à des témoins de la vérité divine et catholique ; les fidèles doivent s’attacher à la pensée que leurs évêques expriment, au nom du Christ, en matière de foi et de mœurs, et ils doivent lui donner l’assentiment religieux de leur esprit. Cet assentiment religieux de la volonté et de l’intelligence est dû, à un titre singulier, au Souverain Pontife en son magistère authentique, même lorsqu’il ne parle pas ex cathedra, ce qui implique la reconnaissance respectueuse de son suprême magistère, et l’adhésion sincère à ses affirmations, en conformité à ce qu’il manifeste de sa pensée et de sa volonté et que l’on peut déduire en particulier du caractère des documents, ou de l’insistance à proposer une certaine doctrine, ou de la manière même de s’exprimer.

Quoique les évêques, pris un à un, ne jouissent pas de la prérogative de l’infaillibilité, cependant, lorsque, même dispersés à travers le monde, mais gardant entre eux et avec le successeur de Pierre le lien de la communion, ils s’accordent pour enseigner authentiquement qu’une doctrine concernant la foi et les mœurs s’impose de manière absolue, alors, c’est la doctrine du Christ qu’infailliblement ils expriment [76]. La chose est encore plus manifeste quand, dans le Concile œcuménique qui les rassemble, ils font, pour l’ensemble de l’Église, en matière de foi et de mœurs, acte de docteurs et de juges, aux définitions desquels il faut adhérer dans l’obéissance de la foi [77].

Cette infaillibilité, dont le divin Rédempteur a voulu pourvoir son Église pour définir la doctrine concernant la foi et les mœurs, s’étend aussi loin que le dépôt lui-même de la Révélation divine à conserver saintement et à exposer fidèlement. De cette in faillibilité, le Pontife romain, chef du collège des évêques, jouit du fait même de sa charge quand, en tant que pasteur et docteur suprême de tous les fidèles, et chargé de confirmer ses frères dans la foi (cf. Lc 22, 32) , il proclame, par un acte définitif, un point de doctrine touchant la foi et les mœurs [78]. C’est pourquoi les définitions qu’il prononce sont dites, à juste titre, irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l’Église, étant prononcées sous l’assistance du Saint-Esprit à lui promise en la personne de saint Pierre, n’ayant pas besoin, par conséquent, d’une approbation d’autrui, de même qu’elles ne peuvent comporter d’appel à un autre jugement. Alors, en effet, le Pontife romain ne prononce pas une sentence en tant que personne privée, mais il expose et défend la doctrine de la foi catholique [79], en tant qu’il est, à l’égard de l’Église universelle, le maître suprême en qui réside, à titre singulier, le charisme d’infaillibilité qui est celui de l’Église elle-même. L’infaillibilité promise à l’Église réside aussi dans le corps des évêques quand il exerce son magistère suprême en union avec le successeur de Pierre. À ces définitions, l’assentiment de l’Église ne peut jamais faire défaut, étant donné l’action du même Esprit Saint qui conserve et fait progresser le troupeau entier du Christ dans l’unité de la foi [80].

Lorsque le Pontife romain, ou le corps des évêques avec lui, porte une définition, ils le font conformément à la Révélation elle-même à laquelle tous doivent se tenir et se conformer, Révélation qui est transmise intégralement, sous forme écrite ou par tradition, par la succession légitime des évêques, et, avant tout, par le soin du Pontife romain lui-même ; cette Révélation à la lumière de l’Esprit de vérité est scrupuleusement conservée dans l’Église et fidèlement présentée [81]. Le Pontife romain et les évêques s’appliquent avec zèle à scruter consciencieusement et à énoncer correctement cette Révélation, dans la conscience de leur devoir et de la gravité de la chose, en ayant recours aux moyens appropriés [82] ; mais ils ne reçoivent, comme appartenant au dépôt divin de la foi, aucune nouvelle révélation publique [83].

(3) Pastor AEternus, chapitre 4 (Vatican I)
[...] C'est pourquoi, nous attachant fidèlement à la tradition reçue dès l'origine de la foi chrétienne, pour la gloire de Dieu notre Sauveur, pour l'exaltation de la religion catholique et le salut des peuples chrétiens, avec l'approbation du saint concile, nous enseignons et définissons comme un dogme révélé de Dieu: le Pontife romain, lorsqu'il parle ex cathedra, c'est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu'une doctrine sur la foi ou les mœurs doit être tenue par toute l'Église, jouit, par l'assistance divine à lui promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que fût pourvue son Église, lorsqu'elle définit la doctrine sur la foi et les mœurs. Par conséquent, ces définitions du Pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l'Église.
(4) Catéchisme, paragraphe 892
892 L’assistance divine est encore donnée aux successeurs des apôtres, enseignant en communion avec le successeur de Pierre, et, d’une manière particulière, à l’évêque de Rome, Pasteur de toute l’Église, lorsque, sans arriver à une définition infaillible et sans se prononcer d’une " manière définitive ", ils proposent dans l’exercice du Magistère ordinaire un enseignement qui conduit à une meilleure intelligence de la Révélation en matière de foi et de mœurs. A cet enseignement ordinaire les fidèles doivent " donner l’assentiment religieux de leur esprit " (LG 25) qui, s’il se distingue de l’assentiment de la foi, le prolonge cependant.