Citation de MetisFR
Elle ne peut pas être à la fois juste (proportionnelle) et efficace, c’est impossible, c’est soit l’un soit l’autre.
Pour qu’elle fonctionne, il faudrait soit:
- Des punitions disproportionnées (concrètement, la PDM pour les crimes mineurs) donc injustes et basées sur le risque futur soit punir des crimes avant qu’ils soient commis, ce qui contrevient au principe de proportionnalité pénale et correspondrait à une tyrannie.
D'autant plus qu'en France, rappelons le, la presemption d'innocence existe.
- Une réhabilitation disproportionnée dans le sens inverse, complètement injuste envers les victimes et qui contrevient tout autant au principe de proportionnalité pénale.
Mais n'est pas déjà ce qui est appliqué en France ? Encore aujourd'hui deux personnes qui étaient censées faire 15 ans de tole n'en ont fait "que" 7. La famille de la victime le dénonce même.
Elle ne peut pas endiguer ou « résoudre » la criminalité et n’a jamais été conçue ni pensée pour historiquement, le rôle idéaliste qu’on lui prête traditionnellement (davantage d’origine théologique) en tant que citoyens dans l'imaginaire collectif (comme devant être fonctionnelle, juste selon nos valeurs, efficace, sur lequel on débat et pour lequel on recherche des solutions constamment) vient en fait littéralement de notre imaginaire, elle n’a qu’une fonction de gestion et de régulation soit de contrôle et de stabilisation du crime.
La justice est avant tout là pour apaiser les tensions : une personne commet un crime, elle est punie à hauteur de son crime, ça ne répare pas le mal fait mais il y a rétribution par un consensus plutôt que de se mettre sur la gueule.
Statistiquement, une minorité de criminels recensés (parmi la « population » ou « l’échantillon » des criminels, ne pas interpréter parmi la population générale) est responsable de la majorité des crimes recensés, ainsi la majorité des crimes sont commis par un auteur unique commettant de multiples infractions, de multiples réitérations ou de multiples récidives, c’est l’essentiel de la criminalité recensée générale.
le taux de récidive à 5 ans en France est de 60%, ce taux est exponentiel proportionnellement au temps.
Il y a périodiquement de nouveaux criminels mais ils sont minoritaires, globalement ce sont les mêmes qui commettent incessamment de nouveaux crimes sur le long terme, c’est un schéma quasi-universel.
Pour les crimes les plus graves elle ne peut juste rien faire étant donné qu’ils dépendent de facteurs qu’elle ne peut ni prévoir, ni prévenir (psychopathie, crimes spontanés situationnels).
Ça ok mais après :
Pour la récidive elle ne peut rien faire non plus, car:
- Le crime en lui même augmente concomitamment le risque de récidive, c’est le premier facteur de risque (facteur influençant positivement la probabilité) du crime, plus un individu commet de crimes, plus sa probabilité de réitération ou de récidive augmente.
- Le crime induit une « perte de chance », il influence le statut social, le réseau et la personnalité du criminel, c’est le concept central de la « carrière criminelle ».
Vu qu'on sait ça pourquoi ne pas mettre hors d'état de nuire des criminels en les excluant de la société ? Je ne parle pas de peine de mort qu'on soit bien d'accord mais avec ces données comment justifier remettre dans la nature des dangers pour le citoyen lambda qui a le comportement sociétal souhaité ?
- La punition ne fonctionne pas, au contraire elle induit des handicaps sociaux et économiques, plus un criminel est puni, plus il est marginalisé, moins il est en capacité de se réinsérer au sein de la société, plus il devient dépendant du crime, plus il récidive.
- L’absence de punition ou la réussite du crime augmente le risque de récidive exponentiellement.
C'est d'autant plus vrai qu'on importe en plus des populations autrement criminogène.
- La réhabilitation fonctionne relativement faiblement car elle nécessite des moyens disproportionnés pour obtenir des résultats.
Et pourtant c'est sur ce principe même qu'on tolère tout ce qui est dit au dessus.