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« Je suis comme tous ces blancs qui ont tout perdu de leurs traditions, de leur rapport spécifique au monde, qui se matérialise par des formes et des pratiques. »

« La France est jalouse de notre pouvoir communautaire, car elle veut qu’on lui appartienne corps et âme. Ce qu’elle ne supporte pas, c’est qu’on puisse lui échapper. Ce qu’elle veut, c’est qu’on devienne sans rechigner ce qu’elle a prévu pour nous : devenir de parfaits individus. »

« Quand les colonisés disent des blancs qu’ils n’ont pas d’âme, ne sont-ils pas simplement entrain de constater qu’ils se sont vidés de leur substance ? »

« Moi, je vous le dis comme je le pense, je n’envie pas les blancs devenus ‘’individus’’, en fait, je les plains. »

« Ce que je crains le plus, c’est de ne plus appartenir à cet inconnu que je croise et avec qui je n’ai en commun que de venir de l’autre côté de la Méditerranée, qu’il n’ait plus aucun pouvoir sur moi. Ce que je crains, c’est le combat républicain qui criminalise ces femmes et ces hommes qui font la police auprès de leurs enfants parce qu’ils ne veulent qu’une chose : transmettre. Transmettre pour nous remplir. Transmettre pour faire de nous des humains avec une âme. Transmettre pour ne pas nous dissoudre dans une culture égoïste et individualiste. Transmettre pour garder vivante la culture des ancêtres. J’aime beaucoup l’idée en effet de ne pas m’appartenir. J’aime beaucoup l’idée que nous nous appartenions les uns les autres. J’aime beaucoup l’idée que malgré tout ce qui a été fait pour nous séparer, nous soyons endettés les uns vis-à-vis des autres. J’aime beaucoup l’idée que nous résistions au projet de l’individu. J’aime beaucoup l’idée que mon corps appartienne à ma communauté. Car s’il m’appartenait, à moi et à moi seule, il est fort à parier que je l’aurais déjà donné à l’État républicain. »

Heil Houria https://i.imgur.com/1brch6Us.png