Un épisode honteusement absent des archives du Temple Jedi...
Le Sénat Galactique bourdonnait de rumeurs. Sur la plateforme de la délégation neimoïdienne, le vice-roi Nute Gunray frottait ses mains grises avec la satisfaction huileuse d'un marchand qui vient d'escroquer trois systèmes stellaires d'un coup. Devant lui, un objet cylindrique rouge et blanc, à la mèche effilochée, trônait sur un coussin.
« Un simple pétard », murmura Gunray à sa propre barbe grise. « Un simple pétard... de deux mètres de long. »
Rey Skywalker, elle, ne se doutait de rien. Elle était venue négocier. C'est ce qu'elle faisait, Rey - négocier. Elle avait négocié avec des Hutts, désarmé des Stormtroopers avec un regard, retourné la flotte de Palpatine par la seule force de son obstination. Elle pouvait négocier n'importe quoi.
Sauf, apparemment, ce qui allait lui arriver.
L'installation diplomatique
« Mademoiselle Skywalker », entonna Gunray d'une voix mielleuse. « Pour sceller notre traité, la coutume neimoïdienne exige une... démonstration d'humilité. »
« Humilité ? » répéta Rey, méfiante.
« Asseyez-vous sur ce coussin. »
Rey haussa les épaules et s'assit. À cet instant précis, deux droïdes de protocole la saisirent par les épaules, tandis qu'un troisième enfonçait le pétard - le fameux pétard de deux mètres - dans une position que l'on peut décrire pudiquement comme « stratégique ».
« Qu'est-ce que vous- »
« Vive le commerce ! » gloussa Gunray.
Sur les gradins, deux silhouettes encapuchonnées observaient. Obi-Wan Kenobi, jeune et déjà fatigué de tout, se pencha vers son maître.
« Maître Qui-Gon... c'est normal, ça ? »
Qui-Gon Jinn plissa les yeux, caressa sa barbe, et prit la mine du sage qui va sortir une phrase profonde pour masquer le fait qu'il n'en sait rien :
« La Force emprunte parfois des chemins... étonnamment bas. »
L'impuissance phallique des Jedi
Ils voulaient intervenir. Vraiment. Mais Gunray avait été clair : « Toute perturbation de la Force annulerait le traité ! » - ce qui était faux, mais qui arrangeait bien le Neimoïdien.
Alors Obi-Wan et Qui-Gon regardaient, impuissants, comme deux spectateurs à un opéra comique dont ils ne comprenaient pas la langue.
« Il y a une mèche », constata Obi-Wan.
« Oui. »
« Elle est allumée. »
« Oui. »
« Et elle grésille. »
« Oui, Obi-Wan. »
La négociation
Rey comprit l'enjeu en une seconde. Pas de panique. Négocier.
« Gunray », dit-elle calmement, le visage impassible malgré la situation. « Combien de temps j'ai ? »
« Assez pour un discours », répondit-il.
Elle jaugea la mèche. Elle avait environ... pas beaucoup de temps.
« Bon. J'offre trois cristaux kyber du Temple contre votre retrait de Naboo. »
« Insuffisant », susurra Gunray, les doigts croisés.
« Quatre cristaux. »
Crépitement. La mèche raccourcissait.
« Cinq. Et un X-wing. »
« Sept, et vous reconnaissez publiquement que le commerce est plus important que la Force. »
Rey serra les dents. Physiquement et philosophiquement.
« ...Marché conclu. »
« Trop tard », sourit Gunray.
Le décompte
Et là, le Sénat entier - un million de sénateurs, trois mille droïdes, deux Jedi en robe et un Wookie en sueur - se mit à compter.
« CINQ ! »
Rey se raidit. La mèche avait disparu dans le cylindre.
« QUATRE ! »
« Obi-Wan, vous devriez peut-être... reculer », souffla Qui-Gon.
« Et vous, maître ? »
« Moi aussi, mais avec dignité. »
« TROIS ! »
Rey ferma les yeux. Elle pensa à Jakku. Aux dunes. Aux jours simples où l'on ne mettait pas d'explosifs dans sa personne.
« DEUX ! »
« Vive le commerce ! » répéta Gunray, plus fort.
« UN ! »
BOUM
L'explosion fit trembler la rotonde. Un BOUM rond, profond, satisfaisant, comme un coup de tonnerre qui aurait décidé de s'asseoir. La plateforme neimoïdienne clignota sous le choc. Trois sénateurs s'évanouirent. Un droïde perdit sa tête, littéralement, et la ramassa poliment.
Rey décolla de son coussin de trente bons centimètres, les yeux exorbités, les lèvres formant un « ô » parfait.
Puis elle retomba.
Silence.
Puis Nute Gunray éclata de rire. Un rire gras, huileux, triomphal, qui roula sous les voûtes du Sénat comme une marée de goudron.
Et il leva les bras vers la coupole, et il cria, avec la dévotion d'un fidèle à son autel :
« VIVE LE SÉNAT ! »
L'épilogue
Rey, le teint cireux, se leva lentement. Très lentement. Avec la démarche d'un pingouin qui aurait décidé de devenir pêcheur.
« Vous... », articula-t-elle.
« Oui ? » gazouilla Gunray.
« Vous avez gagné. Le traité tient. »
« Ah ! » Il bomba le torse. « Comme quoi, la diplomatie- »
« Mais sachez », coupa Rey en se massant discrètement l'arrière-train, « que dès que je trouve un sabre laser, je reviens
. »
Obi-Wan se tourna vers son maître.
« Elle a mal ? »
« Beaucoup », confirma Qui-Gon, l'air d'un homme qui vient d'assister à une leçon de vie.
« Et elle a négocié quand même. »
« Oui. »
« C'est... très jedi, en fait. »
« C'est très jedi », admit Qui-Gon.
Sur la plateforme, Gunray riait encore. Quelque part dans la galaxie, un pétard neuf était déjà commandé, taille XL, avec option « discrétion diplomatique ».
Et Rey, elle, eut mal au cul pendant une semaine. Ce qui, pour une héroïne de la Rébellion, reste l'une des blessures les moins glorieuses et les plus mémorables jamais infligées par un Neimoïdien en robe.
Le Sénat Galactique bourdonnait de rumeurs. Sur la plateforme de la délégation neimoïdienne, le vice-roi Nute Gunray frottait ses mains grises avec la satisfaction huileuse d'un marchand qui vient d'escroquer trois systèmes stellaires d'un coup. Devant lui, un objet cylindrique rouge et blanc, à la mèche effilochée, trônait sur un coussin.
« Un simple pétard », murmura Gunray à sa propre barbe grise. « Un simple pétard... de deux mètres de long. »
Rey Skywalker, elle, ne se doutait de rien. Elle était venue négocier. C'est ce qu'elle faisait, Rey - négocier. Elle avait négocié avec des Hutts, désarmé des Stormtroopers avec un regard, retourné la flotte de Palpatine par la seule force de son obstination. Elle pouvait négocier n'importe quoi.
Sauf, apparemment, ce qui allait lui arriver.
L'installation diplomatique
« Mademoiselle Skywalker », entonna Gunray d'une voix mielleuse. « Pour sceller notre traité, la coutume neimoïdienne exige une... démonstration d'humilité. »
« Humilité ? » répéta Rey, méfiante.
« Asseyez-vous sur ce coussin. »
Rey haussa les épaules et s'assit. À cet instant précis, deux droïdes de protocole la saisirent par les épaules, tandis qu'un troisième enfonçait le pétard - le fameux pétard de deux mètres - dans une position que l'on peut décrire pudiquement comme « stratégique ».
« Qu'est-ce que vous- »
« Vive le commerce ! » gloussa Gunray.
Sur les gradins, deux silhouettes encapuchonnées observaient. Obi-Wan Kenobi, jeune et déjà fatigué de tout, se pencha vers son maître.
« Maître Qui-Gon... c'est normal, ça ? »
Qui-Gon Jinn plissa les yeux, caressa sa barbe, et prit la mine du sage qui va sortir une phrase profonde pour masquer le fait qu'il n'en sait rien :
« La Force emprunte parfois des chemins... étonnamment bas. »
L'impuissance phallique des Jedi
Ils voulaient intervenir. Vraiment. Mais Gunray avait été clair : « Toute perturbation de la Force annulerait le traité ! » - ce qui était faux, mais qui arrangeait bien le Neimoïdien.
Alors Obi-Wan et Qui-Gon regardaient, impuissants, comme deux spectateurs à un opéra comique dont ils ne comprenaient pas la langue.
« Il y a une mèche », constata Obi-Wan.
« Oui. »
« Elle est allumée. »
« Oui. »
« Et elle grésille. »
« Oui, Obi-Wan. »
La négociation
Rey comprit l'enjeu en une seconde. Pas de panique. Négocier.
« Gunray », dit-elle calmement, le visage impassible malgré la situation. « Combien de temps j'ai ? »
« Assez pour un discours », répondit-il.
Elle jaugea la mèche. Elle avait environ... pas beaucoup de temps.
« Bon. J'offre trois cristaux kyber du Temple contre votre retrait de Naboo. »
« Insuffisant », susurra Gunray, les doigts croisés.
« Quatre cristaux. »
Crépitement. La mèche raccourcissait.
« Cinq. Et un X-wing. »
« Sept, et vous reconnaissez publiquement que le commerce est plus important que la Force. »
Rey serra les dents. Physiquement et philosophiquement.
« ...Marché conclu. »
« Trop tard », sourit Gunray.
Le décompte
Et là, le Sénat entier - un million de sénateurs, trois mille droïdes, deux Jedi en robe et un Wookie en sueur - se mit à compter.
« CINQ ! »
Rey se raidit. La mèche avait disparu dans le cylindre.
« QUATRE ! »
« Obi-Wan, vous devriez peut-être... reculer », souffla Qui-Gon.
« Et vous, maître ? »
« Moi aussi, mais avec dignité. »
« TROIS ! »
Rey ferma les yeux. Elle pensa à Jakku. Aux dunes. Aux jours simples où l'on ne mettait pas d'explosifs dans sa personne.
« DEUX ! »
« Vive le commerce ! » répéta Gunray, plus fort.
« UN ! »
BOUM
L'explosion fit trembler la rotonde. Un BOUM rond, profond, satisfaisant, comme un coup de tonnerre qui aurait décidé de s'asseoir. La plateforme neimoïdienne clignota sous le choc. Trois sénateurs s'évanouirent. Un droïde perdit sa tête, littéralement, et la ramassa poliment.
Rey décolla de son coussin de trente bons centimètres, les yeux exorbités, les lèvres formant un « ô » parfait.
Puis elle retomba.
Silence.
Puis Nute Gunray éclata de rire. Un rire gras, huileux, triomphal, qui roula sous les voûtes du Sénat comme une marée de goudron.
Et il leva les bras vers la coupole, et il cria, avec la dévotion d'un fidèle à son autel :
« VIVE LE SÉNAT ! »

L'épilogue
Rey, le teint cireux, se leva lentement. Très lentement. Avec la démarche d'un pingouin qui aurait décidé de devenir pêcheur.
« Vous... », articula-t-elle.
« Oui ? » gazouilla Gunray.
« Vous avez gagné. Le traité tient. »
« Ah ! » Il bomba le torse. « Comme quoi, la diplomatie- »
« Mais sachez », coupa Rey en se massant discrètement l'arrière-train, « que dès que je trouve un sabre laser, je reviens
. »Obi-Wan se tourna vers son maître.
« Elle a mal ? »
« Beaucoup », confirma Qui-Gon, l'air d'un homme qui vient d'assister à une leçon de vie.
« Et elle a négocié quand même. »
« Oui. »
« C'est... très jedi, en fait. »
« C'est très jedi », admit Qui-Gon.
Sur la plateforme, Gunray riait encore. Quelque part dans la galaxie, un pétard neuf était déjà commandé, taille XL, avec option « discrétion diplomatique ».
Et Rey, elle, eut mal au cul pendant une semaine. Ce qui, pour une héroïne de la Rébellion, reste l'une des blessures les moins glorieuses et les plus mémorables jamais infligées par un Neimoïdien en robe.
