Citation de daokedao
Chaud de confondre cédric jubillar et jonathan daval
C’est le même délire
Jonathann (drôle d’orthographe) Daval est un jeune informaticien qui avait 33 ans en octobre 2017. Né donc en 1984, le 16 janvier… Ce jour-là, c’est marqué dans mon Journal intime à la page 218, je lisais le marquis de Sade… Daval est un Capricorne ascendant Scorpion, comme Yves Loffredo, Thomas Codaccioni et Anthoine Carton. Jonathann porte une sorte de houppette à la Tintin brun et le reste de ses cheveux est gominé avec raie sur le côté. Son enfance a été marquée, sur sa gueule d’abord, par une acné persistante, puis il a dû porter un corset car il était un peu bossu. Atteint de demi-surdité, c’est surtout des tocs qui sont apparus à la mort de son père ouvrier, quand il avait 12 ans, et dont le principal est un lavage des mains incessant : voilà quelqu’un qui n’a pas souffert des mesures sanitaires contre le Covid-19 ! C’est tout juste s’il ne se faisait pas offrir des bouteilles de gel hydroalcoolique pour Noël. « L’affreux Jojo », comme personne ne l’a jamais surnommé, vivait avec ses six frères et sœurs et surtout sa mère, qui s’est remariée et qu’il avait besoin de voir plusieurs fois par semaine, même une fois parti du nid.
En 2004, Daval rencontre Alexia Fouillot, une Verseau de 1988, employée de banque et fille de petits bourgeois de Gray (tout cela se passe en Haute-Saône). Alexia est soi-disant lumineuse, belle, solaire, souvent comparée à une coupe de champagne (en vérité une insignifiante blondinette proprette avec de petites lunettes). C’est la fleur de la famille, la plante, l’ « héliotrope » du père, son Isménie ! C’est elle qui choisit Jonathann comme homme et se marie avec lui en 2015. Lune de miel dans le Pacifique. Ils s’installent, tout va bien, Isabelle et Jean-Pierre, les parents Fouillot (un patron de café et une conseillère municipale) les couvent comme deux petits poussins d’amour. Je vous le dis, on est chez Labiche !… Il y a aussi la grande sœur d’Alexia, Stéphanie, qui la drive gynécologiquement pour qu’Alexia arrive à avoir un enfant, car le couple Daval semble peiner à y parvenir. Jonathann a l’air si heureux et si à l’aise dans cette nouvelle famille qu’il appelle sa belle-mère « maman » et tient la main de son beau-papa quand ils se baladent dans la rue. Tout le monde trouve ça normal et le normal explose le soir du vendredi 27 octobre 2017 (là, je ne peux pas ramener ma gueule : je ne tenais plus mon Journal intime).
Après une bonne raclette en famille chez les Fouillot, Alexia et Jonathann rentrent chez eux, elle donne à manger au chat, lance une machine, puis ils se couchent vers minuit, sans histoire. Le lendemain, samedi, le couple se lève, ils petit-déjeunent devant une série, puis Alexia part faire son footing vers 9 heures. Jonathann va à son boulot, il lui envoie des textos auxquels elle ne répond pas. Vers 11 heures, inquiet, il va chez ses beaux-parents et part avec son beau-frère, le mari de Stéphanie, Grégory, d’abord dans la campagne pour rechercher Alexia, puis aux urgences où elle n’est pas, et enfin à la Gendarmerie pour signaler son retard. Aussitôt, toutes les braves âmes de la région se mettent à la chercher, traumatisées, comme la plupart des Français, par des histoires approchantes de joggeuses disparues et agressées, sans doute par un sale Arabe encore… Voilà pourquoi une battue spontanée de plus de 200 Graylois est immédiatement lancée. Zéro résultat.
Deux jours après, le corps d’Alexia est retrouvé à moitié brûlé sous des branchages à l’orée du bois d’Esmoulins. Effondrement de Jonathann et de sa belle-famille… C’est bien ce que tout le monde craignait : un rôdeur a chopé la blonde qui courait en short.
Elle s’est débattue, il l’a frappée, étranglée et cramée, l’enculé. À l’enterrement, Jonathann se vautre sur le cercueil, ne veut pas qu’on l’en arrache pour l’enterrer, il l’inonde de larmes. D’ailleurs, ce cercueil, c’est lui qui l’a choisi, ainsi que l’intérieur… « Je souhaite à tout le monde d’avoir un gendre comme Jonathann » dit Isabelle Fouillot. Une marche blanche dans la plus stricte tradition victimaire de réaction à des crimes sur des jeune gens au XXIe siècle est organisée dans le village. 8000 personnes défilent en boucle en passant d’un pont à l’autre jusqu’au centre-ville où une estrade est dressée, et sur laquelle le père, la mère d’Alexia, et son mari Jonathann, toujours effondré et soutenu par eux deux, s’expriment au micro. Tout le monde est bouleversé par le masque de douleur humide du veuf ensanglotté qui a du mal à rendre hommage à sa femme assassinée et qui finit par lire son papelard : « Alexia aimait nager et courir, passions qui nous réunissaient tant dans l’effort que dans l’épanouissement de notre couple… Elle était ma première supportrice, mon oxygène, la force qui me poussait à me surpasser lors de mes challenges physiques… ».
Il y a même un jogging solidaire après la marche blanche, avec non seulement les villageois de tous les alentours, mais aussi d’autres compatissants courant ailleurs dans plusieurs villes de France. De celui de Gray, Jonathann est bien sûr en tête, saluant tout le monde, recueillant les condoléances. Monsieur Le Veuf est moulé dans un tee-shirt lie de vin marqué au marathon de Lausanne qu’il a dû faire avec son Alexia quelques années auparavant.
Trois mois suivent pendant lesquels Jonathann va dîner quasiment tous les soirs chez sa belle-famille, ils pleurent tous ensemble en attendant que les enquêteurs retrouvent le salaud qui a détruit leur vie. Jonathann a même passé chez les Fouillot le premier Noël sans Alexia, et on arrive au 30 janvier 2018 : coup de théâtre : un suspect est mis en garde à vue : c’est Jonathann lui-même ! Son avocat, qui était partie civile de Daval contre X, se retrouve à assister son client dans une garde à vue où c’est celui-ci qui est suspecté et identifé comme étant le fameux X ! Les flics ont attendu trois mois pour être bien sûrs, ils mettent sous le nez de Jonathann des éléments factuels et irréfutables. Le mari s’effondre d’une autre manière : il avoue, c’est bien lui ! L’assassin = le mari ! La mariée mise à mort par le mari, même… Mais, dit-il, c’était juste un accident après une dispute conjugale, il a paniqué, fait n’importe quoi, c’est-à-dire qu’au lieu d’appeler les secours après avoir tué Alexia en essayant de maîtriser une énième crise de la coléreuse, il a apporté son corps le lendemain matin dans la forêt pour faire croire à un crime sexuel par un maraudeur, mais ce n’est pas lui qui a mis le feu à sa femme. Il faudra plusieurs mois à Jonathann, lors de la reconstitution, pour avouer finalement que c’est lui aussi qui a enflammé le cadavre de son épouse.
Très forts, les enquêteurs, pour une fois. Des comportementalistes ont étudié l’attitude de Jonathann lors de toutes ses apparitions publiques de démoli en larmes continuelles. En douce, ils ont filmé ses gestes de maladroit dans son jeu de rôle qui a pourtant abusé tout le monde autour de lui, parents et avocats compris… Les flics ont appris aussi qu’un voisin avait été réveillé la nuit du 26 au 27 par le bruit de la plaque métallique au sol devant chez les Daval, et avait vu par sa fenêtre le déplacement de la camionnette blanche de Jonathann du parking en face à son garage, alors que le futur veuf avait affirmé ne pas avoir bougé de la nuit… Ensuite, les traces de pneus remarquées dans la boue non loin du corps d’Alexia ont permis d’identifier l’une des roues même du véhicule de fonction de Daval muni d’un traqueur indiquant chaque fois qu’il roulait et même qu’on en ouvrait une des portes… Les fins limiers n’avaient plus qu’à cueillir le mari comme une fleur du mal, et lui sécher ses pleurs du bien.
Perquisition ! Là, dans la maison des Daval, ils trouvent une bombe d’aérosol incendiante dont le capuchon manque : c’est celui qui a été retrouvé sous le corps d’Alexia. Et ils constatent que le drap dans lequel était enveloppée la femme étranglée et brûlée vient directement de la trousse de mariage familiale du couple exemplaire. Jonathann pensait sans doute que c’était la meilleure manière de transporter discretos le corps pendant le trajet pour aller au bois, et il l’avait laissé sur place pour qu’il brûle avec le reste plutôt que de le rapporter chez lui, le laver et le reranger… Ça fait déjà beaucoup de biscuits pour la Police, mais il y en a d’autres. Son crime parfait était plutôt un crime perfectible ! Il a trop montré de l’inquiétude tout de suite alors qu’elle n’était partie que depuis trois heures, il a parlé d’Alexia au passé le jour même aux gendarmes, et sur le cadavre il a oublié de casser les lunettes de sa femme pour crédibiliser une bagarre… Il y a aussi le choix de l’utilisation imprudente de son utilitaire professionnel, dont il ignorait peut-être que son patron y avait installé un « mouchard », mais qui, d’un autre côté, était justifiée car il n’allait pas asseoir sa femme à la place du mort dans leur petite bagnole privée !… Que d’erreurs ! Au trou !
Après un an de prison, Jonathann revient sur sa version et accuse sa belle-famille. C’est eux qui ont assassiné sa femme, et en particulier son beau-frère Grégory, ils étaient tous complices les uns les autres pour couvrir le crime et lui faire porter le chapeau à lui, pauvre prol’ tordu. En apprenant l’accusation de son gendre, Isabelle Fouillot pousse un rire de hyène douloureuse : « C’est une blague ? ». Une confrontation s’impose. Personne n’arrive à faire craquer Jonathann sauf sa belle-mère qui lui montre une photo d’Alexia avec leur chat, Happy. Devant le juge et les avocats, Jonathann s’effondre (qu’est-ce qu’il se sera effondré !) aux genoux de sa « Maman » qui le relève et le prend dans ses bras. Scène « surréaliste » a-t-on-dit, alors qu’elle est surtout chrétienne, et encore, car ce n’est pas par charité ou communion christique que madame Fouillot a pris son gendre-assassin dans ses bras, mais pour le remercier de l’avoir lavée elle et toute sa famille de cette infamie supplémentaire ! On est en plein croisement incestuel œdipeux !…
Et c’est enfin le procès qui démarre le 16 novembre 2020. Ça se passe à Vesoul, comme toujours. Le Palais de Justice est assailli de journalistes. Du côté Fouillot, les avocats des « victimes » (alors que la victime, c’est Alexia, pas sa famille) : le père et le fils Portejoie, une jeune endive et un vieux salsifis aux cheveux blancs et duffle-coat années 70, qui veulent « savoir la vérité ».
Du côté de Jonathann, 1,65m, il y a le sien, d’avocat, Maître Randall Schwerdorffer (1,95m) passé de partie civile à défense : un clone de Dupont-Moretti mais avec ses particularités à lui : sourcils pointus, petits yeux de partouzard, rouflaquettes de rocker, barbe forte de pirate sur double-menton en sueur de notable libertin, et bedaine de gras gaillard vicieux : un vrai personnage de Sade !… Entre Blangis et Forville avec une pincée de Saint-Fond… Randall, on dirait en permanence qu’il vient de baiser. Avant de plaider, c’est toujours bien de se vider la tête… Accentue cette impression son assistante, toujours dans son ombre visqueuse, Ornella Spatafora, une brune méditerranéenne à gros seins, bandante à l’extrême, avec des regards de velours et une petite voix porno. Ils entendent tous deux ramener le meurtre de leur client à la riposte excessive d’un mari humilié par la « personnalité écrasante » de sa femme, alors que pour la partie civile, c’est un dominant déguisé en dominé ! Un pervers narcissique ! Un gamin qui se cache derrière sa petite bite ! Les beaux-parents ont tout essayé…
Six jours de procès mal immortalisé par les dessins d’audience nuls d’un crobardeux sans talent dont la ressemblance est le dernier des soucis. En revanche, bien couvert par la reporter Amélie Rosique, encore une fille sexy : il n’y a que ça dans cette histoire ! Tout le monde trouve Jonathann « absent » pendant les séances… Il est déjà absent de lui-même, comment il pourrait être présent à son procès ? La semaine a été surtout marqué par le malaise vagal (malaise Daval ?) de Jonathann au troisième jour, au moment même où le juge commençait à le cuisiner, à 19 heures 30, après une journée de confrontations et de témoignages éprouvante. Évidemment, il était sur les nerfs, il avait les glandes para antipathiques coincées, il en avait trop sur le cœur…
Le lendemain, samedi, donc, vers 8h, Jonathan emprunte le portable de sa femme et écrit à Stéphanie, sa belle-sœur, un faux message d’Alexia pour crédibiliser le jogging de celle-ci: « Hello je vais courir et je passerai vous voir après si j’ai la motivation ». À 8h30, il prend sa fourgonnette, et va un peu au hasard à la sortie de la ville vers le bois d’Esmoulins. Il se gare sur la route et traîne le corps, « comme un sac de patates », expression du père d’Alexia (bravo monsieur !) dans les fourrés, il trouve un endroit cafouilleux de vieux troncs et de branches mortes. Il allonge Alexia, la recouvre du drap qu’il a piqué dans son armoire, et l’arrose à la bombe moussante expansive inflammable pour accélérer la crémation, avant d’y foutre le feu, surtout les parties génitales et la tête… Peut-être réalisa-t-il sur le terrain (il était temps !) que son ADN sur les zones particulièrement touchées par lui allaient le trahir, et donc crut que la combustion suffirait à l’effacer… Sans attendre que tout le corps brûle, Jonathann repart en ville pour aller boire un petit café chez sa mère à qui il ne dit rien. C’est fou le nombre de choses qu’on peut cacher à une mère ! Après, il passe voir son beau-père, le moustachu débile qui tient le café-PMU « La Terrasse », qui se situe d’ailleurs juste en face d’un cabaret-spectacle de transformistes : Au Mastroquet… Là, autre petit café, Jonathann signale juste au père Fouillot qu’Alexia est partie courir et qu’elle n’était pas en forme. Sacré Petit Poucet à l’envers, ce Jonathann semeur de cailloux-alibis. Ensuite, il va chez son patron récupérer une imprimante pour un voisin. Rien de remarquable. Puis, vers 11h, il arrive en pleurs chez sa belle-mère pour lui dire qu’il est très inquiet car Alexia n’est toujours pas revenue après deux heures seulement. Pas de puce à l’oreille de la belle-maman bouchée… Il lui dit que sa fille ne répond pas à ses messages (envoyés exprès pour laisser des traces). Il en envoie en masse des textos à blanc ! 10 h 37 : « Je vais passer par le boulot récupérer l’imprimante pour notre voisin, ne m’attends pas pour la douche ». 11 h 04 : « Tu es rentrée ? Je vais arriver ». À ce moment même, Alexia se consume dans le bois…
Il y en a un qui est marrant même : « Toujours en train de courir ??? Je vais vider les cadavres de bouteilles que tu bois… Lol. Bisous, à tout à l’heure. Je t’aime. »… Il aura plein de mots comme ça, lacaniennement passionnants, comme évidemment le fameux : « c’était mon oxygène » lors de son show de veuf en pleurs rendant hommage à sa disparue devant 8 000 personnes. Visage de plouc en pleurs, là, on en a un beau ! Quand il va vérifier chez lui, avec son beauf-frère si Alexia est rentrée, il hurle dans toute la maison « Alexia ! Alexia ! » alors qu’il sait très bien qu’elle n’est pas là, mais dans le bois, chaude comme de la braise. Comment la foule, la famille, les spectateurs, les téléspectateurs, les journalistes, les flics (non, pas les flics) ont-ils pu croire sincère la comédie évidente de cette petite merde à la gueule crispée de douleur feinte, aux yeux de fouine bleus ruisselant de larmes que des millions de crocodiles d’Afrique Noire pataugeant pendant mille ans dans leurs marigots n’auraient jamais eu le cran de verser ! C’était un masque de tragédie même pas grecque, un faux Picasso période Dora Maar explosant en pleurs après le cubisme ! Et tant de médiocres observateurs se sont demandés a posteriori ce qu’il a bien pu ressentir !… Où a-t-il donc trouvé la force de parvenir à une telle volonté de tromperie, sinon dans le déni… Et pour manipuler ainsi tout le monde, où nichait-il donc ses deux personnalités, Docteur Jonathann et Mister Daval sinon dans la schizophrénie la plus aggravée ?… Conneries ! Manipulateur ? Pas du tout ! Jonathann n’a pas été manipulateur, sauf du cadavre de sa femme. Déni ? Encore moins ! Daval n’était pas dans le déni, mais dans le mensonge, tout simplement. Un mensonge énorme et théâtral, un peu comme celui de Jean-Claude Romand. Même Grégory a souligné «la qualité de son mensonge».
Jonathann n’est habité par aucun amour, certains psys diront que ça date de la mort de son père quand il avait 12 ans, mort qui a tué en lui tout amour pour tout autre être humain, y compris lui-même (ça, c’est moi qui le rajoute). Et en premier pour sa femme et sa belle-famille à la con qui croyaient en chœur que la vie, c’était ça : la vie de famille, avec ses dîners sympas, ses petites plaisanteries, ses coups de main, ses coups de pouce, ses coups de coude. Que de coups sans jamais en tirer un seul ! Je me demande si, lorsqu’il a baisé sa morte, à chaque coup de sa queue enfin tendue pour quelque chose d’utile (pas la fabrication d’un enfant, mais celle d’un alibi !), Jonathann ne cherchait pas à faire ressusciter son père… En tout cas, c’était aussi pour lui faire payer à Alexia, cette conne, d’avoir voulu absolument un gosse de lui alors qu’il était mort depuis l’âge de 12 ans et qu’elle ne le voyait pas, persistant à lui violer l’âme en le faisant sans arrêt chier avec ça ! Quelle horreur ! « Moi, père ? Jamais ! » devait se dire Jonathann en tronchant une dernière fois son macchabée tiède.
Pas d’amour donc, mais beaucoup d’humour… Évidemment, c’est un humour un peu spécial, très capricornien. Par exemple : remettre la veste mordorée (mort de rire !) de son mariage le jour de l’enterrement de sa femme. Black jacket ! Après tout, c’est noir aussi, voilà une veste qui peut servir deux fois. Économie et humour noir ! Qui d’autre que Jonathann Daval a eu assez d’esprit analogique pour s’apercevoir que le noir symbolisant le chic et la joie d’un mariage était le même que celui, sobre et grave, de la tristesse d’un deuil ? D’ailleurs, question qui vient grâce à la veste à double-emploi : est-ce que c’est le jour de son mariage avec Alexia qui fut son véritable enterrement, ou bien c’est lors des obsèques de sa regrettée épouse qu’il enterrait en quelque sorte sa vie de garçon ? Le marié était en noir ! Il a tué son mariage à l’enterrement de sa femme. On peut tout lui reprocher, à Jonathann, mais il a le groove ! Rien que la coiffure, on dirait une guitariste de chez Prince ! Un faux air de Wendy Melvoin… Et cette veste genre smoking satinée, il n’y a que ça dans le funk. Je répète : déplacer un vêtement festif dans un contexte de mort, si ça, c’est pas drôle ! Il a fait passer pour du sentimentalisme un pur cynisme !
C’est comme ses pleurs en public, beaucoup ont pensé qu’ils étaient quand même sincères, mais non, évidemment ! Même s’il se forçait à ne jamais sortir du rôle du veuf détruit, il pleurait trop pour être honnête. Son visage grimaçant d’auto-torture rappelait un jeu d’acteur du Muet, à la Lon Chaney… Larmes de clown ! Les comportementalistes-flics l’ont bien noté. Moi-même, par quelques arrêts sur images, j’ai chopé pas mal de petits coups d’yeux fuyants du caméléon entre deux rictus de désespoir… Caméléon ! On l’a dit aussi. Il existait déjà les airs de chien battu, Jonathann Daval a inventé les airs de caméléon battu ! Sauf qu’on se demanderait pourquoi on en arriverait à battre un caméléon… Jonathann, pendant toute la durée de son rôle, avait aussi un petit côté Zelig qui se noie dans l’ambiance. Nazi avec les nazis, résistant avec les résistants. Oui, il donne aux autres l’image, fausse bien sûr, qu’ils se sont faite de lui, ces cons. Celle d’un époux dévasté par une douleur outrancière, qui a du mal à respirer, soutenu par ses beaux-parents comme par deux béquilles pour accéder au micro et balancer à la France entière que celle qu’il venait d’étrangler était son « oxygène » alors qu’elle l’étouffait depuis plus de dix ans. Qu’on s’y trompe ! Son fameux masque de mari martyr était fait sur mesure pour son rôle. Quel mauvais acteur ! Pourtant, les autres l’ont trouvé excellent ! Et alors ? Voyez le nombre de comédiens nuls à chier qui obtiennent l’Oscar du meilleur de l’année ! Le beau-père Fouillot, lui, a dit qu’on devrait lui décerner « le César du meilleur scénario ». Toujours le mot pour rire, Jean-Pierre. C’est comme quand il lui avait demandé la raison pour laquelle il avait tué sa fille : «Parce qu’elle n’a pas mangé assez de raclette ?»
Beaucoup de cafetiers du commerce psychiatrique ont affirmé qu’une fois rentré chez lui après une dure journée de supercherie, Jonathann, la nuit, tout seul se mettait à vraiment pleurer pour décompresser, pour évacuer sa vraie tristesse d’avoir commis « l’irréparable ». Mais non ! Je ne serais pas étonné si un jour, en le visitant au parloir, Jonathann Daval m’apprenait que pendant ses trois mois de théâtre, il riait bien sûr ! Des fous rires à se casser une autre côte, car on a un peu vite oublié au procès qu’Alexia lui avait cassé une côte lors d’une de ses fameuses crises où elle voulait absolument un enfant. Côte d’Ève, toi-même ! Prends ça…
Pourquoi Daval riait ? Parce qu’il voyait bien qu’il les avait bien niqués, tous. Jamais il n’aura pris un tel pied contre la société, contre la famille, contre le sexe « normal », contre la vie banale et minable de la petite plouquerie satisfaite… Finalement, son masque de grimace impudique, c’était pour cacher qu’il avait envie de rire, de pleurer de rire. Tout son effort était de se retenir de se marrer d’avoir cocufié toute une famille et tout un pays. En vérité, il pleurait de rire au fond de lui et pour cacher son fou rire, il pleurait. Il vaut mieux en pleurer qu’en rire ! Enfin, loin des regards, Jonathann pleure de joie, enfin libre, enfin homme ! Cet « homme » que sa femme, sa belle-mère, son beau-frère et sa belle-sœur lui ont dénié d’être pendant ces années, il l’a compressé au fond de lui comme dans un canon d’artillerie qui a explosé ce soir-là et a craché, par son orifice chauffé à blanc, son boulet criminel jusqu’à défoncer sa responsable-en-chef, son ennemie, sa femme qui le crucifiait chaque fois qu’elle lui demandait de la pénétrer. Avoir tué Alexia, Jonathann, ça l’a fait renaître, et même naître tout court !
Et ça ne lui suffisait pas, il fallait aussi défoncer la belle-famille après son aveu, les accuser eux d’avoir tué sa femme. De même que ce grand psychologue avait bien remarqué le traumatisme fantasmatique de la « joggeuse disparue » dans la société des petits blancs apeurés de notre époque (au point qu’aujourd’hui encore on reprend la version de Daval, en parlant d’Alexia comme de « la joggeuse », alors qu’elle n’a jamais fait de jogging ce jour-là !) ; de même, Jonathann a bien senti la névrose du complotisme de cette même époque puisqu’il a accusé les Fouillot d’être les auteurs d’un « complot familial » où tous seraient dans le coup, la mère couvrant le père qui aurait transporté le corps sur les ordres de sa deuxième fille, et le beau-frère, Grégory qui ne serait rien moins que celui qui aurait étranglé Alexia ! Encore quelque chose de bien pensé de la part de Jonathann. Mais qui de la Justice et des Médias, ces incompétents, aurait pu remarquer que s’il a choisi Grégory, ce n’est pas par hasard ? D’abord, il était évident que ce beau-frère était amoureux de sa femme Alexia, il suffit de regarder Stéphanie, sa femme à lui qui a pris 20 kilos depuis la mort de sa sœur, pour le comprendre. Ensuite, les fainéants du journalisme s’indignant que Jonathann l’ait dénoncé comme meurtrier, oublient de dire que Grégory lui aussi a accusé d’une façon indigne quelqu’un et pas n’importe qui, ni n’importe quand (une semaine avant la confrontation) : la mère de Jonathann, dont on a retrouvé un cheveu dans la camionnette qui a servi à transporter Alexia au bois d’Esmoulins ! Oui ! C’est une des basses œuvres de Greg le plus-que-chelou… On est à deux doigts de le soupçonner du cambriolage des sextoys de sa belle-sœur dans le tiroir de sa table de chevet, mais on se contentera de constater que cet enculé a quand même essayé de faire croire que la grosse Martine était complice de son fils, le monstre Jonathann Devil !… Encore une fois, les saints ne sont pas ceux qu’on croit, et les salauds pareils ! Martine, pas si con, a d’ailleurs très bien répondu en expliquant que c’était un cheveu évidemment collé sur les vêtements de son fils (ils s’enlaçaient trois fois par jour !) et tombé dans le camion quand celui-ci était allé décharger Alexia dans la forêt… « Le cheveu et son maître s’embrassèrent étroitement, comme deux amis qui se revoient après une longue absence. » Ô Lautréamont !