Citation de AlgerianTheory
Et ça ?
Il crée à Marseille en 2002 avec des musiciens, sociologues, journalistes, mélomanes, le Collectif l’Enclencheur, à la vie éphémère, qui défend un projet de réflexion intégrant la pratique du jazz dans une vision de la société plus globale.
Voilà quoi
Dans mes grandes vaticinations il y a la question du jazz blanc intello
On passe du jazz début XXème jusqu'après-guerre, d'un jazz swing dansant joué par des afro-américains toxicomanes aux vies dissolues, pour afro-américains voyous dans des clubs enfumés, à un jazz intellectuel très harmoniquement alambiqué plébiscité par des musiciens blancs qui le feront dériver jusqu'au jazz-fusion jazz-rock des années 70, un véritable drame ferroviaire esthétique, plus de swing plus de pulsation rythmique entraînante que du bavardage et du bouillonnement mental dans les harmonies
Toxicos gangsters putes club enfumés danses -> salles de concerts places assises revues littéraires essais
Je pense et ne suis pas le seul que l'essence rythmique du jazz est parfaitement africaine, une pulsation rythmique ternaire à la base, mais qui peut loucher vers du binaire et va le devenir peu-à-peu franchement, binaire, dans les tempi élevés.
On trouve un peu le même swing d'ailleurs dans le jeu de cymbales charleston jamaïcain du reggae, et en écoutant en détail, en ralentissant les morceaux, des jeux de guitaristes africains apparemment binaires, ou des pistes isolées de Bernard Purdie un batteur de studio légendaire (Aretha Franklin et autres).
Ces subtilités rythmiques sont généralement totalement inaccessibles pour des musiciens occidentaux. Le jazz ayant fait fureur dans la société américaine (d'ailleurs le terme "hipster" qualifiait à l'origine les jeunes blancs allant s'encanailler dans les clubs jazz de noirs), il fallait que les musiciens occidentaux s'y mettent. Mais vu qu'ils swinguent en général très mal, trop binaire et/ou trop propre, l'harmonie leur a permis de compenser ces lacunes de pulsations. D'où l'évolution, sous leur conduite (parce que ressources financières et médiatiques), vers un jazz non plus dansant mais très intellectuel et fouillé harmoniquement.
Pas partout cependant, ex à la Nouvelle-Orléans ils aiment toujours le style qui swingue, et la famille Marsalis déteste profondément le jazz "moderne" j'ai l'impression.
Tout ça pour dire que le mauvais plaisant ci-dessus est visiblement un concentré de toute cette catastrophique évolution, et un représentant parfait de l'intellectualisme stérile des musiques savantes en occident. Il nous fait un bon crousty un gras tacos en mélangeant une musique classique bien tempérée avec du jazzisme bien arythmique, bref c'est dégueulasse.
Mais pour autant il y a des rencontres heureuses ex le Modern Jazz Quartet, John Lewis au piano formation purement classique occidentale, Milt Jackson au vibraphone, très blues
Et pas de chorus indépendants interminables, très grande cohésion. Rien à voir avec des Miles Davis ou des John Coltrane qui chient mille heures de chorus pendant que les autres musiciens font de la musique au mètre dans le fond.
Cette manie des solos et de l'égotisme c'est un grave problème dans ce style musical aussi
@AlgerianTheory je vais me coucher mais n'hésite pas à tartiner j'aurai demain largement le temps de divaguer longuement en réponse