Topic : « [CONCOURS] Concours de FIC d'Avenoel 1ère Edition »

Avatar de KheyAyanami00 KheyAyanami00 Posté le 12/08/2019 à 00:43:57
Citation de arcflaque
J'hésite, ça fait un moment que j'ai envie d'écrire quelque chose mais j'ai du mal avec les dates et les obligations. https://image.noelshack.com/minis/2018/40/4/1538671842-kanna-kamui.png

Je suis pareil. Le truc c'est que sans date et obligation tu t'y met jamais.
Avatar de MetaBan MetaBan Posté le 16/08/2019 à 12:56:40
Chacun d’entre nous à un jour entendu ces terribles faits-divers où une agression eu lieu au beau milieu de la foule. Où cinquante personnes assistèrent à une violence – qu’elle soit sexuelle ou physique – sans qu’aucune ne se levât pour s’interposer, sans qu’aucune ne tenta même d’élaborer un plan d’action avec d’autres témoins, semblant oublier que l’union souvent fait la force.
En somme, où chacun fit mine de ne rien voir.

Quiconque entend cela ne peut qu’être mû par un sentiment de dégoût, d’incompréhension et de colère face à tant de lâcheté. Et cela est normal, que ressentir d’autre ?
L’humain est très courageux lorsqu’il s’imagine être, lorsqu’il s’imagine faire : « Ha, si j’avais été là ! Pour sûr, j’aurais alerté mes voisins, et à dix on se serait mis sur lui ! Mais qui sont donc ces gens, n’ont-ils aucune valeur morale ? Et si la victime avait été leur enfant ? N’auraient-ils pas souhaité que quelqu’un intervienne ? Ils me répugnent. J’espère qu’ils se sentent coupables, tous autant qu’ils sont. Honte à eux. »
Mais les cinquante personnes en question n’ont-elles pas pensé, avant d’être à leur tour témoins de pareil cas, exactement la même chose ? N’ont-elles pas elles aussi ressenti dégoût, incompréhension et colère lorsqu’ils avaient vent d’aussi sordides histoires ? Bien sûr que si.
Eux aussi se virent justiciers et acteurs du bien, eux non plus ne comprenait pas comment tant de lâcheté était possible. Pourtant, ils n’ont rien fait. Ils sont restés là, impassibles, comme paralysés devant une scène qu’ils s’étaient parfois imaginer vivre en héro.
Des études en psychologie-sociale appellent ce phénomène « L’effet du spectateur » ; deux facteurs semblent rentrer en jeu : D’abord, l’influence sociale, le témoin observe les autres afin de savoir ce qu’ils pensent, et alors que chacun observe, aucun n’agit – chacun donc conclue qu’une aide n’est nécessaire. Ensuite, le phénomène bien connu de diffusion de la responsabilité : chacun pense qu’un autre, davantage qualifié et apte à répondre à l’agression que lui va agir – autrement dit, plus il y a de gens, moins la responsabilité n’affecte les individualités.
De nombreuses expériences ont été faites, et chaque fois – il y eut certes quelques exceptions, mais si marginales qu’elles pourraient être considérées comme les exceptions qui confirment la règle – les constats étaient les mêmes : les témoins restent passifs.

Je fus moi-même, il y a trois ans, confronté à une situation similaire, mais choses ne se passèrent pas comme la théorie l’indiquât. Avant que d’entrer au coeur même du sujet, il me faut le mettre en situation et exposer comment alors je vivais et occupais mes journées.
J’avais trente-quatre ans et venais de rencontrer une femme dont je m’étais rapidement amouraché avec qui je filais le parfait amour – quoique platonique - de ceux qui vous rendent heureux peu importe les malheurs auxquels vous devez faire face, de ceux qu’un sourire vous reste en mémoire des heures durant et font battre votre coeur plus rapidement qu’à la normale..
J’étais sans emploi et passais le plus clair de mes jours, quand je ne la voyais pas, à surfer sur le web, alimentant quelques fora, ou à lire. Je lisais beaucoup, de tout. Ma soif de curiosité n’était jamais apaisée, et ainsi j’étais devenu plutôt érudit dans de nombreuses disciplines, de l’entomologie à la théorie musicale, en passant par l’astronomie, la littérature Russe, etc.
La psychologie sociale m’intéressait également, et je me tenais au courant de toutes les nouvelles données que l’expérience nous offrait ainsi que des mécanismes psychologiques à l’oeuvre dans telle ou telle situation. Peut-être est-ce cela qui me fit agir d’une manière que l’on pourrait qualifier de singulière, mettant à mal ce qu’on supposait être, au fil du temps, dans la nature humaine, et donc inextinguible.
J’avais dû sortir, à l’entour des 18h, faire quelques courses. J’y allais, comme à l’habitude, à pieds, et c’est à pied également que le retour se faisait.
Ma supérette se trouvait dans une rue assez fréquentée, surtout à cette heure, et j’en sortais les bras chargés de deux sacs, suffisamment lourds pour que mes muscles me fassent sentir qu’ils travaillaient. Je rentrais donc chez moi, quand j’aperçus un attroupement face à une ruelle perpendiculaire. Moi qui avais horreur des badauds pour qui je ressentais un certain mépris me retrouva rapidement au milieu d’eux, non pour assister à une scène et y rester planté des heures, mais par curiosité de savoir ce qui alors attirait l’attention de ces gens.
Et ce que j’y vis me laissa quelques secondes coi : cinq femmes en train de frapper un vieillard au sol pour je ne sais quel motif. Il ne semblait pas fortuné, et j’ignore ce qui peut alors pousser à un tel niveau de violence si ce n’est l’appât du gain.
Alors que je voulais agir, je me rendis vite compte que seul, je ne pourrais venir à bout de ces femmes devenues démentes. A mes nombreuses sollicitations, je n’essuyais des autres badauds amorphes que des réponses (quand ils répondaient) évasives qui me faisaient perdre tout espoir de réussir à mobiliser les foules « Oui elles sont bien énervées », « On ne peut pas agir sans arme », « Elles doivent avoir une bonne raison ».
Désespéré, je cherchais dans mon esprit une connaissance qui pourrait m’être utile, et c’est au bout d’environ trente longues secondes que me revient en mémoire ce que j’avais lu sur un forum : Passé la trentaine, si un homme n’a eu dans sa vie aucune expérience sexuelle, il acquerrait certains pouvoirs, ésotériques pour ne pas dire magiques.
Si ma rationalité me faisait évidemment penser que tout cela s’apparentait à une vaste blague, je décidai, car là était mon dernier recours, de le vérifier.
Je forçai mon courage, traversai la masse, et me retrouvai alors à environ trois mètres des femmes.
Immobile, je fermai les yeux et sentis dans tous mes membres des picotements. En moi, une énergie folle – que je ne pourrais décrire – s’accumulait, mon cerveau semblait bouillonner, mes membres passaient de l’engourdissement à une potentielle puissance monstrueuse. Je ne comprenais pas ce qui se passait alors en moi, mais ne pouvait que constater qu’il se passait pourtant bien quelque chose.
Je m’avançais, et alors que je n’étais plus qu’à deux mètres, une femme s’approcha de moi et agressivement m’interpella « T’as un problème, toi ? ». Les quatre autres délaissaient le vieillard et rejoignirent la première. J’y étais. Seul face à ces furies. Brièvement je tournai la tête, et constatai qu’aucun badaud ne semblait prêt à me venir en aide. Je décidai de placer mes deux mains face à mon torse, et murmura : « Par le pouvoir de la répulsion ! ».
Evidemment, rien ne se passait. Pourtant, mon corps ne pouvait me duper, il y avait quelque chose en lui, une forme de capacité que je sentais décuplée. Elles se rapprochaient encore, et je n’avais alors plus rien à perdre, certainement pas mon envie de paraître sain d’esprit, et tout en gardant mes mains positionnées comme elles l’étaient, la colère et la terreur grondant en moi, je répétais, cette foi ci avec force et virulence : « Par le pouvoir de la répulsion ! ». J’imagine que vous me prendrez pour un fou, et pourtant je puis vous assurer de la véracité de ce qui se passât : Les cinq femmes furent, dans une grande puissance, projetées en arrière, comme si une force invisible les avait aspirées.
J’entendis derrière moi des cris de stupéfaction, et un brouhaha tout d’abord confus, ensuite diffus.
Je tournais la tête et vis des gens courir ; l’immobilité qui les habitait avait disparu, et l’effroi doublé de l’instinct de survie les fit se carapater.
Sonnées, les cinq femmes me regardaient avec stupéfaction, et quand l’une, plus hargneuse que les autres, tenta de revenir à la charge, je répétais ma formule. Une nouvelle fois, elle fut repousser.
Les cinq, à l’instar des badauds, partirent en courant et hurlant, sans demander leur reste.
J’aidai le vieil homme à se relever, et après avoir échangé quelques brefs mots, je rentrai chez moi, hébété par ce qui venait de se produire. Cela dépassait mon entendement.
Le réel dépasse quelque fois la fiction, dit-on souvent. J’en ai été le témoin privilégié, et l’avenir avec ma bien-aimée semblait s’effondrer sous mes pieds ; si je voulais rendre physique cet amour qui n’était jusqu’à lors que platonique, je n’en étais désormais plus si sûr, et c’est un monde de doute qui désormais allait m’habiter.
Avatar de ShimaSaito ShimaSaito Posté le 16/08/2019 à 12:59:29
Citation de MetaBan
Chacun d’entre nous à un jour entendu ces terribles faits-divers où une agression eu lieu au beau milieu de la foule. Où cinquante personnes assistèrent à une violence – qu’elle soit sexuelle ou physique – sans qu’aucune ne se levât pour s’interposer, sans qu’aucune ne tenta même d’élaborer un plan d’action avec d’autres témoins, semblant oublier que l’union souvent fait la force.
En somme, où chacun fit mine de ne rien voir.
Quiconque entend cela ne peut qu’être mû par un sentiment de dégoût, d’incompréhension et de colère face à tant de lâcheté. Et cela est normal, que ressentir d’autre ?
L’humain est très courageux lorsqu’il s’imagine être, lorsqu’il s’imagine faire : « Ha, si j’avais été là ! Pour sûr, j’aurais alerté mes voisins, et à dix on se serait mis sur lui ! Mais qui sont donc ces gens, n’ont-ils aucune valeur morale ? Et si la victime avait été leur enfant ? N’auraient-ils pas souhaité que quelqu’un intervienne ? Ils me répugnent. J’espère qu’ils se sentent coupables, tous autant qu’ils sont. Honte à eux. »
Mais les cinquante personnes en question n’ont-elles pas pensé, avant d’être à leur tour témoins de pareil cas, exactement la même chose ? N’ont-elles pas elles aussi ressenti dégoût, incompréhension et colère lorsqu’ils avaient vent d’aussi sordides histoires ? Bien sûr que si.
Eux aussi se virent justiciers et acteurs du bien, eux non plus ne comprenait pas comment tant de lâcheté était possible. Pourtant, ils n’ont rien fait. Ils sont restés là, impassibles, comme paralysés devant une scène qu’ils s’étaient parfois imaginer vivre en héro.
Des études en psychologie-sociale appellent ce phénomène « L’effet du spectateur » ; deux facteurs semblent rentrer en jeu : D’abord, l’influence sociale, le témoin observe les autres afin de savoir ce qu’ils pensent, et alors que chacun observe, aucun n’agit – chacun donc conclue qu’une aide n’est nécessaire. Ensuite, le phénomène bien connu de diffusion de la responsabilité : chacun pense qu’un autre, davantage qualifié et apte à répondre à l’agression que lui va agir – autrement dit, plus il y a de gens, moins la responsabilité n’affecte les individualités.
De nombreuses expériences ont été faites, et chaque fois – il y eut certes quelques exceptions, mais si marginales qu’elles pourraient être considérées comme les exceptions qui confirment la règle – les constats étaient les mêmes : les témoins restent passifs.
Je fus moi-même, il y a trois ans, confronté à une situation similaire, mais choses ne se passèrent pas comme la théorie l’indiquât. Avant que d’entrer au coeur même du sujet, il me faut le mettre en situation et exposer comment alors je vivais et occupais mes journées.
J’avais trente-quatre ans et venais de rencontrer une femme dont je m’étais rapidement amouraché avec qui je filais le parfait amour – quoique platonique - de ceux qui vous rendent heureux peu importe les malheurs auxquels vous devez faire face, de ceux qu’un sourire vous reste en mémoire des heures durant et font battre votre coeur plus rapidement qu’à la normale..
J’étais sans emploi et passais le plus clair de mes jours, quand je ne la voyais pas, à surfer sur le web, alimentant quelques fora, ou à lire. Je lisais beaucoup, de tout. Ma soif de curiosité n’était jamais apaisée, et ainsi j’étais devenu plutôt érudit dans de nombreuses disciplines, de l’entomologie à la théorie musicale, en passant par l’astronomie, la littérature Russe, etc.
La psychologie sociale m’intéressait également, et je me tenais au courant de toutes les nouvelles données que l’expérience nous offrait ainsi que des mécanismes psychologiques à l’oeuvre dans telle ou telle situation. Peut-être est-ce cela qui me fit agir d’une manière que l’on pourrait qualifier de singulière, mettant à mal ce qu’on supposait être, au fil du temps, dans la nature humaine, et donc inextinguible.
J’avais dû sortir, à l’entour des 18h, faire quelques courses. J’y allais, comme à l’habitude, à pieds, et c’est à pied également que le retour se faisait.
Ma supérette se trouvait dans une rue assez fréquentée, surtout à cette heure, et j’en sortais les bras chargés de deux sacs, suffisamment lourds pour que mes muscles me fassent sentir qu’ils travaillaient. Je rentrais donc chez moi, quand j’aperçus un attroupement face à une ruelle perpendiculaire. Moi qui avais horreur des badauds pour qui je ressentais un certain mépris me retrouva rapidement au milieu d’eux, non pour assister à une scène et y rester planté des heures, mais par curiosité de savoir ce qui alors attirait l’attention de ces gens.
Et ce que j’y vis me laissa quelques secondes coi : cinq femmes en train de frapper un vieillard au sol pour je ne sais quel motif. Il ne semblait pas fortuné, et j’ignore ce qui peut alors pousser à un tel niveau de violence si ce n’est l’appât du gain.
Alors que je voulais agir, je me rendis vite compte que seul, je ne pourrais venir à bout de ces femmes devenues démentes. A mes nombreuses sollicitations, je n’essuyais des autres badauds amorphes que des réponses (quand ils répondaient) évasives qui me faisaient perdre tout espoir de réussir à mobiliser les foules « Oui elles sont bien énervées », « On ne peut pas agir sans arme », « Elles doivent avoir une bonne raison ».
Désespéré, je cherchais dans mon esprit une connaissance qui pourrait m’être utile, et c’est au bout d’environ trente longues secondes que me revient en mémoire ce que j’avais lu sur un forum : Passé la trentaine, si un homme n’a eu dans sa vie aucune expérience sexuelle, il acquerrait certains pouvoirs, ésotériques pour ne pas dire magiques.
Si ma rationalité me faisait évidemment penser que tout cela s’apparentait à une vaste blague, je décidai, car là était mon dernier recours, de le vérifier.
Je forçai mon courage, traversai la masse, et me retrouvai alors à environ trois mètres des femmes.
Immobile, je fermai les yeux et sentis dans tous mes membres des picotements. En moi, une énergie folle – que je ne pourrais décrire – s’accumulait, mon cerveau semblait bouillonner, mes membres passaient de l’engourdissement à une potentielle puissance monstrueuse. Je ne comprenais pas ce qui se passait alors en moi, mais ne pouvait que constater qu’il se passait pourtant bien quelque chose.
Je m’avançais, et alors que je n’étais plus qu’à deux mètres, une femme s’approcha de moi et agressivement m’interpella « T’as un problème, toi ? ». Les quatre autres délaissaient le vieillard et rejoignirent la première. J’y étais. Seul face à ces furies. Brièvement je tournai la tête, et constatai qu’aucun badaud ne semblait prêt à me venir en aide. Je décidai de placer mes deux mains face à mon torse, et murmura : « Par le pouvoir de la répulsion ! ».
Evidemment, rien ne se passait. Pourtant, mon corps ne pouvait me duper, il y avait quelque chose en lui, une forme de capacité que je sentais décuplée. Elles se rapprochaient encore, et je n’avais alors plus rien à perdre, certainement pas mon envie de paraître sain d’esprit, et tout en gardant mes mains positionnées comme elles l’étaient, la colère et la terreur grondant en moi, je répétais, cette foi ci avec force et virulence : « Par le pouvoir de la répulsion ! ». J’imagine que vous me prendrez pour un fou, et pourtant je puis vous assurer de la véracité de ce qui se passât : Les cinq femmes furent, dans une grande puissance, projetées en arrière, comme si une force invisible les avait aspirées.
J’entendis derrière moi des cris de stupéfaction, et un brouhaha tout d’abord confus, ensuite diffus.
Je tournais la tête et vis des gens courir ; l’immobilité qui les habitait avait disparu, et l’effroi doublé de l’instinct de survie les fit se carapater.
Sonnées, les cinq femmes me regardaient avec stupéfaction, et quand l’une, plus hargneuse que les autres, tenta de revenir à la charge, je répétais ma formule. Une nouvelle fois, elle fut repousser.
Les cinq, à l’instar des badauds, partirent en courant et hurlant, sans demander leur reste.
J’aidai le vieil homme à se relever, et après avoir échangé quelques brefs mots, je rentrai chez moi, hébété par ce qui venait de se produire. Cela dépassait mon entendement.
Le réel dépasse quelque fois la fiction, dit-on souvent. J’en ai été le témoin privilégié, et l’avenir avec ma bien-aimée semblait s’effondrer sous mes pieds ; si je voulais rendre physique cet amour qui n’était jusqu’à lors que platonique, je n’en étais désormais plus si sûr, et c’est un monde de doute qui désormais allait m’habiter.

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