Citation de MetisFR
La justice pénale ne peut fondamentalement pas « fonctionner » dans un état de droit car elle est fondée sur un paradoxe intrinsèque, c’est un consensus en criminologie.
Elle ne peut pas être à la fois juste (proportionnelle) et efficace, c’est impossible, c’est soit l’un soit l’autre.
Pour qu’elle fonctionne, il faudrait soit:
- Des punitions disproportionnées (concrètement, la PDM pour les crimes mineurs) donc injustes et basées sur le risque futur soit punir des crimes avant qu’ils soient commis, ce qui contrevient au principe de proportionnalité pénale et correspond à une tyrannie.
- Une réhabilitation disproportionnée dans le sens inverse, complètement injuste envers les victimes et qui contrevient tout autant au principe de proportionnalité pénale.
Elle ne peut pas endiguer ou « résoudre » la criminalité et n’a jamais été conçue ni pensée pour historiquement, le rôle idéaliste qu’on lui prête traditionnellement (davantage d’origine théologique) en tant que citoyens dans l'imaginaire collectif (comme devant être fonctionnelle, juste selon nos valeurs, efficace, sur lequel on débat et pour lequel on recherche des solutions constamment) vient en fait littéralement de notre imaginaire, elle n’a qu’une fonction de gestion et de régulation soit de contrôle et de stabilisation du crime.
Statistiquement, une minorité de criminels recensés (parmi la « population » ou « l’échantillon » des criminels, ne pas interpréter parmi la population générale) est responsable de la majorité des crimes recensés, ainsi la majorité des crimes sont commis par un auteur unique commettant de multiples infractions, de multiples réitérations ou de multiples récidives, c’est l’essentiel de la criminalité recensée générale.
le taux de récidive à 5 ans en France est de 60%, ce taux est exponentiel proportionnellement au temps.
Il y a périodiquement de nouveaux criminels mais ils sont minoritaires, globalement ce sont les mêmes qui commettent incessamment de nouveaux crimes sur le long terme, c’est un schéma quasi-universel.
Pour les crimes les plus graves elle ne peut juste rien faire étant donné qu’ils dépendent de facteurs qu’elle ne peut ni prévoir, ni prévenir (psychopathie, crimes spontanés situationnels).
Pour la récidive elle ne peut rien faire non plus, car:
- Le crime en lui même augmente concomitamment le risque de récidive, c’est le premier facteur de risque (facteur influençant positivement la probabilité) du crime, plus un individu commet de crimes, plus sa probabilité de réitération ou de récidive augmente.
- Le crime induit une « perte de chance », il influence le statut social, le réseau et la personnalité du criminel, c’est le concept central de la « carrière criminelle ».
- La punition ne fonctionne pas, au contraire: elle induit des handicaps sociaux et économiques, plus un criminel est puni, plus il est marginalisé, moins il est en capacité de se réinsérer au sein de la société, plus il devient dépendant du crime, plus il récidive.
- L’absence de punition ou la réussite du crime augmente le risque de récidive exponentiellement.
- La réhabilitation fonctionne relativement faiblement car elle nécessite des moyens disproportionnés pour obtenir des résultats.
un peu hors sujet, mais excellent com