Citation de Laplanteverte
Du coup si les administrations sont remplis de marchands. On est pas devant un énorme conflit d'intérêts ? 

Enorme mais totalement toléré

Jusqu'à ce que la peste noire décime la région et cristallise les tensions entre le popolo grasso (les grandes familles de marchands, notaires et banquiers) et le popolo minuto (prolo, miliciens, artisans, artistes...).
Si tu veux un exemple, à Florence, t'avais les familles Bardi et Peruzzi qui contrôlaient simultanément le gouv de la ville et le crédit international grâce à leur réseau familial européen. Ca leur permettait de prêter aux rois de France et d'Angleterre. Notamment pour financer la Guerre de Cent Ans, tout en manipulant à leur avantage les taux de change à coups de pots de vin.
D'ailleurs, ces familles ont toutes fait faillite après les défauts de paiement d'Edouard III et de Jean II le Bon.

Villani (
Nuova Cronica que j'ai cité dans le topax), Machiavel, et même Boccace dans le
Décaméron documentent ces liens entre crédit, pouvoir à l'époque.
C’est dans ce contexte, aggravé par la peste noire et les révoltes (comme celle des Ciompi, les artisans du popolo minuto que j'ai cité au début), que les villes italiennes ont peu à peu adopté des gouvernements plus centralisés et familiaux (les Signori), incarnées par les Médicis à Florence ou les Visconti et Sforza à Milan.
