Vingt-sept régions russes ont atteint le stade de l’épidémie généralisée de VIH, le virus ayant quitté les groupes à risque pour se diffuser dans la population entière. Le seuil retenu est un diagnostic chez plus de 1 % des femmes enceintes. L’aveu vient de Vassili Akimkine, directeur de l’Institut central d’épidémiologie de Rospotrebnadzor, l’agence sanitaire russe. Dans les oblasts de Kemerovo, d’Irkoutsk et de Sverdlovsk, plus de 2 % des habitants sont infectés.
La prévalence chez les 15-49 ans atteint 1,5 % : cinq fois plus qu’en France (0,30 %), neuf fois plus qu’au Royaume-Uni (0,17%) et 3,6 fois plus qu’aux Etats-Unis (0,42 %). Et le taux est le même qu’au Nigeria (2,2 %).
Ce n’est pas une fatalité, c’est la conséquence d’une politique. La Russie interdit la méthadone et la buprénorphine depuis la fin des années 1990, ainsi que la distribution de seringues stériles. La loi sur les « agents de l’étranger » a chassé les ONG qui faisaient un travail de prévention.
Résultat : la moitié seulement des malades de la région sont traités et la charge virale, qui mesure la force de réplication d’un virus dans l’organisme, ne disparaît que chez 42 % d’entre eux. Pire, l’épidémie se transmet désormais à l’hôpital : Rospotrebnadzor y a signalé en 2025 un nombre record d’infections et onze centres de soin font l’objet d’enquêtes dans dix régions, où cathéters et glucomètres individuels servaient à plusieurs patients.
Quant au budget fédéral 2027, il prévoit des médicaments supplémentaires pour 30 000 patients, alors que 45 000 nouveaux cas sont détectés chaque année. La Russie de Poutine finance massivement la guerre contre l’Ukraine mais pas les antirétroviraux de ses malades. Le régime qui se présente au monde comme le rempart des valeurs traditionnelles contre la décadence occidentale laisse mourir sa propre population faute de vouloir la soigner.
https://contrepoints.org/[...]hampionne-deurope-du-vih/

La prévalence chez les 15-49 ans atteint 1,5 % : cinq fois plus qu’en France (0,30 %), neuf fois plus qu’au Royaume-Uni (0,17%) et 3,6 fois plus qu’aux Etats-Unis (0,42 %). Et le taux est le même qu’au Nigeria (2,2 %).
Ce n’est pas une fatalité, c’est la conséquence d’une politique. La Russie interdit la méthadone et la buprénorphine depuis la fin des années 1990, ainsi que la distribution de seringues stériles. La loi sur les « agents de l’étranger » a chassé les ONG qui faisaient un travail de prévention.
Résultat : la moitié seulement des malades de la région sont traités et la charge virale, qui mesure la force de réplication d’un virus dans l’organisme, ne disparaît que chez 42 % d’entre eux. Pire, l’épidémie se transmet désormais à l’hôpital : Rospotrebnadzor y a signalé en 2025 un nombre record d’infections et onze centres de soin font l’objet d’enquêtes dans dix régions, où cathéters et glucomètres individuels servaient à plusieurs patients.
Quant au budget fédéral 2027, il prévoit des médicaments supplémentaires pour 30 000 patients, alors que 45 000 nouveaux cas sont détectés chaque année. La Russie de Poutine finance massivement la guerre contre l’Ukraine mais pas les antirétroviraux de ses malades. Le régime qui se présente au monde comme le rempart des valeurs traditionnelles contre la décadence occidentale laisse mourir sa propre population faute de vouloir la soigner.
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