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Esthétique de la liberté de Philippe Nemo
"Une des principales vertu connexes de la justice est la libéralité (ou bienveillance), c'est-à-dire la propension à aider autrui au-delà de ce qu'on lui doit selon une stricte justice. La propension à donner libéralement à autrui fait partie, en effet, de la nature humaine. Mais, pour donner, il faut avoir. Cela fournissait à Aristote un argument de poids contre le communisme de Platon : dans le communisme, il n'y a pas de propriété ; personne ne peut rien donner à personne ; donc le communisme est antinaturel. En revanche, dans société respectant la propriété privé, les hommes peuvent faire preuve de libéralité.
Notons que cette vertu est le fondement moral du secteur indépendant de l'économie, celui des associations et des fondations, de tous les organisme dits, à but non-lucratif, puisque les personnes qui y participent n'exigent pas un bien ou un service déterminés en échange de leurs contributions (cotisations, apports d'industrie, disponibilité en temps, bénévolat), comme ils le feraient sur le marché qui est régulé, lui, par la justice stricte. Ils peuvent bien espérer quelque forme de retour, notamment une satisfaction morale à voir progresser une cause à laquelle ils attachent du prix ; mais ils renoncent à un avantage immédiat et strictement égal à leur apport. Or il est clair que, par la modération des prélèvements obligatoires qui laisse à chacun plus que le minimum vital et lui permet de donner son superflu à qu'il veut, une société libérale permet tout particulièrement à ce type d'organisme d'exister et de prospérer, et donc aussi, à leurs membres, de pratiquer les vertus correspondante, d'être "libéraux" et "bienveillants" et d'acquérir le lustre moral attaché à ces vertus. En revanche, en s'emparant par l'impôt de tous les revenus supplémentaires disponibles le collectivisme tue dans l'oeuf la libéralité et, faisant injure en cela à la nature, il enlaidit l'être humain".