Topic : « Catboy et la bourguignonne à fossettes »

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20h. Je boucle un rapide créneau juste en bas de chez elle. Dans ce secteur anciennement roturier que la magie immobilière a transformé en quartier chic, les places sont chères.
"Et son loyer aussi" pensai-je, comme une boutade à moi-même provenant des coins les plus reculés de ma conscience morale sommeillante. "Certes elle est douce, elle est belle, radieuse et pleine de vie, mais que crois-tu accomplir avec tes biftons fraîchement imprimés ? C'est juste votre tour, après toi et ton vit il y en aura d'autres."
Ma mauvaise conscience aime me jouer des tours. J'ai l'habitude. Mais avec cette fille, c'est différent. Je lui apporte bien plus. Je le sais.
"Je peux la sauver", murmurai-je en coupant la route à une résidente qui venait d'ouvrir la porte de l'immeuble et dont l'hésitation m'avait parue être une invitation à entrer.
Je prends les escaliers. Elle n'habite qu'au deuxième, et un petit coup de fouet au palpitant me remettra les idées en bonne place.
Je sonne. Pas de fleurs, en cet âge où la féminité se cherche de nouvelles tables de lois, ses représentantes devront se contenter d'un col à peine entrouvert sur un torse très subtilement velu. Le nombre de mains, de bouches, de joues et de langues du beau sexe qui s'y sont frottées a définitivement relégué le bouquet de roses aux reliques du passé.
"Entre !"
La porte s'ouvre sur le chaos intégral qu'est la vie normale d'une étudiante de 21 ans, maladroitement dissimulé derrière portes de placard, lit pliable et autres rideaux, puis déguisé en intérieur chaleureux par une lumière tamisée et un nuage parfumé.
"Tiens il faut que je te montre !"
Elle me tend un manuscrit d'une bonne cinquantaine de pages. Pas de politesses ni d'effusions. Ses yeux brillants et son grand sourire me disent "Félicite-moi, je t'en supplie !".
Ce soir, je suis son père.
Je prends un air sévère en détaillant la première page. C'est son mémoire de stage. Datamining dans une grande banque nationale. Je me rappelle de son premier entretien, véritable examen préliminaire dont l'austérité inhumaine l'avait anéantie avant qu'elle apprenne qu'elle était retenue. Ces monstres adorent jouer avec les émotions des gens. "Attention tout le monde, le quetard narcissique juge les pervers manipulateurs !" Je tique.
Je parcours rapidement le sommaire, puis les différentes sections. Ça parle d'analyses en composantes principales, d'analyse discriminante linéaire, de classification à plat. Je suis complètement largué. Je m'attarde sur les synthèses de chaque chapitre pendant qu'elle finit de se préparer en me jetant des regards anxieux. Elle ne ménage pas les erreurs commises par la banque dans ses conclusions. C'est osé de sa part, surtout si elle veut toujours s'y faire une place.
Elle attend une réaction. Je n'aime pas l'idée de la voir travailler dans une banque, mais il s'agit de viser juste si je veux passer une bonne soirée, et par là j'entends lui faire perdre toute dignité auprès de ses voisins de palier.
A-t-elle déjà soumis son mémoire ? Elle m'avait dit sa date de soutenance, mais je m'en foutais comme de mon dernier kleenex. Bordel, faut pas que je me foire.
Je lui dégaine un regard inquisiteur. Elle se fige et se pince les doigts. A priori, ni soumis ni soutenu. Je lui tends son opuscule.
"Tu as mis les pieds dans le plat. C'est très courageux de ta part. Je suis fier de toi. Tu vas leur en mettre plein la vue, c'est certain."
Elle se relâche enfin, et trahit définitivement son soulagement avec un sourire sincère.
"Tu m'avais dit d'être honnête, je t'ai écouté"
Ses fossettes me rappellent celles qui ornent le bas de son dos.
"C'est important, l'honnêteté."
'Tu parles ! " me raillai-je secrètement de cette misérable platitude. Je la contemple d' un coup d'œil fugace. Pantalon ample, chemise de tailleur serrée, noeud dans les cheveux. Elle veut être à l'aise sans attirer l'attention sur elle. Non ma belle, pour passer à la casserole tu dois te sentir sexy. Vite, reprendre les rênes.
"On est parti"

C' est un petit bal populaire organisé par une association de danse du coin. J'aime ce genre d'événement, car la multitude de partenaires potentielles et leur rivalité naturelle entre elles est fort à mon goût. Ce soir, elle semble avoir projeté son manque d'attention et de confiance en elle sur une autre jeune femme, assez plantureuse mais au visage agréable et très harmonieux, courtement vêtue et danseuse hors pair. Blonde de surcroît. La star de la soirée. Étant moi-même plutôt débrouillard, je l'invite plusieurs fois et parviens à la surprendre par quelques passes inattendues de samba et de rumba. Sa jupe rouge et légère tourbillonne et flotte au-dessus de tous les regards, envieux pour les unes et lascifs pour les autres. Elle est manifestement aux anges, comme une pierre précieuse ayant enfin trouvé son écrin. La musique s'arrête, elle n'attend plus que mon 06. Mais je ne suis pas un faire-valoir, alors je la remercie simplement.
"Tu la reverras, de toute façon" me dis-je en cherchant des yeux ma victime de ce soir.
Ses pathétiques tentatives d'attirer mon attention avec de bellâtres cavaliers s'étaient heurtées à la domination sans partage de ma fugace partenaire sur toutes les convoitises. Elle s'était avouée vaincue, assise au bord du parquet, attendant que je lui présente les termes de sa reddition sans conditions.
La musique reprend. C'est un rock. Excellent timing.

"Tu viens ?"
J'avais laissé le moteur allumé, par pure courtoisie. Tous les regards s'étaient fixés sur elle depuis ce rock acrobatique, et elle avait adoré ça. Sa poitrine était devenue arrogante sous son chemisier satiné, le galbe de ses hanches et de son fessier étaient brusquement sublimé par son pantalon jusque-là si discret. Elle avait agrémenté de nombreuses passes latines par de voluptueux effleurements de sa silhouette élancée, comme galvanisée par la jalousie des unes et le désir des autres. Je sais que cela lui a rappelé notre rencontre, mais ses langoureux baisers dans mon cou et jusque dans le creux de mes oreilles pendant que je nous ramenais péniblement chez elle pouvaient qu'elle n'avait aucune intention de verser dans la nostalgie.
Cette fois-ci, nous prîmes l'ascenseur. Sa cuisse gauche remontait déjà jusqu'à ma taille, et ma main fermement pressée contre sa fesse unissait nos bassins comme un prémice de la folle nuit qui nous attendait.

Au petit matin, je sors mon téléphone du mode avion. Message.
C'est la bretonne.
Aussitôt, des souvenirs endiablés reviennent. En ce moment, aucune femme ne désire plus ardemment mon sexe que cette fille et ça me rend fou. De son côté, ce qui l'a rend folle, c'est l'odeur d'une autre sur moi.
Je me lève, enfile mes vêtements en ignorant les touchants gémissements et remuements que mon trophée d'un soir essaie de faire timidement passer pour des protestations. Je mets les voiles sans me retourner, elle trouvera bien le courage de fermer à clé, et je descends les escaliers quatre à quatre. Il faut que je fasse un minimum de toilette avant d'aller la voir, par pure correction. Mais garder son parfum. Sinon, ça finira en cocooning Disney en compagnie de ses chats.
Petit check-up rapide avant de démarrer. Il me paraît bien épais ce portefeuille.
"Merde ! Le loyer !"
Je jette quelques billets dans la boîte aux lettres que je reconnais à la trace de colle laissée par un ancien sticker "pas de pub". Inutile de vérifier, elle n'a déjà plus de nom pour moi, du moins jusqu'à la prochaine fois.

Putain ce qu'il est bon d'être blanc et friqué.
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Citation de Shan
jai bandé

Pourtant j'ai soigneusement évité de noirer mon topic, alors qu'il y en avait à dire sur l'une comme sur l'autre. Mais ce sera une prochaine fois. La bretonne est vraiment un cas d'école.

Citation de djellitscred
C'était quoi ton pseudo sur l'orgul ? https://image.noelshack.com/minis/2017/11/1489491335-djellit.png

🤐
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Citation de italiencancer
Pourquoi ils sont incapables d'assumer un putain de pseudo mdr, c'est quoi ce culte du secret eclatax

Pourquoi tu donnes pas carrément ton identité tant que t'y es ?
L'avenir c'est l'anonymat frérot.

Sur ce, bonne nuit. Demain je me lève pas, je suis pas aux 35h moi.
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Citation de italiencancer
au début j'avais pensé à un des caniches de bender mais c'est trop pompeux et ampoulé, on est plus sur un truc que janus aurait copié collé https://image.noelshack.com/minis/2017/11/1489491335-djellit.png

Au risque de te décevoir, c'est 100% original et authentique puisque ça m'est arrivé ce week-end. J'ai pris du plaisir à l'écrire, mais si ça ne te convient pas c'est le même tarif.
Avatar de ruskov ruskov
Citation de CelticCatBoy
Je reviendrai dans le droit chemin quand je trouverai une jeune femme digne de devenir mère.

Les femmes que tu décris veulent un homme vierge ou avec très très peu d'historique, donc tu te tires tout seul une balle dans le pied en vivant dans la d'échéance et en souillant ton âme repoussant toujours plus la « mère de mes enfants ».
#20480872
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Citation de ruskov
Les femmes que tu décris veulent un homme vierge ou avec très très peu d'historique, donc tu te tires tout seul une balle dans le pied en vivant dans la d'échéance et en souillant ton âme repoussant toujours plus la « mère de mes enfants ».

Je pense que tu as tort. La providence me sourit beaucoup plus aujourd'hui que lorsque j'étais marié et fidèle. Mais si je me trompe, eh bien ainsi soit-il.
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