Topic : « Henry de Lesquen: la droite doit OUBLIER Charles Maurras »

Avatar de JesusQuintero JesusQuintero Posté le 11/03/2019 à 02:10:41


En gros, il explique que l'empirisme organisateur de Maurras était une fumisterie car la science tout comme l'histoire doivent partir d'un modèle qui doit être confronté aux faits, et non des faits eux-mêmes; que préconiser la monarchie comme remède à tous les maux est insuffisant, au regard des échecs non-seulement de la monarchie française mais également des monarchies russe et allemande dont Maurras a vanté les mérites en son temps. Pour lui, les "lois historiques" découvertes par Maurras - la république mène à la centralisation et la démocratie mène à la ploutocratie - étaient ineptes parce que la centralisation et la ploutocratie pouvaient très bien se passer de République et de démocratie. Il montre que définir, comme Maurras le faisait, la République comme "tout ce qui n'est pas monarchie" et vice versa était insuffisant car certains régimes (le premier Empire par exemple) pouvaient être des monarchies tout en se revendiquant de Républiques. Surtout, selon lui, Maurras, pas plus que n'importe quel royaliste, n'était nationaliste, car pour eux la souveraineté doit revenir à un homme particulier et non à la nation dans son ensemble.

D'un point de vue politique, il reproche à Maurras d'avoir fait de la restauration monarchique son cheval de bataille alors qu'il aurait du en faire une proposition lointaine, et proposer de la soumettre à un référendum comme le fit Napoléon III.

Bien sûr ma description simplifie beaucoup le contenu de la vidéo, mais c'est pour vous en donner un aperçu. Bref, quels arguments auriez-vous à lui opposer? https://image.noelshack.com/minis/2017/30/4/1501187858-risitassebestreup.png
Avatar de JesusQuintero JesusQuintero Posté le 11/03/2019 à 02:33:36
Citation de Kyaku
Je pense que le soucis, c'est que tu crois réellement que ça pourrait intéresser des gens aussi con que nous https://image.noelshack.com/minis/2019/11/1/1552265710-sans-titre-6.png

Tout le monde se plaint que le forum décline, donc j'essaie un peu de créer du débat. Mais j'aurais du poster ça en journée.
Avatar de 410euros 410euros Posté le 11/03/2019 à 02:36:05
Citation de JesusQuintero
Tout le monde se plaint que le forum décline, donc j'essaie un peu de créer du débat. Mais j'aurais du poster ça en journée.

Tu aurais mieux fait de poster poème sur Kim So Hyun, j'aurais lu https://image.noelshack.com/minis/2018/14/2/1522758846-sticjer-bae-05.png
Avatar de DonDruap DonDruap Posté le 11/03/2019 à 02:49:12
avant d'être un royaliste maurras était un fasciste, ce qu'il voulait c'était faire un patchwork idéologique de tout ce qui a fait la grandeur du pays à un moment ou à un autre, avec à la tête de ça un "chef suprême" qui commandera l'armée ( :rire: )
Avatar de DeBlanc DeBlanc Posté le 11/03/2019 à 02:49:46
Citation de JesusQuintero

En gros, il explique que l'empirisme organisateur de Maurras était une fumisterie car la science tout comme l'histoire doivent partir d'un modèle qui doit être confronté aux faits, et non des faits eux-mêmes; que préconiser la monarchie comme remède à tous les maux est insuffisant, au regard des échecs non-seulement de la monarchie française mais également des monarchies russe et allemande dont Maurras a vanté les mérites en son temps. Pour lui, les "lois historiques" découvertes par Maurras - la république mène à la centralisation et la démocratie mène à la ploutocratie - étaient ineptes parce que la centralisation et la ploutocratie pouvaient très bien se passer de République et de démocratie. Il montre que définir, comme Maurras le faisait, la République comme "tout ce qui n'est pas monarchie" et vice versa était insuffisant car certains régimes (le premier Empire par exemple) pouvaient être des monarchies tout en se revendiquant de Républiques. Surtout, selon lui, Maurras, pas plus que n'importe quel royaliste, n'était nationaliste, car pour eux la souveraineté doit revenir à un homme particulier et non à la nation dans son ensemble.
D'un point de vue politique, il reproche à Maurras d'avoir fait de la restauration monarchique son cheval de bataille alors qu'il aurait du en faire une proposition lointaine, et proposer de la soumettre à un référendum comme le fit Napoléon III.
Bien sûr ma description simplifie beaucoup le contenu de la vidéo, mais c'est pour vous en donner un aperçu. Bref, quels arguments auriez-vous à lui opposer? https://image.noelshack.com/minis/2017/30/4/1501187858-risitassebestreup.png

Evidemment, mais c'est parce que les lecteurs français de Maurras sont des crétins.
Maurras avait une souplesse de penseur et d'historien que ni Lesquen, ni aucun de ses lecteurs contemporains n'ont.
Je n'ai pas envie de regarder cette vidéo, mais si ce que tu relèves en provient effectivement, alors c'est un tissu d'âneries : pour la petite histoire d'abord, Maurras n'a jamais, au grand jamais, chanté les mérites de la monarchie allemande, qu'il exécrait corps et âme, et sa défense de la monarchie russe est bien entendu circonstanciée ; il fallait jouer le tsar contre l'anarchisme, le nihilisme, etc.

Autre imbécilité, semble-t-il, la critique sur l'empirisme. Alors là.
L'empirisme organisateur de Charles Maurras est précisément motivé par le souci de toujours confronter le modèle aux faits (par l'étude de l'Histoire et de ses lois, entendue comme science et passée au crible d'une analyse "biologique", naturelle). Les lois dégagées par le discours critique ne sont retenues que si elles peuvent s'incarner en nécessité (on reprocherait plus justement à Maurras son positivisme, et les conclusions qu'il en tire plutôt que sa méthode, empiriste).
"Notre maîtresse en politique, c'est l'expérience." Ce n'était pas assez clair pour Lesquen ? On conforme toujours l'idée politique à la loi historique (ce que Lesquen lui-même ne fait jamais, et surtout dans le domaine de l'économie politique, mais passons...), et pas l'inverse. C'est d'ailleurs un reproche que Maurras lançait couramment aux républicains, celui de se perdre dans l'Idée, diffuse et vaporeuse.

Ce n'est rien de dire que Maurras n'était pas tendre avec la monarchie ; il en a fait la critique plus d'une fois. Il savait fort bien que la souveraineté de l'Etat et son maintien même pouvait se perdre, même si l'on en confiait la défense au peuple, à la Nation, etc.
C'est pour éviter toute dilution que Maurras propose d'ériger l'Etat en absolu, afin de fournir une entité centripète autour de laquelle s'organiserait le pays réel. Ce n'est donc pas au monarque que Maurras prétend confier la souveraineté, mais à un amalgame bien plus complexe, fait d'héritage, de divinité, d'institution et de droit.
La souveraineté populaire aurait été cantonnée, mais revivifiée à des niveaux professionnels (corporatisme) et municipaux.

Bref, je ne sais pas, ça me paraît un peu indigent. Le passage sur le Premier Empire frôle le crétinisme, et se caractérise par une absence totale de méthode critique, et une légèreté dans l'analyse des faits.
Henry de Lesquen est aussi mauvais lecteur qu'il est mauvais politicien, et il profite largement de son ton coupant et acerbe pour écraser ses faibles auditeurs et donner l'apparence du point final, mais je le trouve tout à fait faiblard.
Il n'aurait pas été publié dans l'Action Française et d'ailleurs sa fille a épousé un Juif https://image.noelshack.com/minis/2018/26/7/1530476579-reupjesus.png

Avatar de DeBlanc DeBlanc Posté le 11/03/2019 à 02:53:25
La Droite ne doit pas oublier Charles Maurras, elle doit juste le lire.
Cela fait bien longtemps qu'à droite, Histoire rime avec roman national, et politique avec bricolage. Ce n'est pas acceptable. Et ce n'est donc pas étonnant de voir des compositeurs de système comme Maurras se faire attaquer par des cuistres et des paresseux.

Il faut se relancer dans l'étude des lois et des moteurs de l'Histoire. A vrai dire, un regain de positivisme serait presque souhaitable.
Avatar de JesusQuintero JesusQuintero Posté le 11/03/2019 à 02:57:15
Citation de DeBlanc
Evidemment, mais c'est parce que les lecteurs français de Maurras sont des crétins.
Maurras avait une souplesse de penseur et d'historien que ni Lesquen, ni aucun de ses lecteurs contemporains n'ont.
Je n'ai pas envie de regarder cette vidéo, mais si ce que tu relèves en provient effectivement, alors c'est un tissu d'âneries : pour la petite histoire d'abord, Maurras n'a jamais, au grand jamais, chanté les mérites de la monarchie allemande, qu'il exécrait corps et âme, et sa défense de la monarchie russe est bien entendu circonstanciée ; il fallait jouer le tsar contre l'anarchisme, le nihilisme, etc.
Autre imbécilité, semble-t-il, la critique sur l'empirisme. Alors là.
L'empirisme organisateur de Charles Maurras est précisément motivé par le souci de toujours confronter le modèle aux faits (par l'étude de l'Histoire et de ses lois, entendue comme science et passée au crible d'une analyse "biologique", naturelle). Les lois dégagées par le discours critique ne sont retenues que si elles peuvent s'incarner en nécessité (on reprocherait plus justement à Maurras son positivisme, et les conclusions qu'il en tire plutôt que sa méthode, empiriste).
"Notre maîtresse en politique, c'est l'expérience." Ce n'était pas assez clair pour Lesquen ? On conforme toujours l'idée politique à la loi historique (ce que Lesquen lui-même ne fait jamais, et surtout dans le domaine de l'économie politique, mais passons...), et pas l'inverse. C'est d'ailleurs un reproche que Maurras lançait couramment aux républicains, celui de se perdre dans l'Idée, diffuse et vaporeuse.
Ce n'est rien de dire que Maurras n'était pas tendre avec la monarchie ; il en a fait la critique plus d'une fois. Il savait fort bien que la souveraineté de l'Etat et son maintien même pouvait se perdre, même si l'on en confiait la défense au peuple, à la Nation, etc.
C'est pour éviter toute dilution que Maurras propose d'ériger l'Etat en absolu, afin de fournir une entité centripète autour de laquelle s'organiserait le pays réel. Ce n'est donc pas au monarque que Maurras prétend confier la souveraineté, mais à un amalgame bien plus complexe, fait d'héritage, de divinité, d'institution et de droit.
La souveraineté populaire aurait été cantonnée, mais revivifiée à des niveaux professionnels (corporatisme) et municipaux.
Bref, je ne sais pas, ça me paraît un peu indigent. Le passage sur le Premier Empire frôle le crétinisme, et se caractérise par une absence totale de méthode critique, et une légèreté dans l'analyse des faits.
Henry de Lesquen est aussi mauvais lecteur qu'il est mauvais politicien, et il profite largement de son ton coupant et acerbe pour écraser ses faibles auditeurs et donner l'apparence du point final, mais je le trouve tout à fait faiblard.
Il n'aurait pas été publié dans l'Action Française et d'ailleurs sa fille a épousé un Juif https://image.noelshack.com/minis/2018/26/7/1530476579-reupjesus.png


g lu. Par contre j'aimerais bien que tu précises ce que tu entends par "un amalgame bien plus complexe, fait d'héritage, de divinité, d'institution et de droit." Avait-il une vision dialectique? Voulait-il se baser sur la centralisation étatique héritée de la République pour restaurer le pays réel?

Après comme je l'ai dis, mon résumé est très indigent et il vaudrait mieux regarder la vidéo en entier, mais je suis d'accord avec ta conclusion sur H2L. Il avait fait une vidéo semblable avec Marx où il reprenait toutes les pseudo-critiques parues ici et là sur le net, mais ces critiques reposaient sur une interprétation peu conforme aux écrits. On pourrait donc lui retourner son adage: rien de ce qui est vrai chez De Lesquen n'est nouveau, rien de ce qui est nouveau n'est vrai.
Avatar de DeBlanc DeBlanc Posté le 11/03/2019 à 03:04:55
Citation de JesusQuintero
g lu. Par contre j'aimerais bien que tu précises ce que tu entends par "un amalgame bien plus complexe, fait d'héritage, de divinité, d'institution et de droit." Avait-il une vision dialectique?
Non, ce que je voulais dire c'est que Maurras avait une vision transcendante du monarque. Ce n'est pas qu'un individu qui concentre le pouvoir, mais un homme, un élu (il s'agit d'élection divine) qui se distingue par son sang (monarchie héréditaire) et s'inscrit dans une continuité historique, non seulement une lignée, mais aussi un ensemble de traditions politiques et culturelles, polies et structurées par le droit, qui donne à la monarchie sa forme. Le monarque n'est que l'actualisation de ce processus historique. C'est pour ça que l'affirmation de Lesquen me semble grossière ; Maurras décrit la monarchie comme un mécanisme complexe et fragile.
On ne peut pas à proprement parler de dialectique (même si les plus fervents maurassiens n'hésiteraient pas à l'affirmer) mais plutôt de proto-dialectique.
#5447675
Avatar de DeBlanc DeBlanc Posté le 11/03/2019 à 03:10:04
Citation de JesusQuintero
Voulait-il se baser sur la centralisation étatique héritée de la République pour restaurer le pays réel?

Avec des historiens comme Taine, etc. il n'aurait pas présenté les choses ainsi : c'est plutôt la Révolution et la République qui reproduisent artificiellement et pervertissent les traditions politiques héritées de la monarchie.
La Contre-Révolution n'est donc qu'un retour à l'original, avec le souci de retrouver le chemin tracé par l'Histoire de France.
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