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Alors, alors, alors… Beaucoup de choses à dire.

Déjà, utiliser le prénom Jean suivi de n’importe quel mot pour rajouter une petite touche d’humour à ton discours aussi absurde que ton existence ne donne pas plus de crédibilité à tes arguments.

Avant de commenter tes paroles, je tiens à dire que je n’affirme en aucun cas que la théorie de l’évolution soit démontrée puisque c’est une théorie. Elle l’est car on ne l’observe pas directement mais on a accumulé un nombre si grand d’observations en faveur de cette théorie qu’elle constitue aujourd’hui une des théories les plus solides de tout le domaine de la science.

« […] vous allez commencer par m'expliquer où est ce que vous avez vu une espèce se changer en une autre ? », c’est exactement ce que je viens d’expliquer.

Les 3 exemples qui suivent sont pour toi en défaveur de la théorie de l’évolution car la définition du mot « espèce » que tu utilises est la mauvaise, mais j’y reviendrai.

Pour ce qui est de l’expérience de Lenski, je ne la connais pas (terrible) et je vais donc m’informer dessus, mais de ce que j’ai lu rapidement, elle serait une preuve comme tu l’as dit du phénomène de sélection naturelle mais elle mettrait également en PLS les défenseurs de la thèse de la complexité irréductible.

Concernant « les chiens font des chiens », je trouve ça extrêmement réducteur puisque certes ils font des chiens, mais des chiens différents génétiquement. Sur une période plus longue que celle de ta courte existence, tu remarqueras par exemple que les ancêtres des canidés actuels n’en sont pas et qu’ils ont mené à l’apparition de différentes espèces de canidés.

Au tour de l’hybridation maintenant : effectivement, les individus hybrides sont le plus souvent stériles. Mais il existe un bon nombre d’hybrides fertiles qui se reproduisent depuis de nombreuses années. Chez les animaux, il y a par exemple le pizzly, le chien-loup (ou crocotte), le sanglochon, etc. Mais l’hybridation est surtout présente chez les plantes, il suffit de se renseigner un minimum.

Ahhh, on arrive au point le plus important : la définition d’une espèce.
Tout d’abord une espèce est davantage un concept qu’une réalité puisqu’il n’y a pas de limite de différence précise à partir de laquelle tel individu n’est plus de la même espèce que l’autre. Mais il faut quand même définir cette notion qui repose sur 3 critères :

1. Les ressemblances morphologiques / phénotypique. Problème : le dimorphisme sexuel (différences entre mâles et femelles)
2. L’interfécondité. Problème : il existe des cas (même si rares) d’hybrides fertiles comme expliqué plus haut.
3. La génétique : Une espèce peut être considérée comme une population d’individus suffisamment isolés génétiquement des autres populations. Tu remarqueras qu’il n’y a pas de seuil de similarité génétique à partir duquel un individu n’est pas de la même espèce qu’un autre, donc c’est très vague et c’est justement ce qui alimente ton opinion. C’est cette même définition qui est utilisée par la communauté scientifique que tu évoques tel Marlène Schiappa face à Zemmour.

Enfin, le temps. « D’ailleurs pour les scientifiques sérieux, le temps n’existe pas, ce n’est qu’une conception humaine d’un phénomène qui n’a pas de matérialité physique. » Je suis complètement d’accord avec cette idée. Néanmoins, si le temps n’est qu’une conception, rien n’empêche de l’évoquer ou de l’utiliser.

L’évolution des espèces se fait par des mécanismes qui induisent des changements aléatoires minimes qui sont susceptibles d’augmenter la valeur sélective de l’individu en question. C’est la sélection naturelle, je ne vais pas réexpliquer ça ici parce que je crois qu’on est d’accord là-dessus. En revanche, certains caractères sont transmis, alors même qu’ils présentent un désavantage au niveau de la survie, à cause de la sélection sexuelle.

Il est très facile de comprendre que pour que ces mutations (ou changements) aboutissent à une différence significative, il faut que ces il faut que ces mêmes mutations s’accumulent, donc il faut plusieurs générations (donc un peu de temps).
C’est ce qui a été montré dans l’expérience de Lenski, je pense.

Ce que toi tu défends en réalité, c’est la thèse de la complexité irréductible qui a été démontée par cette même expérience. Pour ceux qui ne la connaîtraient pas, cherchez.

La théorie évolutionniste n’est qu’une théorie, mais l’une des plus solides à l’heure actuelle.

Pour conclure, je crois que le point le plus important sur lequel se joue ce débat est le seuil à partir duquel tu considères qu’une espèce est différente d’une autre. Si je te montre deux espèces d’oiseaux différentes, tu vas me dire que ce sont tous les 2 des oiseaux, pourtant, ce seront bien 2 espèces différentes. C’est une question de taxinomie.