Citation de AntiFragile88
Je te remercie d'avoir pris le temps de me dire tout cela.
Cependant, je pense que nous sommes faits du même bois. J'aperçois chez toi ce paradoxe entre l'espoir et le désespoir, la lumière et les ténèbres, la générosité et l'égoïsme. Mais cela ne me pose aucun problème ... en tout cas, pas un problème de compréhension. Comme Bluecerise, certains pourraient te prendre pour un hypocrite, alors que je perçois plutôt une dualité intérieure.
Il est fort possible que tu sois INFJ dans ta manière d'être. Tu es clairement introverti, avec une façon de t'exprimer assez poétique et artistique, et j'estime qu'il y a moins de chances que tu sois INFP. Je te placerais donc entre ces deux types , non ?
Tu as compris qu'effectivement, très peu de personnes acceptent réellement de se remettre en question. L'autocritique est presque absente chez une grande partie de l'espèce humaine, et c'est notamment pour cette raison que naissent tant de conflits, de jugements et de comportements toxiques. Les gens sont extrêmement sensibles à la critique.
Pourtant, une critique n'est pas nécessairement destinée à juger ou à rabaisser. Elle peut aussi servir à aider quelqu'un à retirer les épines qu'il porte en lui. Mais lorsqu'on retire une épine, cela fait mal. Et beaucoup de personnes ne supportent tout simplement pas cette douleur.
Hélas, je suis certain que tu observes probablement la même chose dans la vie réelle : un surplus d'émotions finit par exploser avec des phrases comme « je m'en fous des autres » ou « je ne peux rien faire ». Pourtant, tu t'arrêtes parfois précisément au moment où les choses commencent à t'agacer : lorsqu'un problème possède une solution relativement simple, tu la vois immédiatement, tandis que les autres l'amplifient, cherchent des excuses et s'enferment davantage dans leur propre problème.
Et oui, nous sommes obligés de vivre avec ce genre de comportements dans notre société. Mais je vais peut-être t'apprendre quelque chose qui t'évitera une partie de cette frustration : les gens ne cherchent pas toujours une solution à leurs problèmes. Souvent, ils veulent simplement partager le chaos qu'ils vivent, parce que ce chaos fait désormais partie de leur quotidien.
Le monde appartient de plus en plus à ce qui nous éloigne du spirituel. La majorité finit par se comporter comme si le monde matériel était devenu son nouveau dieu.
Vivre sainement, selon une conception spirituelle, peut alors être perçu comme une forme de soumission à Dieu. Mais beaucoup se sont émancipés de toute forme de transcendance, refusant ce qu'ils considèrent comme la « geôle de la lumière », pour embrasser ce qu'ils pensent être la liberté , quitte à découvrir que cette liberté peut parfois ressembler davantage à un enfer qu'à une délivrance.
Alors, je ne suis pas du tout introverti. Je l’ai été au milieu de mon adolescence (l’adolescence biologique et neurologique se termine en moyenne à 25 ans, ne pas confondre avec l’adolescence juridico-légale qui se termine à el famoso âge adulte défini arbitrairement à 18 ans) mais en grandissant je suis plutôt devenu extraverti à tendance hyper-sociable mais paradoxalement j’apparais aujourd’hui comme quelqu’un de solitaire car j’investi le plus clair de mon temps dans des projets techniquement pointus qui monopolisent l’essentiel de mes ressources.
Je te rejoins sur la dualité entre l’espoir et le désespoir, l’allergie à l’excuse et la propension à la résolution de problème, ça engendre parfois une certaine mise à l’écart vis à vis des autres.
J’adhère à ton analyse psychologique quant à la réceptivité aux conseils et la remise en question mais j’ai davantage tendance à l’expliquer physiologiquement: pour le cerveau, remettre en question une certitude équivaut généralement à un « danger » se traduisant notamment par la production d’hormones du stress induisant un état de souffrance car il a développé par nécessité au cours de son histoire des « raccourcis » de raisonnement favorisant la prise de décision rapide et l’ancrage mémoriel profond dans un intérêt de survie face à des prédateurs, qui sont devenus aujourd’hui des « défauts » dont il est difficile de s’extraire en raison de leur caractère biologique structurel.
S’attaquer aux certitudes de quelqu’un c’est se heurter à la nature humaine et ça ne m’occasionne plus de frustration depuis que j’ai accepté cet état de fait.
Pour ce qui est de la liberté, individuelle ou collective, je pense que de nombreuses évolutions sont encore à attendre et vouées à advenir conditionnellement dans un intérêt d’équilibre et de stabilité sociale tout comme des restrictions et de la disciplines resteront intrinsèquement nécessaire au bien être des corps et des esprits donc les dérives ne pourront être éternelles, le défi sera d’en trouver l’optimum.